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    Home»Actualités du Jour»« La ville est en train de mourir » : les civils du Sahel réagissent à la vie sous l’égide des groupes terroristes
    Actualités du Jour

    « La ville est en train de mourir » : les civils du Sahel réagissent à la vie sous l’égide des groupes terroristes

    Les envahisseurs imposent des règles restrictives et contrôlent la vie quotidienne dans la région
    ADFBy ADF11 août 20265 Mins Read
    Des combattants du Front de libération de l’Azawad se dirigent vers la résidence du gouverneur à Kidal (Mali) après avoir saisi le contrôle de la ville. AFP/GETTY IMAGES
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    Les groupes terroristes sahéliens étendent leur portée et leur influence en conduisant des attaques à grande échelle sur d’immenses étendues de territoire au Burkina Faso, au Mali et au Niger, pays dirigés par des juntes, tout en empiétant graduellement sur les états du littoral ouest-africain. Dans de nombreuses régions, ils imposent leur stricte interprétation de l’islam et perçoivent des impôts pour financer leurs opérations.

    Au Mali, les civils sont aujourd’hui instruits sur la façon de vivre par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), un groupe terroriste affilié à Al-Qaïda et lié à 78 % des décès causés par la violence islamiste militante dans la région au cours des douze derniers mois, selon un rapport publié par le Centre d’études stratégiques de l’Afrique (CESA) en avril. Le GSIM travaille souvent étroitement avec les combattants du Front de libération de l’Azawad.

    Le GSIM a récemment saisi la ville de Nioro-du-Sahel dans l’Ouest du Mali, à 441 km au Nord-Est de la capitale de Bamako. Il a gagné le contrôle de cette ville près de la frontière mauritanienne après avoir conclu des accords avec les chefs locaux.

    Un résident déclare à l’Agence France-Presse (AFP) : « Il y a de nouvelles règles. Une femme ne peut pas être vue avec un homme qui n’est pas son époux ou un membre de sa famille. Elle ne peut pas sortir sans voile, même pour aller dans les champs. »

    Le GSIM perçoit aussi des impôts d’environ 10 % sur les récoltes et les revenus, soi-disant à des fins de protection.

    Le résident déclare anonymement : « Honnêtement, la ville est en train de mourir. Tout est triste. »

    Le GSIM a imposé depuis plusieurs mois un embargo sur le carburant à Bamako et contrôle désormais un grand nombre de régions, à tel point que les analystes signalent que le pays pourrait être prêt à s’effondrer. Mais les opérations du groupe ne sont pas limitées au Mali. Le GSIM a pillé et incendié la localité de Dourtenga dans le centre du Burkina Faso en avril. Les résidents disent que l’attaque a instillé la peur parmi les écoliers, qui se souviennent du bruit des motos qui s’étaient approchées au début de l’attaque.

    Un commerçant a dit à l’AFP : « Un matin, ils ont traîné un tailleur dans la place et l’ont fouetté » parce qu’il y avait des cigarettes dans sa boutique. « Ils ont dit qu’il s’agissait d’un avertissement pour tous. »

    Le GSIM a exploité la répression militaire et la violence contre les civils au Burkina Faso et au Mali à des fins de recrutement. Dans la localité de Farabougou, située dans le centre du Mali et sujette à un blocus par le GSIM, un résident du nom d’Aly déclare que le groupe agit avec brutalité en cas d’infraction aux règles.

    « Ils sont violents lorsqu’ils doivent punir, dit-il à l’AFP. Mais à part ça, ils sont polis et équitables. Ils ne commettent pas d’abus, contrairement à la gendarmerie. »

    Boko Haram et l’État islamique (Daech) ont aussi déplacé des communautés entières dans la région, considérée aujourd’hui comme l’épicentre mondial du terrorisme. Le nombre d’attaques terroristes au Sahel a doublé depuis 2020, selon le projet ACLED (Armed Conflict Location and Event Data).

    « Ce qui était jadis concentré principalement dans le Nord du Mali s’est propagé dans de vastes étendues du centre du Sahel … et de plus en plus dans les régions frontalières du littoral ouest-africain », déclare l’analyste senior d’ACLED Héni Nsaibia à l’AFP. Les groupes peuvent aujourd’hui travailler « sur de vastes territoires, conduire des attaques de grande échelle et remettre en cause de plus en plus le contrôle de l’État dans les régions rurales. »

    Daech a exploité un vide sécuritaire créé lorsque les troupes internationales ont quitté la région. Il est principalement actif dans la région des trois frontières du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Il affirme que 86 % de ses opérations globales au début 2026 ont eu lieu en Afrique, soit environ deux fois plus que pendant la même période de 2024, selon le reportage de l’AFP.

    En 2025, le bassin du lac Tchad a enregistré une augmentation de 28 % du nombre de décès liés à la violence islamiste militante, comparé à l’année précédente, selon un rapport du CESA au mois d’avril. Cette augmentation est principalement attribuable aux attaques de Boko Haram et de la Province d’Afrique de l’Ouest de l’État islamique (PAOEI) dans le Nord-Est du Nigeria.

    Boko Haram agit de façon similaire au GSIM et à Daech. Dans l’État nigérian de Borno en bordure du lac Tchad, les chefs locaux ont conclu des accords pour permettre aux terroristes d’agir librement, alors que les résidents déclarent que les cultivateurs ont peur d’être enlevés ou tués s’ils se rendent dans leurs champs. Un chauffeur de camion appelé Goni a dit qu’il avait perdu tous ses camions dans des attaques terroristes. Il transportait jadis régulièrement des articles entre la ville de Maiduguri et le Cameroun voisin, mais ses camions ont tous été incendiés.

    « Les choses ont empiré pour ma famille et pour moi au cours de l’an dernier, à cause d’une hausse des attaques de Boko Haram », a-t-il dit à l’AFP.

    En avril, une attaque dans l’État d’Adamawa, au Nord-Est du Nigeria sur la frontière camerounaise, a fait au moins 29 morts dans un stade de football. La PAOEI a revendiqué la responsabilité de l’attaque.

    Le résident Joshua Usman a déclaré à l’AFP que les victimes étaient « des jeunes, y compris certaines dames qui regardaient le match. Ils ont aussi incendié des lieux de culte, des maisons et des motos. »

    extrémisme Sahel sécurité nationale Terrorism
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