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    Home»Actualités du Jour»Selon l’ONU, la violence sexuelle liée au conflit est omniprésente au Soudan
    Actualités du Jour

    Selon l’ONU, la violence sexuelle liée au conflit est omniprésente au Soudan

    Le nombre de personnes nécessitant un traitement a quadruplé depuis le début de la guerre il y a plus de trois, selon le rapport
    ADFBy ADF14 juillet 20265 Mins Read
    Une Soudanaise porte un enfant qu’elle a conçu après avoir été violée pendant la guerre civile en cours dans le pays. AFP/GETTY IMAGES
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    La violence sexuelle commise par les combattants dans la guerre civile du Soudan est en hausse, à mesure que les combats se propagent et s’intensifient.

    Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) a signalé récemment que 546 incidents de ce type affectant au moins 838 victimes avaient été documentés depuis le début de la guerre en avril 2023 ; seulement quinze de ces victimes n’étaient pas des femmes ou des jeunes filles. Plus de 25 % des incidents concernaient des viols collectifs, y compris un cas où une seule victime avait été violée par au moins dix attaquants.

    Anna Mutavati, directrice régionale d’ONU Femmes pour l’Afrique de l’Est et australe, déclare : « Les femmes et les jeunes filles sont violées et assassinées, chez elles et lorsqu’elles s’enfuient, cherchent de la nourriture, de l’eau et des soins médicaux. L’utilisation de la violence sexuelle fait partie intégrante du plan directeur de la guerre du Soudan. »

    Depuis le début des combats, le nombre de personnes nécessitant une aide médicale ou psychologique à cause de la violence sexuelle a quadruplé, selon un rapport du HCDH. Les victimes ont signalé des infections sexuellement transmissibles, notamment des cas graves de lésion des organes reproducteurs ou des fractures des épaules et des vertèbres. Beaucoup de victimes n’ont pas eu accès à des soins médicaux adéquats à cause des combats et du manque de centres de santé opérationnels.

    L’ONU a signalé que 30 femmes et 29 jeunes filles soudanaises étaient devenues enceintes après leur viol. Parmi celles-ci, dix ont été sujettes à l’esclavage sexuel ou ont été forcées d’épouser des combattants armés. Les Forces armées soudanaises (FAS) et les Forces de soutien rapide (FSR) paramilitaires sont toutes les deux accusées d’attaques sexuelles, mais la majorité des assauts sexuels ont été commis par les FSR, selon les observateurs.

    Un grand nombre d’attaques contre les femmes et les jeunes filles se sont produites dans des camps pour personnes déplacées. Une préposée au soutien psychologique appelée Al-Tatouma Juma de Tawila, dans l’État du Darfour du Nord, travaille pour une organisation locale offrant des services aux femmes et aux jeunes filles. Toutefois, la capacité du groupe « est tout simplement insuffisante », a-t-elle dit à l’Entité des Nations unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes. Tawila héberge des centaines de milliers de personnes déplacées, notamment des femmes et des jeunes filles ayant fui El Fasher, la capitale du Darfour du Nord qui avait été conquise par les FSR en octobre 2025.

    « J’ai écouté de très nombreux récits, des récits difficiles, déclare Al-Tatouma Juma, ex-résidente d’El Fasher. J’ai été témoin de la souffrance des femmes et des jeunes filles pendant la guerre. Je connais bien les abus qu’elles ont soufferts alors qu’elles étaient prises entre deux feux. »

    Au moins deux femmes et une jeune fille sont décédées après avoir été violées durant le siège d’El Fasher par les FSR.

    « La violence sexuelle semble avoir été utilisé pour terroriser la communauté, et elle s’accompagne souvent de formes de traitement ou de punition cruelles, inhumaines et humiliantes, notamment la flagellation », déclare l’ONU

    Après la chute d’El Fasher, les combattants ont pris pour cible les femmes et les jeunes filles des communautés de l’ethnie Zaghawa à cause de leurs liens supposés avec les FAS. Un grand nombre de victimes du Darfour de l’Ouest ont aussi déclaré que les attaquants avaient demandé quel était le nom de leur tribu, avant de les violer. La violence sexuelle a aussi été commise fréquemment dans les attaques de résidences privées. L’ONU a documenté des assauts sexuels où les membres des familles essayant d’intervenir ont été tués par balle, en ajoutant que certaines attaques avaient été commises devant les familles des victimes.

    Mariam, mère de deux adolescentes et empruntant un pseudonyme, a déclaré à l’Unicef que ses filles avaient été enlevées de leur foyer. Elle a dit qu’elle les avait cherchées en vain pendant des semaines et était tombé malade de chagrin.

    « Plusieurs mois plus tard, l’une de mes voisines … m’a dit que mes filles allaient bien, mais qu’elles étaient violées par des hommes armés. Non pas un ou deux, et mes filles souffrent énormément. La cadette a essayé de se suicider en s’ouvrant les veines des poignets … ils ont battu l’aînée si fort qu’elle a vomi du sang. Ils ne leur donnaient rien à manger et ils les forçaient à travailler 24 heures par jour au repassage, au nettoyage et d’autres tâches. »

    Depuis le début de la guerre, les attaques sexuelles ont conduit au décès d’au moins dix jeunes filles, cinq femmes el deux hommes, selon l’ONU. La plus jeune victime décédée avait 9 ans. Volker Türk, haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, a décrit l’emploi de la violence sexuelle comme « une arme de guerre ».

    « C’est un crime de guerre et, s’il est commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique, c’est un crime contre l’humanité. »

    civil war ethnic violence femmes Sudan
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