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L’Union africaine ouvre un centre post-conflit pour aider les pays à échapper au cycle de violence

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PERSONNEL D’ADF

Afin d’améliorer la stabilité politique des pays africains, l’Union africaine a récemment lancé son Centre pour la reconstruction et le développement post-conflit (RDPC).

La nouvelle agence est basée en Égypte ; elle a pour mission de fournir un soutien technique spécialisé aux pays sortant des conflits. Elle travaillera étroitement avec la Commission de l’Union africaine pour aider à empêcher la recrudescence des conflits dans les pays, selon la structure adoptée à Banjul, Gambie, en 2006.

La RDPC vise à répondre aux besoins des pays émergeant d’un conflit, avec des stratégies pour empêcher l’intensification des disputes, éviter la retombée dans la violence, déterminer les causes racines du conflit et consolider les gains afin de produire une paix durable.

Sandra Adong Oder, coordinatrice de l’unité RDPC de l’UA, a écrit dans une déclaration publiée par le Centre africain pour la résolution constructive des litiges, basé en Afrique du Sud, que des traces de l’ancienne situation peuvent continuer à affecter l’environnement post-conflit, même après la fin officielle du conflit dans un pays.

« L’ampleur des efforts consacrés à leur gestion peut affecter une paix durable », selon elle.

Un pilier de la mission du centre consiste à accroître la présence du gouvernement dans les domaines qui ont été négligés. La négligence gouvernementale provoque un ressentiment et peut permettre aux extrémistes de combler le vide et obtenir la sympathie des résidents.

Mme Oder a mentionné que le bassin du lac Tchad est une région qui pourrait bénéficier d’une présence gouvernementale plus robuste. L’augmentation du soutien gouvernemental ferait contrepoids au pouvoir des groupes tels que la Province d’Afrique de l’Ouest de l’État islamique, qui a pris en charge certaines fonctions habituellement assurées par le gouvernement.

« De telles actions entravent la cohésion nationale », écrit Mme Oder.

Grâce au nouveau centre, les gouvernements peuvent contrer ces groupes non gouvernementaux, mais les habitants de ces régions doivent constater que le gouvernement joue un rôle de leadership, ajoute-t-elle.

Au cours de l’année passée, l’Afrique a été le leader mondial des coups d’état et des conflits internes. C’est le cas notamment au Mali, qui a subi des coups d’état consécutifs, et en République centrafricaine, où les mercenaires russes du groupe Wagner ont exacerbé le conflit armé en cours entre le président en exercice et les milices soutenues par son ancien rival.

Les partisans du processus RDPC espèrent reproduire le succès de l’intervention de l’UA en Gambie en 2017. Les équipes de conseillers déployées pendant l’année ont aidé à faciliter la transition entre Yahya Jammeh, leader de longue date qui avait pris le pouvoir lors d’un coup d’État en 1994, et le président Adama Barrow qui avait vaincu M. Jammeh aux élections de 2016.

Le refus initial de M. Jammeh pour reconnaître la victoire de M. Barrow a suscité une forte réponse de l’UA et d’autres organisations régionales et internationales. En fin de compte, Yahya Jammeh a renoncé et a permis à l’UA de porter assistance pour une transition pacifique du pouvoir. M. Jammeh a pris la fuite de l’exil.

À la suite de l’élection d’Adama Barrow, l’organisme Freedom House qui veille au respect de la démocratie a amélioré son classement de la Gambie : au lieu de « pas libre », il est passé à « partiellement libre ». M. Barrow a été pacifiquement réélu en décembre.

L’approche de la Gambie devrait servir de modèle aux interventions futures, selon Mme Oder.

« La centralité de la RDPC comme moyen d’obtenir une paix durable ne peut pas être sous-estimée. »

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