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    Home»Actualités du Jour»Selon un rapport, l’armée de la RDC est tourmentée par le dysfonctionnement
    Actualités du Jour

    Selon un rapport, l’armée de la RDC est tourmentée par le dysfonctionnement

    Une étude parlementaire mentionne l’impossibilité de maintenir la sécurité dans des secteurs clés, la fragilité de la chaîne de commandement et le mauvais emploi de la technologie
    ADFBy ADF9 juin 20265 Mins Read
    Des soldats de la République démocratique du Congo en patrouille à Kinshasa. AFP/GETTY IMAGES
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    Plus de 400 Congolais ont été tués dans des bombardements et des exécutions dans huit localités de la province du Sud-Kivu sur une période d’une semaine au début décembre 2025.

    La violence a forcé des centaines de milliers à s’enfuir au Burundi voisin et dans d’autres zones, et suscité une évaluation cinglante des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) par la Commission Défense et Sécurité de l’Assemblée nationale, qui s’est réunie après le carnage.

    Cette évaluation, revue par le magazine Africa Report, a mis en lumière le manque de stratégie de la part de l’armée pour maintenir une présence sécuritaire dans des zones cruciales, la cohésion faible, la chaîne de commandement fragile, la mauvaise rotation des soldats, l’adaptation insuffisante aux nouvelles technologies et l’emploi inefficace du renseignement.
    Le rapport a aussi divulgué les relations tendues avec l’armée ougandaise, déployée en RDC pour combattre le groupe M23 tristement célèbre, les Forces démocratiques alliées et les autres factions rebelles.

    Il a aussi abordé la possibilité d’espions infiltrés dans les forces armées et mis en lumière la mauvaise gestion des wazalendo, miliciens locaux qui sont associés aux FARDC.

    « Sans mesures fortes, coordonnées et immédiates, le pays est exposé à une crise de sécurité interne généralisée, avec des conséquences politiques, sociales et économiques majeures », a déclaré le ministre de l’Intérieur congolais Jacquemain Shabani, selon l’Africa Report.

    Lors de la réunion de la Commission Défense et Sécurité, M. Shabani a dit que la violence n’était pas confinée à l’Est de la RDC et s’étendait dans la province du Nord-Ubangi au Nord-Ouest et la province du Tanganyika où les soldats zambiens soutiennent les FARDC. Il a déploré la prolifération des armes de petit calibre, la corruption dans les services de sécurité, la pauvreté qui sévit parmi les jeunes et le déploiement inadéquat des forces de défense et de sécurité.

    Bien que les FARDC aient reçu des drones stratégiques longue portée et des ressources aériennes de combat, le ministre de la Défense Guy Kabombo Mwadiamvita s’est plaint que les adversaires aient acquis des capacités de brouillage et de défense anti-aérienne qui neutralisent les armements de l’armée. Il a fait appel à une nouvelle approche au contre-terrorisme qui combine l’information, la diplomatie et la politique économique avec les mesures militaires.

    Le succès « sera obtenu uniquement par le biais d’une réforme profonde du secteur de la sécurité en général et du système de défense militaire en particulier », a-t-il déclaré, selon l’Africa Report.

    La situation reste exacerbée par le non-paiement d’une indemnité mensuelle spéciale de combat de 320 dollars due à 18.000 soldats. En décembre dernier, l’État devait à ces soldats 150 millions de dollars. En date de la fin avril, les sommes étaient toujours impayées, selon l’Africa Report, qui ajoute que des fonds additionnels de 5,1 millions de dollars ont été approuvés pour les efforts de guerre mais qu’ils n’ont pas été utilisés.

    À la réunion de décembre, le ministre du Budget Adolphe Muzito a révélé que seulement 74 % du budget de la défense s’élevant à 7,8 billions de francs congolais (3,42 millions de dollars) avait été dépensé l’an dernier. Le ministre des Finances Doudou Fwamba a signalé qu’une somme mensuelle de 4 millions de francs congolais (1.750 dollars) avait été attribuée aux wazalendo, qui sont caractérisés par la Commission Défense et Sécurité comme étant mal gérés, « désorganisés » et « incontrôlables ».

    En ce qui concerne les wazalendo, M. Fwamba a noté les inquiétudes des organisations des droits de l’homme sur « la difficulté de distinguer entre les patriotes disciplinés et les auteurs de violence opportunistes », selon l’Africa Report. Tout comme les soldats des FARDC et les combattants du M23, les wazalendo ont été accusés de violer les femmes et de commettre des abus généralisés des droits de l’homme contre les civils.

    « Des relations formelles entre les wazalendo et les FARDC ne peuvent pas être institutionnalisées », déclare M. Fwamba. Il recommande vivement que les opérations évoluent « au sein d’un système de défense populaire gouverné par les règles d’engagement et le respect du droit humanitaire ».

    Dans certaines régions de la province du Sud-Kivu, certains wazalendo ont déserté et formé des bandes armées qui extorquent les résidents, alors que d’autres ont rejoint le M23, selon le reportage de l’Agence Fides en avril.

    Selon M. Shabani, les effectifs de police sont insuffisants pour couvrir efficacement l’ensemble du pays, et environ 12.000 recrues attendent d’être formées.

    La violence en RDC continue à se propager au-delà de la frontière orientale assaillie. Le 31 mai, les combattants des Forces démocratiques alliées ont attaqué Beni à la frontière Ouest de l’Ouganda et tué au moins quinze civils et un soldat ; c’était la première attaque de la ville en trois ans. Les survivants ont réagi avec un mélange de confusion et de colère.

    Un survivant a déclaré à la chaîne d’actualité France 24 : « Des membres de ma famille ont été tués mais j’ai réussi à m’échapper. Nous demandons de l’aide au gouvernement. Nous ne comprenons pas pourquoi ils nous ont massacrés, pourquoi ils nous ont tués, comme ça. »

    Un autre survivant a demandé le remplacement des chefs militaires chargés des opérations locales et du renseignement.

    « L’attaque s’est produite à 22h00, mais personne n’est venu pour nous aider », a-t-il dit sur France 24.

    insurrection République démocratique du Congo sécurité nationale Terrorism
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