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    Home»Actualités du Jour»Les terroristes prennent pour cible une région isolée du Cameroun
    Actualités du Jour

    Les terroristes prennent pour cible une région isolée du Cameroun

    En plus de la violence, la commune de Darak est sujette à une campagne d’influence délibérée
    ADFBy ADF28 juillet 20265 Mins Read
    Les soldats camerounais arrivent à Darak en patrouillant le lac Tchad, à la suite des activités du groupe terroriste Boko Haram. AFP/GETTY IMAGES
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    Une région septentrionale du Cameroun dans le bassin du lac Tchad est devenue le focus de la pression exercée par les terroristes qui essaient d’accroître leur contrôle, selon une étude.

    La Province d’Afrique de l’Ouest de l’État islamique (PAOEI) emploie la violence, l’intimidation, la pression économique et la propagande pour affaiblir l’autorité de la commune isolée de Darak à la frontière du Cameroun, du Nigeria et du Tchad, selon une étude de l’Institute d’études de sécurité (ISS).

    Cette région est la plus pauvre du Cameroun et souffre de difficultés depuis des années à cause de l’insurrection de Boko Haram et de la PAOEI, sa branche plus puissante.

    L’International Crisis Group précise : « Depuis de nombreuses années, une combinaison de faible intégration nationale et de négligence historique par l’État contribue à la violence et la présence des contrebandiers dans la région, avec une prolifération de voleurs de grand chemin, de trafiquants et de petits délinquants. Elle était vulnérable à cette insurrection djihadiste à cause de sa superposition géographique et culturelle avec le Nord-Est du Nigeria, de la présence d’une version intolérante de l’islam et des conséquences des guerres civiles du Tchad. »

    L’ISS signale que les civils de la région souffrent à cause des terroristes et des autorités locales.

    « La PAOEI soumet les résidents locaux à ses “lois”, notamment en les forçant de payer une “taxe” pour montrer leur allégeance et fournir des revenus au groupe », a déclaré l’Institut en juin 2026. Pour essayer de stopper les terroristes, les forces de sécurité locales ont eu recours aux violations des droits des résidents pour collaborer avec les prédateurs et ont confisqué leurs biens, y compris les pirogues et les téléphones.

    Le groupe terroriste emploie l’idéologie pour propager et mettre en application son message. Il a dit aux villages que les inondations de 2024 dans la région, qui avaient détruit des maisons et une infrastructure, représentaient le châtiment de Dieu, selon l’ISS.

    Les chercheurs lient le terrorisme du Cameroun à la violence provenant des pays voisins, en particulier le Nigeria et le Tchad. L’isolement de la région en fait une cible attrayante pour les terroristes. Ses nombreux cours d’eau sinueux et îles inhabitées offrent aux insurgés des chemins dissimulés pour le mouvement des personnes, des armes et des fournitures.

    Boko Haram reste également actif dans la région, Depuis 2021, avec la perte de son bastion nigérian de la forêt de Sambisa, Boko Haram a transféré ses activités vers la région du lac Tchad près de la frontière camerounaise, selon un rapport du groupe de réflexion Jamestown. « Les soldats camerounais ont depuis lors occupé des positions avancées de l’autre côté de la frontière au Nigeria, dans le cadre des opérations de contre-terrorisme conjointes », a signalé Jamestown en 2024.

    Entre 2016 et 2019, Boko Haram et la PAOEI ont conduit de nombreuses attaques au Cameroun, en ciblant fréquemment les camps de réfugiés et les civils. L’un des incidents les plus meurtriers s’est produit en janvier 2016 lorsque quatre femmes kamikazes ont lancé une attaque coordonnée dans la localité de Bodo, qui a fait jusqu’à 35 morts et plus de 80 blessés.

    Une opération typique de Boko Haram a été conduite en 2023 lorsque les terroristes ont tué au moins douze personnes sur l’île de Darak, dans une série d’attaques en juillet. Des combattants lourdement armés sont arrivés en bateau à moteur et ont attaqué les pêcheurs dans au moins trois villages, « en faisant feu systématiquement et en pillant », selon Voice of America. Le gouverneur de la région a demandé à l’armée d’intervenir et d’œuvrer avec les milices locales et les civils pour mettre fin aux attaques.

    La région est historiquement importante d’un point de vue stratégique à cause de l’abondance du poisson et de ses terres fertiles. Mais les moyens de subsistance traditionnels sont menacés. Les scientifiques déclarent que le volume d’eau du lac a baissé d’environ 90 % depuis les années 1960, à cause de la forte utilisation de l’eau, de l’irrigation inefficace des récoltes, des sécheresses graves et longues, et du changement climatique.

    Malgré son importance économique, la région a peu de responsables gouvernementaux et une infrastructure insuffisante. Les insurgés de la PAOEI ont commencé à diffuser leur propagande dans les réunions communautaires et les marchés hebdomadaires, en exigeant qu’on les appelle « Dan mallam », ou fils du Prophète, selon l’ISS. Pour mettre en application leurs règles, les insurgés ont employé la flagellation, les amendes, les enlèvements et l’emprisonnement. On signale que les civils ont été punis pour boire de l’alcool ou entrer dans une zone cultivée sans l’autorisation de la PAOEI.

    Depuis janvier, le groupe a attaqué dix avant-postes militaires dans la région selon l’Institut, « en endommageant l’infrastructure de l’État et provoquant le démantèlement des postes militaires camerounais le long de la frontière ».

    Si la présence continue de la PAOEI n’est pas combattue dans la région, cela encouragera le groupe et intensifiera la menace terroriste dans la partie Nord du pays, selon les chercheurs. Ils recommandent d’augmenter le nombre de soldats à Darak, avec des troupes entraînées pour « le terrain marécageux et inaccessible » et équipées de pirogues à moteur, drones tactiques d’observation et drones de combat armés capables de conduire des frappes ciblées. L’Institut recommande aussi une action militaire conjointe du Cameroun et du Nigeria « pour aider à sécuriser les deux côtés de la frontière ».

    Boko Haram Cameroun extrémisme Lac Tchad Nigeria PAOEI Tchad Terrorism
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