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    Home»Actualités du Jour»« La stabilité n’est pas décrétée, elle est bâtie »
    Actualités du Jour

    « La stabilité n’est pas décrétée, elle est bâtie »

    Un ancien ministre angolais exhorte les chefs africains de la défense à penser au contre-terrorisme comme un moteur de croissance économique
    ADFBy ADF4 août 20264 Mins Read
    Le Dr Carlos Maria da Silva Feijó, ex-ministre d’État angolais, s’exprime à la conférence des chefs africains de la défense à Luanda (Angola). SERGENT D’ÉTAT-MAJOR RAQUEL BIRK/ARMÉE DE TERRE DES ÉTATS-UNIS
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    Les analystes déclarent souvent que la création de pôles de croissance économique est un outil crucial du contre-terrorisme dans les régions où les terroristes recrutent.

    En Afrique de l’Ouest par exemple, les régions frontalières des pays du littoral sont en général éloignées du gouvernement central et manquent de ressources et d’opportunités de travail. Les analystes notent que ces conditions ont tendance à provoquer un ressentiment chez les résidents, en les rendant vulnérables à la propagande des groupes terroristes.

    Selon le Dr Carlos Maria Feijó, ex-ministre d’État angolais et professeur de droit, la sécurité et la croissance économique sont liées : la sécurité crée l’environnement qui rend possible la croissance économique et la croissance économique crée les conditions qui améliorent la sécurité.

    « Trop souvent, les idées conventionnelles opposent les dépenses militaires aux dépenses de développement, comme si l’addition des premières équivalait à la soustraction des secondes », a déclaré le Dr Freijó aux chefs militaires de haut rang du continent lors de la conférence des chefs africains de la défense à Luanda (Angola).

    « Le défi qui est posé aux chefs d’état-major de la défense … est de bien comprendre que leur mission consiste à créer les conditions nécessaires pour les investissements, et constater que l’Afrique ne présente pas des risques à éviter mais des opportunités à saisir. »

    En investissant dans la création des emplois, l’éducation et l’infrastructure, les gouvernements et les organismes internationaux peuvent réduire l’attrait des groupes extrémistes, selon les chercheurs du projet Borgen.

    La Côte d’Ivoire offre un exemple de la façon dont cette approche au contre-terrorisme peut fonctionner. Selon l’International Crisis Group (ICG), la Côte d’Ivoire a affronté des incursions extrémistes il y a plusieurs années en renforçant la sécurité sur sa frontière du Nord tout en faisant des investissements économiques conçus pour atténuer la pauvreté dans les zones où les groupes extrémistes recrutent.

    Ces investissements économiques ont inclus des stages pour confronter le taux de chômage élevé parmi les jeunes et des crédits pour aider les résidents à développer leurs propres entreprises de petite échelle. Ces investissements ont aidé la Côte d’Ivoire à éviter des attaques terroristes majeures depuis 2022, selon l’ICG.

    « La double approche adoptée par le gouvernement de Côte d’Ivoire pour gérer la menace djihadiste a probablement aidé à déjouer les attaques, écrit l’ICG. Toutefois, la Côte d’Ivoire ne peut pas se permettre de se reposer sur ses lauriers. »

    L’économie ne peut pas prospérer dans un climat d’incertitude où le terrorisme et la criminalité sont florissants, déclare le Dr Feijó.

    « Lorsque les forces armées assurent le mouvement des trains et l’opération des ports sans perturbation, lorsqu’elles empêchent les frontières de servir de passages libres pour le trafic illicite, elles appliquent dans le sens le plus strict du terme une politique économique de première importance. La stabilité n’est pas décrétée ; elle est bâtie. La prospérité n’est pas importée ; elle est cultivée sur la terre ferme de la sécurité. »

    Il ajoute que, pour bâtir la prospérité économique, les pays africains doivent investir dans le genre de sécurité qui peut tempérer les activités illicites comme la contrebande et le trafic, sécuriser les frontières du pays et saper la désinformation qui peut conduire au mécontentement.

    « Heureusement, la réponse à ces défis n’exige pas l’invention de nouvelles institutions. Elle exige d’activer méthodiquement et avec une volonté politique l’architecture que nous possédons déjà. »

    Il cite l’exemple de son pays, l’Angola, et de sa reprise actuelle après presque trente années de guerre civile, comme un modèle de l’union de la sécurité et de la croissance économique. Selon certaines estimations, l’Angola pourrait toujours avoir jusqu’à 20 millions de mines terrestres non explosées, enterrées dans ses campagnes. Les organismes gouvernementaux et autres ont passé plusieurs décennies à localiser et désarmer ces mines qui gênent l’agriculture et les autres développements économiques. Seulement dans les provinces de Benguela et Huambo, les équipes ont éliminé plus de 280.000 articles de munitions non explosées.

    « Ici sur le sol angolais réside le paradigme de l’entière relation entre la sécurité et la prospérité, déclare-t-il. En premier lieu, la terre est désarmée ; puis elle est semée. »

    Angola Côte d’Ivoire Terrorism
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