Lorsque les combattants qui inspiraient jadis la peur ont fait la file pour déposer leurs armes, le village de Sanguéré-Lim en République centrafricaine a ressenti un rare moment d’allégresse.
Parmi les combattants de la milice Retour, Réclamation et Réhabilitation (3R) se trouvaient des adolescents portant un maillot de foot et des hommes grisonnants avec une casquette tricotée. Les haut-parleurs faisaient retentir une musique entraînante alors qu’un homme brandissant un lance-grenades se tenait à côté d’un ado saisissant deux poignées de balles.
Adama Yaouba, résident du village, a déclaré aux Nations unies : « Aujourd’hui, les groupes armés ont déposé leurs armes et tout a changé. Avant, nous ne dormions jamais tranquillement, nous étions toujours sur nos gardes. Mais maintenant, je peux dormir en paix, sans préoccupation. Mes enfants se sentent aussi en sécurité, et c’est ce qui est le plus important pour moi. »
Pour un pays en conflit depuis plus de dix ans, avec quatorze groupes armés se disputant le contrôle, cet événement était une bonne raison de célébrer. Il s’inscrit dans le cadre d’un accord de paix signé en 2019, la toute dernière réussite d’un processus de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) qui a aidé 5.540 combattants à déposer leurs armes.
Wilfried Sawadogo de la MINUSCA (mission de l’ONU en Centrafrique) déclare : « Le désarmement des groupes armés améliore la protection des civils. Il aide la population à vivre dans un environnement sécurisé et pacifique, en lui permettant d’effectuer des activités économiques et sociales. »

Le programme mis en œuvre par la MINUSCA, le gouvernement de Centrafrique et autres offre des encouragements et une formation professionnelle aux combattants désireux de retourner dans la vie civile. Il fournit un moyen de s’enrôler dans les forces armées pour ceux qui sont qualifiés. Il aide les communautés à accepter les ex-combattants qui rentrent chez eux et il offre un counseling pour affronter les traumas mentaux de la guerre.
À mesure que le panorama des conflits évolue en Afrique, les sympathisants pensent que le DDR reste une stratégie vitale pour la restauration de la paix. Toutefois, les critiques se demandent s’il peut réussir dans les environnements de plus en plus fracturés, sans accord de paix et avec une grande diversité de combattants qui sont actifs dans des territoires qui franchissent les frontières.
Les stratégies DDR évoluent pour maintenir leur cadence, et les experts savent qu’il y a plus à faire. Le Dr Ibrahim Bangura est un praticien, formateur et chercheur sur le DDR au collège de Fourah Bay, université de Sierra Leone. Il est l’éditeur du livre intitulé « Désarmement, démobilisation et réintégration des ex-combattants en Afrique ».
« Les guerres ont évolué, déclare le Dr Bangura à ADF, et le DDR a lui-même évolué. Le DDR doit être adapté au contexte dans lequel il est employé. Il doit être spécifique pour le contexte, sinon vous échouerez. »
« Une génération perdue »
Il est évident depuis des siècles que les combattants qui ne connaissent rien d’autre que la guerre nécessitent un soutien et une orientation lorsqu’ils retournent à la vie civile. Dans la Rome antique, les soldats démobilisés ont commencé à recevoir des terres arables lorsque leurs chefs ont constaté que beaucoup d’entre eux se retrouvaient sans but et avaient recours au crime.
L’ONU avertit que, sans assistance, les ex-combattants risquent de devenir une « génération perdue » qui « souffrent des traumas de la guerre, en devenant dépendants de l’alcool et des drogues, des armes et de la violence comme seul moyen d’affronter le monde. »
Les phases du DDR
Le désarmement concerne la collecte, la documentation, le contrôle et l’élimination des munitions, des armes de petit calibre, des explosifs, des armes légères et des armes lourdes. Il inclut aussi des programmes pour gérer, entreposer et éliminer les armes.
La démobilisation est la libération officielle et contrôlée des combattants actifs des forces armées ou d’autres groupes armés. Dans une première étape, elle pourrait inclure l’admission des combattants dans des centres temporaires ou le groupement en masse des troupes dans des campements, des sites de cantonnement, des casernes ou des zones de rassemblement.
La réinsertion est l’assistance transitionnelle à court terme, durant jusqu’à un an, offerte aux ex-combattants pour satisfaire à leurs besoins immédiats de base. Une fois démobilisés, les combattants sont souvent incapables de gagner leur vie pendant qu’ils suivent une formation professionnelle. La réintégration peut inclure une indemnité, des vêtements, des services médicaux, de la nourriture, un emploi, une éducation et une formation à court terme.
La réintégration est le processus selon lequel les ex-combattants gagnent un statut civil et commencent à subvenir à leurs besoins grâce à un emploi. La réintégration est un processus social sans horizon déterminé qui a lieu au niveau de la communauté. Elle nécessite souvent un soutien à long terme.
C’est une raison cruciale pour laquelle plus de la moitié des guerres civiles qui se terminent par la négociation d’une trêve reprennent rapidement le chemin de la guerre.
L’un des premiers efforts modernes de DDR s’est produit en Colombie, à la suite d’un conflit appelé La Violencia qui avait duré dix ans et qui avait pris fin en 1957. Le programme a eu seulement un succès limité : environ 3.500 personnes ont été démobilisées alors que certains groupes armés ont refusé d’y participer. Mais il a offert un modèle qui pouvait être dupliqué.
Entre 1953 et 2020, il y a eu 149 programmes et processus DDR dans 54 nations. Les pays ont utilisé les programmes après les cessez-le-feu et les accords de paix, et pendant les guerres actives. Ils ont essayé de désarmer les milices, les groupes paramilitaires, les terroristes, les armées axées sur l’ethnie et beaucoup d’autres groupes.
En 2005, l’ONU a officialisé son approche par le biais d’un Groupe de travail inter-agences sur le DDR. Depuis lors, le programme est une composante centrale des interventions dans les régions tourmentées par les conflits. L’ONU actualise régulièrement son orientation ; désormais, elle inclut des modèles DDR de deuxième et troisième génération qui élargissent la portée des programmes en incluant un groupe plus vaste de combattants et un meilleur soutien pour aider la communauté au sens large à accepter les combattants réintégrés.
Sur l’ensemble du continent, les deux tiers des pays ont mis en œuvre des programmes DDR. Certains ont enregistré des succès. La Côte d’Ivoire a désarmé et démobilisé 69.505 combattants entre 2012 et 2015. Au Liberia, 101.495 combattants ont été démobilisés entre 2003 et 2008. La Sierra Leone a démobilisé 71.043 ex-combattants au cours de trois phases, allant de 1998 à 2004.

Mais le continent a aussi enregistré certains des plus grands échecs du DDR. Un programme DDR s’étendant sur une dizaine d’années et affectant sept pays dans la région des Grands Lacs a coûté 500 millions de dollars et désarmés 300.000 combattants, pour être finalement suivi par une éruption de violence atteignant de nouveaux sommets dans des lieux tels que l’Est de la République démocratique du Congo.
Pendant trente ans, l’Afrique a été un « laboratoire vivant », mettant à l’essai ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas dans le DDR, écrit Anatole Ayissi du bureau régional de l’ONU pour l’Afrique centrale au Gabon. « La bonne nouvelle est que la réflexion sur le DDR à l’ONU et dans les autres institutions n’est pas statique. En fait, elle est presque constamment examinée et une attention considérable est accordée à la réforme des pratiques pour qu’elles s’alignent sur la dynamique africaine des conflits, en évolution rapide. »
Des approches innovantes
Les meilleures pratiques de DDR ont été mises à jour en réponse à un paysage difficile. Lorsqu’il réussit, le DDR est un effort interconnecté et pansociétal qui réunit l’armée, la police, les dirigeants politiques, les groupes humanitaires et les acteurs économiques. L’expérience montre que ces programmes ont tendance à fonctionner au mieux lorsqu’ils font partie d’un plan de paix plus vaste, mis en œuvre par une tierce partie de confiance et soutenu avec des fonds suffisants pendant une longue durée.
Le Dr Bangura déclare que les programmes qui réussissent le mieux sont ceux conçus pour satisfaire aux besoins spécifiques du pays où ils se déroulent.
« Il n’existe pas de panacée, dit-il. C’est simplement une question d’adaptabilité, pour assurer que tout ce que vous faites soit spécifique au contexte. »
Des approches innovantes sont employées dans les programmes DDR pour améliorer leur efficacité :
Un effort communautaire : Une innovation consiste à réduire la violence dans la communauté. Cette pratique utilisée en Centrafrique suit une approche pan-communautaire pour mettre fin aux conflits. Par le biais de programmes tels que la formation professionnelle à court terme, l’enseignement des valeurs civiques et le soutien aux startups, elle essaie de faire en sorte que toute la communauté assume la titularité du DDR.
Le Dr Bangura déclare que les projets à impact rapide tels que la construction des puits, des écoles et des cliniques de santé qui améliorent la vie de tous les habitants peuvent les aider à surmonter la peur ou le ressentiment à l’égard des ex-combattants et à accepter le DDR au long terme. Il existe aussi un besoin de justice transitionnelle pour que les membres de la communauté constatent que les ex-combattants se repentissent et paient pour leurs actes.
« Ce genre de chose aide, et l’utilisation du capital social au sein des communautés aide aussi, dit-il. Les chefs religieux, traditionnels ou autres qui s’approprient ces projets facilitent votre succès, mais s’ils se sentent marginalisés ou ostracisés, ils rejetteront les combattants. »
Il déclare aussi que des efforts précoces doivent être entrepris pour préparer les communautés avant que les ex-combattants ne soient réintégrés. Certains membres des communautés se révoltent à l’idée d’accueillir les combattants qui reviennent, et ils menacent même de prendre les armes comme moyen de régler des comptes. « Vous n’envoyez pas simplement les ex-combattants dans les communautés, vous devez faire au préalable le travail préparatoire. »

Un focus sur le rétablissement : Les programmes DDR devraient mettre l’accent sur les traitements psychologiques et émotionnels, déclare le Dr Bangura. Selon des estimations, 80 % des gens souffrant de troubles mentaux liés aux conflits ne reçoivent pas de traitement. Ces blessures persistantes peuvent jouer un rôle majeur pour faire perdurer le cycle de violence. « Ce sont des gens traumatisés, profondément blessés par la guerre. Oui, ils ont pu prendre les armes, mais ils étaient aussi des victimes de la société. »
On prend de plus en plus conscience que ceci doit être un processus à long terme, en particulier avec des combattants qui faisaient partie d’un mouvement idéologique ou qui utilisent un fusil depuis leur enfance. « Le soutien est habituellement à court terme, dit le Dr Bangura. Ils viennent, ils leur donnent trois mois ou six mois de formation, ils leurs donnent un peu d’argent, puis ils leur disent “OK, au revoir” et en quelques semaines il faut repartir à zéro. »
Un modèle africain : On commence à reconnaître que les pays africains dirigeront l’avenir des programmes DDR. L’ONU réduit sa présence de maintien de la paix dans le monde, et les groupes internationaux semblent moins intéressés à soutenir les programmes DDR. Ceci pourrait offrir aux professionnels africains l’opportunité de concevoir des programmes qui satisfont aux besoins et aux contextes uniques de leur pays, selon le Dr Bangura.
« Plus ces pays commencent à comprendre qu’ils ne peuvent plus se permettre d’attendre l’ONU, et qu’ils doivent s’approprier la résolution de leurs problèmes, mieux ce sera pour eux. Les solutions locales aident à promouvoir la confiance, la cicatrisation et la réconciliation. »
De nouveaux défis
Le DDR aujourd’hui est plus que jamais une entreprise difficile. Ses adeptes affrontent souvent un panorama complexe avec de multiples groupes, une absence de déclarations de paix et des conflits qui franchissent les frontières. Voici les plus grands défis affectant les programmes DDR au 21ème siècle.
L’absence de paix
Les conflits modernes ont une probabilité plus faible de prendre fin avec un règlement politique ou un accord de paix. Une situation d’hostilité frémissante rend difficile le lancement du DDR parce que les combattants sont peu disposés à se désarmer s’ils ressentent le besoin de se protéger.
De nombreux acteurs
Les adeptes du DDR traitent aujourd’hui avec toute une série de parties impliquées, notamment des milices, des terroristes, des groupes du crime organisé et des « gâcheurs » qui pourraient ne pas participer au conflit ou à l’accord de paix. Tous ces groupes ont leurs propres motivations et structures. La nature fracturée d’un grand nombre de conflits rend difficile le développement d’un programme qui attire tous les groupes armés et tienne compte de leurs intérêts.
Des conflits régionalisés
Un grand nombre de conflits sont aujourd’hui transfrontaliers. Les groupes armés peuvent inclure des sympathisants et des alliés étrangers et nationaux. Certains sont aussi liés au réseaux de crime internationaux.
L’hostilité des communautés
Comme on peut le comprendre, les civils craignent le retour des ex-combattants dans leur communauté. Ils pourraient ressentir les combattants qui reçoivent des avantages après avoir commis des atrocités. Les ex-combattants participant aux programmes DDR ont typiquement un choix à faire : retourner dans leur communauté d’origine ou trouver une nouvelle communauté où ils ne seront pas reconnus. Ces deux options s’accompagnent d’un défi.
Le manque de financement et de volonté politique
Les programmes DDR coûtent cher et prennent du temps. La durée de la phase de désarmement d’un programme est généralement un ou deux ans, mais elle peut durer plus de dix ans. Par exemple, le programme DDR de Bosnie-Herzégovine a duré douze ans. Les carences de financement ou de volonté politique saperont les efforts. Le Dr Ibrahim Bangura, expert du DDR, déclare : « Dans le sens traditionnel, le DDR est un règlement politique. Lorsqu’il existe une volonté et un intérêt politique, il réussira ; lorsqu’il n’y a ni volonté ni intérêt politique, il ne réussira pas. »
Le Dde « Signifie La Stabilité Et La Paix Durable »
Une conversation avec Pierre Ubalijoro, directeur de la section DDR pour la mission de l’ONU en République centrafricaine
ADF : Une fois que les combattants déposent les armes, quelles sont les étapes suivantes ?
M. Ubalijoro : Après avoir été démobilisés, certains sont enrôlés dans des programmes de réintégration financés par la Banque mondiale, qui incluent une éducation civique pendant le premier mois, puis une formation professionnelle au cours des cinq mois suivants dans des secteurs tels que l’agriculture, la menuiserie et d’autres activités rémunératives. Ils reçoivent aussi un soutien psychologique, un dépistage médical et un kit de réintégration. Certaines personnes qualifiées pourraient être intégrées dans les forces nationales de sécurité. En date de la mi-2025, nous avons soutenu le gouvernement pour désarmer et démobiliser plus de 5.600 combattants.
ADF : Pour les civils de la République centrafricaine, que signifie l’abandon des combats par les combattants ?
M. Ubalijoro : Cela signifie beaucoup parce que, lorsque les combattants rendent leurs armes, la reprise économique est possible. C’est à ce moment que les autres partenaires internationaux dotés d’un programme de développement commencent à arriver. Cela constitue une forme d’assistance. En tant que mission, nous soutenons les communautés grâce à un projet appelé Réduction de la violence communautaire [RVC], qui améliore la résilience de la communauté. Nous construisons des écoles, nous creusons des puits artésiens et nous versons une rémunération en échange d’un travail. Nous montrons la voie pour que d’autres partenaires possédant d’importantes ressources de développement viennent et assistent les communautés afin qu’elles vivent une vie plus pacifique, non perturbée par la violence armée et les assassinats extrajudiciaires.
ADF : En Centrafrique, il y avait à un moment quatorze groupes armés actifs. Comment cela fait-il accroître la complexité d’un programme DDR ?
M. Ubalijoro : Le processus DDR en Centrafrique est compliqué par la fragmentation des groupes armés. Bien que les quatorze groupes armés aient signé le processus de paix APPR-RCA [Accord politique pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine] en 2019, trois d’entre eux se sont ultérieurement retirés et ont formé ce que l’on appelle la Coalition des patriotes pour le changement. La présence des factions non signataires toujours actives dans les zones d’extraction minière et les corridors de transhumance accroît la complexité. Malgré ces défis, onze des quatorze groupes signataires initiaux se sont officiellement dissous et le retour de l’UPC et de 3R [groupes armés] au sein du processus APPR a ravivé les efforts DDR. Dans le cadre de son mandat, la MINUSCA [mission de l’ONU en République centrafricaine] a augmenté son soutien aux autorités de la RCA pour conduire des opérations de désarmement et de démobilisation dans de nombreuses régions. En ce moment-même, nous avons environ huit opérations prévues avant la tenue des élections [de décembre 2025].
ADF : À mesure qu’un programme DDR avance, comment déterminez-vous si c’est un succès ?
M. Ubalijoro : C’est un processus politiquement géré. Parfois, cela peut prendre beaucoup de temps, parfois cela peut être rapide, selon la volonté politique. Le succès est mesuré par la démobilisation et la réintégration durable des ex-combattants dans la vie civile ou les institutions nationales, sans retour vers la violence. Les indicateurs clés incluent la sécurité améliorée des communautés les plus affectées par les groupes armés, la réduction de la violence armée, l’intégration socio-économique et, ce qui est le plus important, l’acceptation par les communautés hôtes.
ADF : Lorsque vous parlez des communautés hôtes, il est naturel que certains civils soient nerveux et résistent le retour des ex-combattants. Qu’est-ce qui peut être fait pour faciliter ce processus ?
M. Ubalijoro : C’est un processus complexe. Les projets RVC sont essentiels parce qu’ils ont pour objet d’encourager l’acceptation. Ces projets incluent la reconstruction des écoles, des centres de santé et des puits artésiens, ainsi que la promotion du dialogue et des activités économiques conjointes. Dans la localité de Sam-Ouandja par exemple, les projets RVC ont conduit à la réduction du nombre d’armes en circulation et à la reprise de l’agriculture. Si vous allez là-bas aujourd’hui, vous pourrez voir qu’il existe une époque de renaissance et une amélioration du commerce grâce à la réparation des routes. Ces initiatives aident les communautés à constater des avantages tangibles et réduisent la stigmatisation envers les ex-combattants.
ADF : Les deux tiers des pays africains ont eu un processus DDR à un certain moment de leur histoire. Dans l’histoire récente, pouvez-vous indiquer le cas échéant des exemples de succès du DDR, où le processus a joué un rôle important pour mettre fin à un conflit ?
M. Ubalijoro : Plusieurs pays africains ont enregistré des succès dans la mise en œuvre des programmes DDR. Par exemple, le Liberia a désarmé plus de 100.000 combattants après sa guerre civile. Le Rwanda a réintégré des enfants soldats par le biais de ce que l’on a appelé les écoles Kadogo. La Sierra Leone a lié le DDR à la réconciliation nationale et à l’emploi des jeunes. En Centrafrique, le programme DDR suit une voie similaire pour des milliers de combattants qui ont été désarmés, démobilisés et réintégrés avec succès et qui mènent aujourd’hui une vie pleine de sens.
ADF : Dans une perspective d’avenir, quelles sont selon vous les possibilités du DDR en RCA et qu’est-ce que cela pourrait signifier à long terme ?
M. Ubalijoro : Un programme DDR fructueux permettrait au gouvernement de la RCA non seulement de reprendre le contrôle du territoire du pays mais aussi de réduire la violence et d’ouvrir des corridors commerciaux et agricoles, des corridors de transhumance. Il établirait la fondation de la reprise économique et de la gouvernance décentralisée. En outre, avec le mandat de la MINUSCA prolongé jusqu’en novembre 2026, le DDR est au cœur de la stratégie de paix et de développement de la RCA. Selon moi, un programme DDR réussi se traduira par la stabilité et la paix durable pour la RCA.

