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    Home»Actualités du Jour»Les armes chinoises sont utilisées par les deux belligérants du conflit en RDC
    Actualités du Jour

    Les armes chinoises sont utilisées par les deux belligérants du conflit en RDC

    Les armes des rebelles du M23 placent Pékin dans une position diplomatique difficile
    ADFBy ADF18 août 20265 Mins Read
    Les rebelles du M23 gardent des policiers congolais qui se sont rendus le 22 février 2025 à Bukavu (république démocratique du Congo). GETTY IMAGES
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    La position officielle de neutralité et de non-intervention de la Chine dans la rébellion du groupe paramilitaire M23 contre le gouvernement congolais devient de plus en plus menacée par la réalité sur le terrain : une prolifération d’armes fabriquées en Chine et utilisées par les deux belligérants.

    La Chine a fait des investissements à hauteur de plusieurs milliards de dollars dans les mines de cobalt, coltan et cuivre à l’Est de la république démocratique du Congo. Elle fournit aussi des armes à la RDC et au Rwanda voisin, lequel a été accusé par les Nations unies de soutenir la milice du M23.

    Le site web d’actualité indépendant Beto a écrit dans un éditorial du 18 juillet : « La Chine se présente comme médiateur dans la région, et son ambassade nie toute vente d’armes aux groupes armés. Sa neutralité déclarée est une position commerciale, qui bénéficie aux deux parties alors que le Congo est en feu. »

    On signale que les responsables du gouvernement de la RDC sont indignés par l’afflux des armes et du matériel militaire chinois entre les mains des combattants du M23, après leur vente au Rwanda. L’analyste de la défense Jean-Jacques Wondo déclare qu’il existe de nombreux exemples de récupération par l’armée congolaise (FARDC) d’armes et de matériel militaire chinois, saisis des mains des combattants du M23 dans l’Est de la RDC.

    « Les armes du M23 saisies par les FARDC sont presque toutes de fabrication chinoise », a-t-il dit à Beto en 2022.

    Wondo fait le suivi de ces armes depuis des années : des mitraillettes légères du type Kalachnikov, des fusils d’assaut, des mortiers et des lance-roquettes antichar de 40 mm. Il existe aussi des preuves photographiques d’un canon chinois de 107 mm utilisé par le M23, ainsi qu’une variante chinoise d’un obus d’artillerie guidé russe, et des indications selon lesquelles un véhicule blindé Yitian de construction chinoise serait utilisé par les combattants du M23 près de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu qu’ils avaient saisie en janvier 2025.

    Au cours des vingt dernières années, la Force de défense du Rwanda a acheté des systèmes d’artillerie, des missiles antichar et des véhicules blindés auprès de la Chine, selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm. Un panel indépendant d’experts onusiens a conclu en 2022 que le Rwanda avait armé la milice du M23, laquelle ressemble plus à une armée bien équipée qu’au type de groupes armés hétéroclites qui se déplacent dans l’Est de la RDC.

    « Ces armes ne proviennent pas directement de la Chine, déclare l’éditorial de Beto. Elles sont originaires d’un arsenal rwandais, en large mesure approvisionné par la Chine, et ensuite elles sont transférées au M23. Les forces rwandaises sont équipées de matériel chinois à presque tous les niveaux, notamment des systèmes de défense aérienne construits par la société d’État Groupe Norinco. »

    Dans un article récent, l’analyste du renseignement Mustapha Bature Sallama note que les combattants du M23 sont aussi équipés d’uniformes, de gilets pare-balles et de casques tactiques chinois. M. Wondo et le site Beto ont lié beaucoup d’équipements récupérés du M23 à la société d’exportation chinoise d’État Xinxing, qui se qualifie d’exportateur de matériel militaire et logistique officiellement reconnu par Pékin et exclusif.

    Sallama écrit dans un article du 13 juillet pour le site web Modern Ghana : « Que ce soit par le biais d’un risque délibéré de diversion dont Pékin a depuis longtemps pris connaissance avec ses ventes au Rwanda, ou par des filières plus directes impliquant les exportateurs d’État tels que China Xinxing, les armes récupérées des positions du M23 disent un récit qui ne s’accorde toujours pas avec les déclarations diplomatiques de la Chine. Pour un conflit qui a déjà déplacé des millions et dans lequel deux capitales provinciales du Kivu ont été capturées, la question de déterminer qui arme le M23, et qui en a connaissance, mérite un examen beaucoup plus poussé que ce qui a été révélé jusqu’à présent. »

    Malgré de nombreuses preuves de son engagement, quoiqu’indirect, dans le conflit du M23, la Chine insiste qu’elle suit une politique de non-interférence dans les affaires internes des autres pays. Cette approche à la diplomatie et au commerce a mis la Chine dans une situation inconfortable, déclare Zhou Yuyuan, professeur aux Shanghai Institutes for International Studies.

    La Chine ayant récemment éclipsé la Russie comme premier marchand d’armes sur le continent, le chercheur Peter Smith pense que son approche aux conflits tels que la révolte du M23 dans l’Est de la RDC pourrait devenir une position intenable.

    Il écrit dans un article de 2024 pour le blog d’analyse des conflits mondiaux Between the Lines : « Bien que la Chine ait montré peu d’intérêt dans les conflits africains précédents, ses vastes intérêts commerciaux actuels sur le continent pourrait conduire à de plus hauts niveaux d’engagement à l’avenir. Étant donné l’empreinte importante qu’elle a laissée en armant divers acteurs africains, ces conflits pourraient s’intensifier fortement dans le futur, en forçant plus encore la Chine à prendre parti alors qu’elle cherche à protéger les investissements considérables qu’elle a faits jusqu’à présent. »

    Chine insurrection République démocratique du Congo Rwanda
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