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    Actualités du Jour

    Des vies soumises à la force et aux privations

    Un nouveau rapport montre comment les Chebabs exploitent les femmes et les utilisent pour renforcer leurs rangs et leur létalité
    ADFBy ADF25 août 20264 Mins Read
    Les Chebabs exigent que les femmes et les jeunes filles participent à des cours de religion et enseignent aux jeunes à obéir aux instructions du groupe. AFP/GETTY IMAGES
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    PERSONNEL D’ADF

    Les femmes vivant sous le joug des terroristes chebabs souffrent d’abus, de contraintes et d’un isolement social profond. Mais un nouveau rapport montre qu’elles jouent aussi des rôles cruciaux dans un grand nombre d’attaques létales du groupe.

    En Éthiopie, au Kenya, en Ouganda, en Somalie et en Tanzanie, les femmes sont recrutées et forcées de rejoindre le groupe terroriste, selon « Les femmes au sein des Chebabs » publié par Wargelin Analytica, un groupe de réflexion qui étudie la Corne de l’Afrique.

    Le rapport montre la double identité des femmes : victimes et facilitatrices des opérations du groupe. Il explique comment les femmes s’intègrent au groupe par le biais du mariage ou des liens de famille avant de devenir prisonnières d’un système qui offre peu de protection contre les abus.

    Le groupe terroriste est basé en Somalie et a été qualifié de plus grand, plus riche et plus létal affilié d’Al-Qaïda au monde.

    Le rapport note que les femmes membres des Chebabs ont aujourd’hui des rôles qui excèdent ceux d’épouses et de soignantes. Elles sont devenues « profondément intégrées dans presque toutes les fonctions de non-combattant de l’organisation », selon le service de presse Dawan Africa de la Corne de l’Afrique.

    Le rapport de Wargelin déclare que les femmes recrutent les nouveaux membres, organisent les sessions idéologiques, arrangent les mariages entre les jeunes filles et les combattants, et fournissent une éducation religieuse conçue pour renforcer la loyauté. Elles gèrent aussi des refuges, transportent des armes, recueillent des renseignements, gèrent les explosifs et travaillent dans des opérations secrètes à l’intérieur des territoires contrôlés par le gouvernement.

    Selon le rapport, les femmes sont utilisées dans les opérations de renseignement parce qu’elles suscitent moins de soupçons aux yeux des responsables de la sécurité. Et bien qu’elles participent rarement à des combats réels, elles ont été déployées dans les missions de kamikaze.

    « Les femmes sont profondément impliquées dans les activités secrètes de financement et de blanchiment d’argent, notamment les transferts de fonds, la dissimulation des fonds opérationnels, l’emploi de l’argent mobile, l’enregistrement des comptes bancaires, l’habilitation commerciale et les mécanismes de dissimulation financière », déclare le rapport. Elles participent aussi aux entreprises de détail, au commerce d’import-export et aux transactions concernant l’or, ce qui permet aux Chebabs de dissimuler l’origine de leur financement tout en les transformant en transactions commerciales ordinaires.

    Les femmes et les jeunes filles ont souffert disproportionnellement pendant les dizaines d’années de conflit armé en Somalie ; elles représentent 80 % des personnes déplacées, selon le Yale Journal of International Affairs. Le journal remarque aussi que les femmes ne peuvent pas « participer de manière significative au secteur de la sécurité du pays, ce qui veut dire qu’elles ne sont pas impliquées pleinement, de manière égale et effectivement dans les processus de prise de décision affectant la paix et la sécurité ».

    Les Chebabs recrutent et trafiquent les femmes et les jeunes filles originaires du Kenya, de l’Ouganda et de la Somalie, selon des reportages d’interview d’Al Jazeera. En général, ces femmes et jeunes filles ont entre 12 et 18 ans, avec certaines exceptions si elles sont éduquées. À titre de comparaison, les hommes ont en général entre 30 et 60 ans. Les veuves nécessitant un soutien et une protection acceptent souvent et pleinement de travailler pour le groupe.

    La vie des femmes au sein de l’organisation est oppressive. Elles ne peuvent pas sortir sans que des hommes les accompagnent. Elles n’ont pas l’autorisation de travailler hors du foyer pour soutenir leur famille. Les codes vestimentaires obligatoires exigent qu’elles cachent leur visage, leurs mains et leurs pieds. Elles doivent participer obligatoirement à des cours de religion « qui leur enseignent que les Chebabs sont le groupe non corrompu et que les femmes ont la grande responsabilité d’apprendre à la génération future comment obéir et contribuer au groupe », selon le reportage de l’organisme de presse The Migration News.

    Ce reportage précise : « Les femmes sont forcées de servir le groupe par le biais de l’intimidation, la torture et l’emprisonnement. En vertu de lois extrêmes, si les femmes ne portent pas les vêtements obligatoires, ne participent pas aux classes de religion ou sortent sans être accompagnées par un homme, elles sont immédiatement flagellées ou elles sont brutalement battues, torturées et emprisonnées. »

    Pour de nombreuses femmes, il est impossible de quitter les Chebabs. L’Agence de l’Union européenne pour l’asile signale que les femmes qui ont quitté le groupe peuvent faire face à l’exploitation sexuelle et aux punitions dans leur nouvelle vie. Les ex-membres féminines peuvent faire l’objet d’une « descente » par les forces de sécurité du gouvernement ; elles peuvent être stigmatisées et exclues des communautés, et devenir « hautement vulnérables à une pauvreté extrême », selon un rapport de l’agence de l’UE. Si les femmes essaient de retourner vers les Chebabs, « il est très probable qu’elles seront exécutées comme traîtres ».

    Afrique de l’Est Boko Haram Éthiopie extrémisme Ouganda Tanzanie Terrorism كينيا
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