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    Home»Actualités du Jour»La technologie de surveillance chinoise est une atteinte à la vie privée
    Actualités du Jour

    La technologie de surveillance chinoise est une atteinte à la vie privée

    Les pays africains ont dépensé des milliards pour acquérir des dizaines de milliers de caméras
    ADFBy ADF7 juillet 20265 Mins Read
    Un employé nettoie une caméra de surveillance dans une rue de Nairobi en 2019. Le Kenya est l’un des premiers pays africains ayant adopté la technologie chinoise de « ville sûre ». AFP/GETTY IMAGES
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    La Chine exporte vers les pays africains sa technologie de surveillance qui, selon les experts, est conçue pour surveiller et contrôler les populations avec peu de supervision, ou une absence complète de supervision, et sans préoccupation liée au droit à la vie privée, à la sécurité des personnes ou aux droits de l’homme.

    L’Institute of Development Studies (IDS) a étudié onze pays africains ayant déployé des milliers de caméras chinoises dans les espaces publics et a conclu que la technologie pose des risques importants pour la liberté et facilite l’autoritarisme numérique.

    Tony Roberts, associé de recherche numérique à l’Institut, et Wairagala Wakabi, directeur exécutif de la Collaboration sur la politique TIC internationale pour l’Afrique orientale et australe en Ouganda, ont dirigé l’équipe qui a publié ses conclusions le 12 mars. Les recherches indiquent que les pays africains ont déployé des systèmes de surveillance chinois principalement pour surveiller les activistes et museler l’opposition politique plutôt que de réduire le crime.

    Le Dr Roberts a déclaré à Jeune Afrique pour un article du 28 mai : « Après avoir étudié seulement onze pays africains, les chercheurs ont déjà identifié des contrats de surveillance à hauteur de près de 2 milliards de dollars. Sur l’ensemble du continent, ce marché pourrait atteindre 10 milliards de dollars. »

    Il dit que la recherche conduite par son groupe a révélé des préoccupations éthiques majeures dans ces onze pays : Algérie, Égypte, Kenya, Mozambique, Nigeria, Ouganda, République de Maurice, Rwanda, Sénégal, Zambie et Zimbabwe.

    « Ces projets sont systématiquement présentés comme étant dans l’intérêt du public : lutte contre la criminalité, amélioration de la congestion du trafic. Mais nous n’avons jamais observé dans ces pays un effort quelconque pour mesurer leur efficacité. »

    Les achats africains incluent typiquement entre 2.000 et 5.000 caméras intelligentes, selon le rapport. L’intelligence artificielle leur permet de cibler et surveiller les gens à partir d’un centre de commandement où sont fusionnés d’énormes réseaux de données centralisés. C’est ce que les sociétés technologiques chinoises telles que Huawei et ZTE appellent un « cerveau urbain ».

    À l’aide d’un logiciel de reconnaissance faciale, l’IA peut croiser instantanément les séquences vidéo des caméras avec des bases de données telles que les registres d’identité, les dossiers administratifs, les permis de conduire et les archives téléphoniques. Les experts avertissent que ces systèmes nerveux numériques peuvent observer, agréger et analyser constamment l’activité des personnes pour prédire, empêcher et punir les comportements considérés suspects par les autorités.

    Toutefois, le rapport de l’IDS déclare que tous les onze pays qu’il a étudié « manquent actuellement de fournir des mécanismes adéquats pour que les citoyens obtiennent des recours ou des réparations en cas d’erreur ou d’abus de la surveillance “smart” ».

    Bulelani Jili, expert du numérique à l’université de Georgetown et chercheur sur les exportations de la technologie chinoise dans les pays africains, déclare que les vastes systèmes de surveillance ne constituent qu’une partie de la suite chinoise d’outils de haute technologie. La Chine domine ce secteur depuis 2015 sur le continent, lorsqu’elle avait lancé la route de la soie numérique, une extension de l’initiative chinoise de la nouvelle route de la soie.

    Le Dr Jili déclare à Jeune Afrique : « L’infrastructure chinoise est plus orientée vers la surveillance des espaces urbains. La Chine ne se borne pas à vendre des caméras ; elle offre des forfaits complets comprenant des prêts, une infrastructure, une formation et une assistance technique. »

    Les experts déclarent que les systèmes chinois sont particulièrement attrayants pour les gouvernements africains confrontant des déficits budgétaires. Les banques chinoises privées offrent le financement nécessaire pour construire et maintenir leur infrastructure numérique exclusive, selon l’étude de l’IDS.

    Avec des investissements dépassant 470 millions de dollars, le Nigeria a dépensé le plus sur la technologie de surveillance chinoise et possède le plus vaste réseau de caméras intelligentes des onze pays, selon le rapport. Le Conseil national de la transition de Guinée a conclu le plus récent accord le 13 mars, à hauteur de 56 millions.

    « Ces énormes prêts dépendent de l’achat de la technologie et des services chinois nécessaires pour construire et transférer les systèmes de “ville sûre” », écrivent les auteurs.

    Les chercheurs soulignent un exemple dans la République du Congo, où des caméras de surveillance ont été placées dans tous les espaces publics à forte circulation dans Brazzaville et Pointe-Noire. Dans ce cadre de surveillance en hausse, les chercheurs ont noté plusieurs arrestations de personnalités de l’opposition politique, de journalistes et de défenseurs des droits de l’homme.

    Marina Rudyak, professeure de politique étrangère chinoise à l’université allemande de Heidelberg, déclare que la prolifération de la technologie de surveillance chinoise sur le continent a déclenché des débats intenses sur les limites éthiques et les droits de l’homme. Mais elle avertit que la propagande chinoise est déployée avec soin pour contrôler le récit et museler de tels dialogues.

    Elle déclare à Jeune Afrique : « Le gouvernement chinois ne présente pas ces technologies comme des outils autoritaires, mais comme des instruments de stabilité, sécurité et développement. Ils correspondent à un modèle dans lequel la stabilité dépend du contrôle de l’espace public et de l’absence de contestation sociale. »

    Algérie Chine Egypt Maurice Mozambique Nigeria Ouganda République du Congo Rwanda Senegal technologie Zambie Zimbabwe كينيا
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