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    Home»Actualités du Jour»Les promesses chinoises pour le secteur spatial s’accompagnent de risques liés au financement et à la souveraineté
    Actualités du Jour

    Les promesses chinoises pour le secteur spatial s’accompagnent de risques liés au financement et à la souveraineté

    Les analystes avertissent les pays africains que les projets spatiaux peuvent entraîner des frais cachés et l’impossibilité d’accéder à leurs propres données.
    ADFBy ADF8 septembre 20264 Mins Read
    AFP/GETTY IMAGES
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    Alors que les pays africains revendiquent leurs droits à l’espace en développant des satellites, la Chine a intégré les missions spatiales dans la nouvelle route de la soie (Belt and Road Initiative, BRI). Toutefois, les experts notent que la coopération liée à l’espace s’accompagne d’un endettement, de frais opérationnels et d’autres risques financiers associés aux autres projets BRI.

    « Les collaborations spatiales de la Chine sont structurées pour faire avancer ses propres objectifs industriels et militaires au prix de résultats asymétriques pour les partenaires étrangers », écrivent les chercheurs Cortney Weinbaum, Christopher G. Pernin, Camille Reeves, Libby Weaver et Shanshan Mei dans un récent rapport de la Rand Corp.

    Les pays qui travaillent avec la Chine sur des projets spatiaux découvrent typiquement que le financement dépend de l’utilisation des fournisseurs et des services de lancement chinois. Le suivi et les opérations doivent aussi passer par les systèmes chinois, ce qui met en doute la capacité d’un pays à accéder à ses propres données. Dans certains cas, le financement est obtenu par le biais de la Banque d’exportation et d’importation de Chine, société liée à des projets BRI du continent accompagnés de prêts à hauteur de plusieurs milliards de dollars.

    Les pays peuvent se retrouver partenaires mineurs dans les accords avec la Chine. Exemple : la commission spatiale de l’Argentine accueille une station au sol chinoise de suivi de satellite liée aux forces armées chinoises. L’installation est juridiquement équivalente à une ambassade, ce qui signifie que les autorités argentines ne peuvent pas y entrer sans permission. Les chercheurs argentins y ont accès uniquement pendant 10 % des heures d’opération, ce qui limite leurs travaux, selon les chercheurs de Rand.

    La « ville de l’espace » d’Afrique, à l’Est du Caire (Égypte), est un exemple de la relation entre la Chine et les agences spatiales africaines. L’installation accueille l’Agence spatiale africaine de l’Union africaine et l’Agence spatiale égyptienne. Elle accueille aussi des installations de construction de satellite.

    La ville de l’espace a été développée avec l’aide de la Chine, laquelle est jusqu’à présent le principal bénéficiaire du complexe. Le personnel chinois y travaille et le MisrSat-2 égyptien, premier satellite produit localement, a été lancé et est géré depuis la Chine.

    La Chine a établi des partenariats liés à l’espace avec près de la moitié des 54 pays africains. En plus de la fabrication et du lancement des satellites africains, la Chine a des installations de suivi et de réception de satellite dans les pays suivants : Algérie, Afrique du Sud, Égypte, Éthiopie, Mozambique, Namibie, Soudan, Tunisie. La Tunisie accueille aussi une station au sol pour BeiDou, la version chinoise du système GPS.

    En 2023, Djibouti a conclu un protocole d’accord avec la société chinoise Hong Kong Aerospace Technology pour construire le premier spatioport africain, une installation d’un coût de 1 milliard de dollars sur la péninsule d’Obock, près du détroit de Bab-el-Mandeb.

    En vertu de l’accord, Hong Kong Aerospace gérera l’installation pendant 30 ans avant de la remettre à Djibouti.

    « Pékin réunit rapidement un réseau d’avant-postes spécialisés en se positionnant comme une passerelle de l’espace pour les pays en développement. Pourtant, l’intégration profonde du secteur spatial chinois avec l’Armée populaire de libération (APL) signifie que ces partenariats s’accompagnent de risques », ont récemment écrit les chercheurs Matthew P. Funaiole, Brian Hart et Aidan Powers-Riggs pour le Center for Strategic and International Studies.

    Le Nigeria éprouve directement les risques de travailler avec la Chine : le gouvernement se retrouve entraîné dans un conflit financier avec la société China Great Wall Industry Corp. concernant le coût opérationnel du satellite nigérian NigComSat-1R.

    Ce satellite construit par la Chine soutient la diffusion, la connectivité Internet et les communications de sécurité dans tout le Nigeria. Il avait été lancé en 2011 et on anticipe qu’il atteindra la limite de sa durée de service avant la fin de l’année.

    Le satellite est actif et se situe dans une orbite géostationnaire au-dessus du Soudan du Sud, selon les données de suivi.

    La société d’État chinoise, filiale de la China Aerospace Science and Technology Corp., a averti récemment le Nigeria qu’elle pourrait cesser de soutenir NigComSat-1R à cause d’une dette impayée de 11,44 millions de dollars.

    Il y a quelques temps, la société avait donné 30 jours au Nigeria pour régler sa dette, sous peine de désactiver les transpondeurs du satellite.

    Le Nigeria nie qu’il doit de l’argent à la société chinoise. Il a contacté la France et Israël pour recevoir une assistance en vue de développer des satellites futurs de communication.

    « Les intérêts gouvernementaux et commerciaux et les chercheurs universitaires devraient considérer la coopération spatiale avec la Chine en faisant preuve d’un contrôle diligent rigoureux », écrivent les chercheurs de Rand.

    Afrique du Sud Algérie Chine Egypt Éthiopie Mozambique Namibie Nigeria Sudan technology Tunisie
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