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    Home»Actualités du Jour»La troisième conférence au sommet Russie-Afrique est organisée dans le sillage des attentes insatisfaites
    Actualités du Jour

    La troisième conférence au sommet Russie-Afrique est organisée dans le sillage des attentes insatisfaites

    Le déséquilibre commercial, les blocus de céréales et les activités des mercenaires montrent que les conférences précédentes n’ont pas fourni les résultats souhaités
    ADFBy ADF27 octobre 2026Updated:27 octobre 20267 Mins Read
    Des visiteurs entrent dans l’espace événementiel de la conférence au sommet Russie-Afrique à Saint-Pétersbourg en 2023. [AFP/GETTY IMAGES]
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    Alors que Vladimir Poutine s’apprête à accueillir son troisième sommet Russie-Afrique à la fin octobre, les observateurs se penchent sur les conférences précédentes pour trouver des éléments permettant d’évaluer les promesses et les accords qui devraient être signés à Moscou.

    Le premier sommet, organisé à Sotchi en 2019, a été accueilli avec « enthousiasme » par les 43 chefs d’État africains présents, selon le Dr Joseph Siegle, directeur de recherche au Centre d’études stratégiques de l’Afrique.

    « On pensait que la Russie pourrait être une nouvelle source d’investissements et d’échanges commerciaux, ouvrant ainsi davantage d’opportunités économiques », déclare-t-il à ADF.

    Jusqu’à présent, ces opportunités ne se sont pas concrétisées. Lors du premier sommet, la Russie s’était engagée à doubler ses échanges commerciaux avec l’Afrique en cinq ans, pour les faire passer d’environ 20 milliards à 40 milliards de dollars. Or, on a assisté à une contraction des échanges, qui sont tombés à 14 milliards sur cette période. Depuis, ils ont rebondi pour atteindre environ 27 milliards, mais ce total est déséquilibré en faveur de la Russie, qui exporte environ sept fois plus qu’elle n’importe depuis l’Afrique. La Russie représente moins d’un pour cent des investissements directs étrangers sur le continent.

    « On a reconnu que la Russie n’avait pas grand-chose à offrir au continent sur le plan économique », déclare le Dr Siegle, ajoutant qu’« en 2023, le scepticisme à l’égard de Moscou était bien plus marqué ».

    Le sommet de 2023 à Saint-Pétersbourg a eu lieu un an après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, avec la participation de seulement 17 chefs d’État. Cette rencontre s’est déroulée alors que la Russie attaquait des navires commerciaux en mer Noire et bloquait des cargaisons vitales de céréales et d’engrais destinées au continent.

    L’un des faits saillants de cette conférence a été l’engagement pris par Vladimir Poutine de faire don de 25 000 à 50 000 tonnes de céréales à six pays africains. Toutefois, les observateurs ont noté que cette promesse, destinée à certains pays privilégiés, ne représentait qu’une petite fraction des centaines de milliers de tonnes bloquées par la Russie en mer Noire.

    « Ces dons n’étaient qu’une goutte d’eau dans l’océan, face aux restrictions imposées sur les céréales, les engrais et le carburant », déclare le Dr Siegle.

    En 2026, les attaques contre les navires commerciaux se poursuivent. Rien qu’au mois de juillet, la Russie a lancé au moins 23 frappes contre l’infrastructure portuaire dans la région d’Odessa, où sont stockés et expédiés la majeure partie du blé et des produits agricoles ukrainiens. En raison de la guerre, les marchandises destinées à l’Afrique et à d’autres régions restent bloquées dans des entrepôts d’Ukraine et de Russie. Les prix des denrées alimentaires et des engrais demeurent élevés.

    L’Égypte, premier acheteur mondial de blé en provenance de la région, ne recevra qu’environ le dixième des quantités obtenues l’an dernier, selon un reportage de Reuters.

    « Lorsque la Russie attaque des navires dans la baie d’Odessa, elle ne se contente pas de perturber les exportations ukrainiennes ; elle accroît aussi le risque d’une véritable crise alimentaire mondiale, écrit Illia Kabachynskyi pour UNITED24 Media. Cet effet sur les prix mondiaux frappe le plus durement les pays qui consacrent déjà une part disproportionnée de leur budget à l’importation de nourriture. »

    Le sommet de 2023 avait été marqué par la promesse d’annuler 23 milliards de dollars de dettes contractées à l’époque soviétique par des pays africains. Toutefois, les observateurs ont noté que ces créances étaient si anciennes qu’elles étaient, pour la Russie actuelle, impossibles à recouvrer.

    Le Dr Siegle a qualifié cet engagement de « symbolique ».

    « Cet endettement remonte à une époque si lointaine qu’il ne pesait plus, en réalité, sur la charge des intérêts et du remboursement que supportaient les pays africains ; il ne modifiait donc pas la situation économique à laquelle ils font face, dit-il. Officiellement, cela permet donc de repartir sur de nouvelles bases et de faire avancer les relations, mais d’un point de vue pratique, cela ne signifie pas grand-chose. »

    Un autre aspect récurrent de ces sommets est la signature d’accords de coopération militaire. Plus de 40 pays africains auraient conclu de tels accords avec la Russie.

    Toutefois, les experts soulignent que la portée de la coopération entre les armées reste très limitée. Le principal outil d’engagement demeure le recours aux mercenaires : l’Africa Corps soutenu par l’État est présent en Libye, au Mali, en République centrafricaine et ailleurs.

    Dans un article publié par le site d’actualités nigérian This Day, le chercheur Oumarou Sanou déclare que la proposition faite aux nations africaines lors du sommet concerne principalement la « protection du régime », une offre destinée au nombre croissant de dirigeants ayant pris le pouvoir par des coups d’État ou d’autres moyens non démocratiques.

    « L’argument de Moscou vis-à-vis de l’Afrique repose sur une base plus étroite que ne le laisse entendre sa rhétorique : il ne s’agit ni de développement ni de prospérité partagée, mais de protection, assurée par des sociétés militaires privées et, désormais, par la structure étatique de l’Africa Corps », écrit Oumarou Sanou.

    À l’approche de la troisième conférence au sommet, les observateurs constatent l’absence de résultats concrets issus des précédentes rencontres, notamment en ce qui concerne la proposition d’organiser bientôt ces sommets en Afrique.

    « Entre la promesse de rotation du pays hôte qui ne s’est jamais concrétisée, des objectifs commerciaux non atteints et des engagements économiques qui restent limités, plusieurs annonces faites lors des sommets antérieurs peinent à produire les résultats escomptés », écrit l’analyste Mustapha Bature Sallama pour le site web Modern Ghana.

    Environ 17 chefs d’État ont confirmé leur participation à l’événement de 2026, certaines délégations s’interrogeant, semble-t-il, sur la raison pour laquelle on leur demande de se rendre dans une zone de conflit actif. Selon M. Sallama, le choix du lieu reflète à lui seul ce qu’il qualifie de partenariat inégal.

    « Le fait qu’un troisième sommet consécutif se tienne en Russie illustre le décalage entre le discours sur un “partenariat entre égaux” et une relation dont l’ordre du jour, les priorités et l’organisation continuent, pour l’essentiel, d’être définis depuis Moscou », déclare-t-il.

    Examen comparatif: Les promesses sont comparées à la réalité à l’approche de la troisième conférence au sommet Russie-Afrique

    Promesse
    En 2019, la Russie s’est engagée à doubler les échanges commerciaux avec l’Afrique pour atteindre un chiffre annuel de 40 milliards de dollars.

    Réalité
    Le commerce a baissé à 14 milliards et n’a récupéré que partiellement pour atteindre 27 milliards. La balance commerciale favorise fortement les exportations russes.


    Promesse
    La Russie a déclaré qu’elle ferait don de blé et d’engrais, face aux perturbations provoquées par sa guerre contre l’Ukraine.

    Réalité
    Les blocus continuent à perturber la navigation en mer Noire et les attaques contre l’infrastructure commerciale se sont répercutées sur les marchés de céréales et d’engrais. La Russie a livré entre 25.000 et 50.000 tonnes de céréales à six pays, mais ceci ne représente qu’un faible pourcentage des exportations d’avant-guerre.


    Promesse
    La Russie a annoncé un programme de remise de dette pour les pays africains

    Réalité
    La remise de dette à hauteur de 23 milliards de dollars concernait l’époque soviétique et la dette n’était pas récupérable, selon les experts ; cette remise de dette n’affecte pas l’endettement des pays africains aujourd’hui.


    Promesse
    La Russie a annoncé des accords de coopération militaire avec 40 pays africains.

    Réalité
    Les engagements de sécurité de Moscou sur le continent demeurent en grande mesure entre les mains des mercenaires de l’Africa Corps, qui sont actifs dans une poignée de pays. Présentés comme des forces antiterroristes, ces mercenaires ont échoué dans leur mission de mettre fin au terrorisme dans le Sahel ; aujourd’hui, ils offrent principalement une « protection du régime » aux dirigeants autocrates.


    Promesse
    Lors du sommet de 2023, des déclarations avaient affirmé qu’une conférence future se tiendrait sur le continent africain.

    Réalité
    Le sommet de 2026 aura lieu à Moscou et forcera les participants à voyager vers une zone de conflit actif.

    mercenary Russie Russie
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