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    Home»Actualités du Jour»Alors que l’Ébola se propage en RDC, les épidémies antérieures offrent une carte de route pour le succès
    Actualités du Jour

    Alors que l’Ébola se propage en RDC, les épidémies antérieures offrent une carte de route pour le succès

    La région orientale du pays, en proie au conflit, présente de nombreux défis
    ADFBy ADF21 juillet 20266 Mins Read
    Les agents de soins de santé transportent un patient infecté par le virus d’Ébola dans un centre de traitement à Bunia dans l’Ituri (République démocratique du Congo). AFP/GETTY IMAGES
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    Alors que la République démocratique du Congo lutte contre une épidémie tenace d’Ébola, la méfiance, la violence et l’instabilité entravent les efforts de réponse des responsables de la santé. Mais les leçons tirées du passé et les meilleures pratiques de santé publique offrent une carte routière pour stopper la propagation de cette maladie mortelle.

    Les experts craignent que l’épidémie qui s’est déclarée en mai n’ait pas encore atteint son point culminant, et qu’elle pourrait durer un an. Selon Reuters, la Dre Anne Ancia, représentante de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en RDC, a déclaré le 7 juillet à des journalistes : « Elle est malheureusement toujours dans sa phase d’expansion. Nous aimerions pouvoir dire qu’elle se stabilise, mais nous ne pouvons pas encore le dire ouvertement. »

    Selon le reportage de Reuters, les données du gouvernement de la RDC montrent que le nombre de cas confirmés avait atteint 1.708 en date du 8 juillet. Le nombre de décès était de 580.

    Les autorités congolaises ont confronté seize épidémies d’Ébola précédentes, y compris celle de 2018 qui a duré près de deux ans, a infecté 3.470 personnes et tué 2.287, dans les provinces du Nord-Kivu, de l’Ituri et du Sud-Kivu.

    La violence de longue date dans l’Est du pays, les déplacements de population importants, la pénurie de ressources médicales et l’insécurité alimentaire rendent difficile la tâche fastidieuse mais efficace de recherche des contacts, confinement et traitement.

    L’épidémie actuelle présente des défis supplémentaires. Il n’existe pas de vaccin ou de traitement approuvé pour l’espèce rare Bundibugyo du virus et le personnel médical ne pouvait pas confirmer rapidement la maladie parce que les tests disponibles fonctionnaient uniquement pour des espèces plus répandues, telles que le virus Ébola ou le virus du Soudan. Les échantillons de sang devaient être expédiés à la capitale de Kinshasa, à environ 1.500 km de distance, pour être étudiés et confirmés, ce qui a provoqué des retards de diagnostic de plusieurs jours et a fait perdre un temps précieux face à l’avance du virus.

    « Ce retard de détection a permis au virus de circuler au sein de la population et parmi les agents de santé (peut-être dès février) sans intervention ciblant spécifiquement l’Ébola », selon un rapport du Centre d’études stratégiques de l’Afrique (CESA).

    D’autres facteurs ont compliqué la réponse, selon le CESA :

    • Certaines zones, notamment dans la province du Sud-Kivu, sont contrôlées par des groupes armés tels que la milice du M23. La présence de ces groupes dissuade les patients et le personnel clinique de se rendre aux centres de santé.
    • Plus de 5 millions de personnes ont été déplacées dans les trois provinces affectées. Les camps de déplacement surpeuplés compliquent les réponses et facilitent la propagation du virus. Des décès ont été signalés dans trois camps accueillant des dizaines de milliers de personnes.
    • La région distante de l’Est de la RDC avait déjà des ressources de santé limitées, notamment trop peu de médecins, de personnel infirmier et de médicaments. La violence aggrave ces carences. L’accès à l’eau propre et l’hygiène est aussi limité.
    • L’insécurité alimentaire affecte près de 10 millions de personnes dans la région, ce qui réduit la résilience contre l’Ébola et les autres maladies.
    • La région accueille des personnes de passage qui travaillent dans les mines d’or artisanales. Ces groupes attirent les travailleurs du sexe et les contrebandiers qui pourraient propager la maladie lorsqu’ils se déplacent. « Les autorités de Mongbwalu, une des localités principales d’extraction aurifère, pensent que plus de 80 personnes sont mortes de l’Ébola avant la détection de l’épidémie. »

    Le défi le plus résilient dans la lutte contre l’Ébola est peut-être la maîtrise de la méfiance. Les doutes et l’ignorance du public étaient des obstacles majeurs pour traiter l’épidémie d’Ébola de 2014 en Afrique de l’Ouest, en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone. Lors de cette épidémie, la plus vaste jamais recensée, 28.610 personnes ont été infectées et 11.308 en sont mortes.

    Malgré son bilan tragique, l’épidémie en Afrique de l’Ouest offre une carte routière pour engager avec succès les populations qui ne font pas confiance au gouvernement, font face à des difficultés économiques et reçoivent des informations conflictuelles ou fausses. « Des stratégies de communication efficaces, une éducation de santé culturellement sensible et la participation des chefs de la communauté ont été essentielles pour relever ces défis », selon un article de 2024 intitulé : « L’Ébola dix ans après – les leçons apprises et la préparation aux pandémies futures », par Krutika Kuppalli pour PLOS Global Public Health.

    La professeure Kuppalli écrit : « Bâtir la confiance et encourager la coopération communautaire se sont révélés indispensables dans la gestion des crises de santé. Relever ces défis dans les épidémies futures exigera un engagement précoce et continu, le développement de stratégies de communication culturellement appropriées, l’affrontement de la stigmatisation et le renforcement des systèmes de santé et de l’infrastructure pour assurer une réponse robuste et efficace. »

    Dans cette perspective, les responsables de la santé de la RDC et l’OMS en septembre 2025 ont placé l’engagement communautaire au cœur de la réponse à une épidémie d’Ébola dans la province du Kasaï. La protection de la communauté a été incluse dans chaque étape de la réponse et a été cruciale pour contrôler l’épidémie, indique l’OMS en juin 2026. L’épidémie a infecté 64 personnes et tué 45 en trois mois.

    Les intervenants ont identifié et utilisé des personnes locales de confiance pour aider à adresser les rumeurs et encourager la coopération. Les voir aux côtés des équipes de réponse a rassuré le public et bâti la confiance dans la réponse. Les autorités ont aussi recueilli les réactions de la communauté dans plusieurs forums, notamment les émissions radio et les groupes de citoyens, et utilisé ces informations pour éclairer les décisions concernant les vaccins et comment adresser la peur du traitement.

    Le personnel d’engagement communautaire a persuadé les chefs traditionnels d’aider à observer et fournir des rapports hebdomadaires sur les indicateurs qui ont aidé à surveiller la maladie, ce qui a amélioré les communications entre les intervenants et le public.

    Les relations publiques efficaces et les informations fiables facilitent les interventions effectives telles que la recherche des contacts, les tests des personnes et le traitement des gens infectés. Ceci permet de sécuriser les agents de santé et les centres de traitement.

    « La confiance de la communauté n’est pas une composante périphérique ou “douce” de la réponse d’urgence, selon l’OMS. C’est un élément fondamental qui permet aux opérations de réponse de réussir et qui aide les communautés à se protéger elles-mêmes pendant les crises. »

    Ebola Liberia mining misinformation Nations unies relations communautaires République démocratique du Congo Sierra Leone
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