La Communauté de développement d’Afrique australe (CDAA) projette de conduire deux exercices de sécurité régionaux pour harmoniser les réponses locales aux crimes maritimes et améliorer la mise en commun des informations qui soutiennent le commerce régional et la stabilité économique.
Cette année, le Comité maritime permanent (SMC) du bloc veut relancer l’exercice maritime de la CDAA, qui avait été reporté l’an dernier à cause des défis de sécurité. Cela a été annoncé lors d’une réunion du SMC en Namibie au mois de mars, lorsque l’Afrique du Sud a assumé la présidence du Comité.
La Namibie a accepté d’accueillir l’exercice cette année. Il s’agit d’un effort multinational conçu pour améliorer l’interopérabilité et l’état de préparation des marines régionales. L’Afrique du Sud développe le concept de l’exercice et « coordonne les engagements préparatoires des états membres », selon la déclaration de la Marine d’Afrique du Sud. La date de cet exercice demeure incertaine.
Selon defenceWeb, le Comité planifie aussi l’exercice Migebuka, événement des eaux fluviales et intérieures visant à renforcer la coopération sur les voies navigables intérieures, en particulier en relation avec l’affectation des ressources pour la mission de la CDAA au Mozambique. La Tanzanie et la Zambie accueilleront conjointement l’exercice cette année sur le lac Tanganyika ; le Malawi développe le concept opérationnel.
Les menaces à la sécurité maritime régionale incluent la pêche illégale, la piraterie et le vol à main armée en mer, le terrorisme et le crime organisé transnational. Les seize états membres de la CDAA sont : Afrique du Sud, Angola, Botswana, Comores, Eswatini, Lesotho, Madagascar, Malawi, Mozambique, Namibie, République de Maurice, République démocratique du Congo, Seychelles, Tanzanie, Zambie et Zimbabwe.
Lors de la réunion du SMC en mars, le vice-amiral Monde Lobese, chef de la Marine d’Afrique du Sud, a souligné l’importance de l’unité régionale et de la collaboration pour affronter ces défis et a exhorté les états membres à participer aux initiatives régionales et aux exercices, selon le reportage de defenceWeb.
Le commerce en Afrique australe est dominé par les partenaires d’Asie, d’Europe et du Moyen-Orient, ce qui rend la sécurité portuaire, les ressources marines et les lignes de communication maritime cruciales pour la stabilité économique régionale, selon l’analyste Timothy Walker de l’Institut pour les études de sécurité. Toutefois, l’examen de la prise de décision politique et sécuritaire de la CDAA par l’Institut montre que les questions maritimes reçoivent une attention limitée et irrégulière de la part des responsables de haut rang.
Les objectifs de la sécurité maritime de la CDAA sont décrits par sa « stratégie de sécurité maritime intégrée ». Elle vise à renforcer la gouvernance maritime, maintenir un domaine maritime sûr et sécurisé, améliorer la gestion de l’environnement marin, optimiser l’économie maritime et promouvoir la sensibilisation maritime et la recherche. Depuis sa mise en œuvre en 2022, la stratégie a changé l’accent mis sur les mesures anti-piraterie réactives pour passer à une approche qui englobe la sécurité et la sûreté maritimes, la protection écologique et la croissance durable de l’économie des océans.
« Elle fait appel au meilleur partage des informations, à l’interopérabilité et aux réponses coordonnées face aux menaces maritimes telles que le trafic, la contrebande des armes, la pêche illégale et les crimes écologiques », écrit M. Walker.
Il recommande que les membres du bloc intègrent les objectifs de la stratégie dans les plans et les comités maritimes nationaux. La CDAA pourrait aussi créer un bureau maritime permanent avec des experts maritimes et navals des états membres.
Les responsables de la CDAA, de la Commission de l’océan Indien et de l’Union africaine pourraient former une équipe cette année afin d’identifier les jalons, les indicateurs et les mécanismes de financement. M. Walker recommande aussi que le bloc rédige des procédures opérationnelles permanentes pour le commandement et le contrôle régionaux, les communications, la mise en commun de l’information et la logistique conjointe.
