Un responsable des Nations unies a déclaré que la corruption et le crime organisé alimentent la violence et le terrorisme au Nigeria, en introduisant un plan de cinq ans visant à renforcer le système de justice pénale, l’état de droit et l’accès judiciaire dans le pays.
Cheikh Touré, représentant de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) au Nigeria, s’est exprimé devant des journalistes lors du lancement du programme national de l’ONUDC 2026-2030 pour le Nigeria, le 24 mars 2026 à Abuja.
Touré a déclaré aux journalistes, selon l’agence de presse d’état News Agency of Nigeria : « Les réseaux criminels deviennent plus sophistiqués. La technologie redéfinit à la fois les opportunités et les risques ; nous constatons des changements globaux dans la façon dont les activités illicites sont financées. Bien que le Nigeria reste un pays avec un potentiel et une influence régionale immenses, il continue à affronter des défis complexes et interconnectés. Ils incluent le trafic de drogue, le crime organisé, la corruption, le terrorisme et les menaces émergentes axées sur la technologie. »
Le Nigeria lutte depuis des années contre la corruption, la criminalité et le terrorisme. Dans l’Indice global du terrorisme 2026, il est classé en quatrième place sur la liste des pays les plus affectés par le terrorisme, sur un total de 163 pays. Seuls le Pakistan, le Burkina Faso et le Niger sont classés plus haut. L’an dernier, le Nigeria était en sixième place.
L’indice montre que le Nigeria a enregistré la plus grande augmentation (46,2 %) du nombre de décès entre 2024 et 2025, soit 237 pour un total de 750. Les 171 incidents de terrorisme signalés ont aussi provoqué 243 blessés. L’État nigérian de Borno est le lieu de la dixième attaque terroriste la plus meurtrière du monde en 2025. Les terroristes de la Province d’Afrique de l’Ouest de l’État islamique (PAOEI) ont tué 63 personnes lors de l’assaut du village de Darajamal le 9 mai 2025, selon l’indice.
« L’augmentation de l’activité terroriste est accompagnée d’une hausse de la violence idéologique et criminelle dans le pays », indique l’indice, en notant que la PAOEI et Boko Haram sont responsables pour 82,8 % des décès dus au terrorisme en 2025 au Nigeria.
Sur l’indice des perceptions de corruption de 2025, qui est l’indice le plus récent disponible, le Nigeria est classé à la 142ème place sur 182 pays et territoires profilés. Il a reçu une note de 26 sur 100, les notes plus basses indiquant des taux de corruption plus élevés. Le rapport s’appuie sur dix points de données, notamment les pots-de-vin, le détournement des fonds publics, les responsables qui profitent de leur position, le népotisme et la capture de l’état « par des intérêts particuliers et personnels ».
Le plan national de l’ONUDC, à hauteur de 57 millions de dollars, est conçu pour confronter de tels problèmes. Il sera en vigueur jusqu’au 31 décembre 2030 et ciblera les zones thématiques suivantes :
- Améliorer la prévention des crimes, la justice pénale et l’accès à la justice.
- Empêcher et combattre la corruption et les flux financiers illicites pour protéger les personnes, les institutions et l’économie.
- Améliorer la sécurité et le contre-terrorisme et contrôler l’extrémisme violent qui conduit au terrorisme.
- Combattre le crime organisé par le biais de l’application de la loi.
- Renforcer les réponses axées sur les preuves à la production, au trafic et à l’utilisation non médicale des drogues tout en relevant les défis liés à la santé.
Le programme est conçu pour fournir une orientation stratégique tout en préservant une polyvalence d’adaptabilité lorsque les circonstances changent.
Touré a aussi révélé des plans pour établir un Centre de ressources de connaissances en Afrique de l’Ouest, afin de fournir des données et des idées pour les domaines thématiques. Le centre servira de groupe de réflexion régional et réunira les chercheurs, décideurs politiques, experts en matière de sécurité, responsables de la société civile et journalistes pour qu’ils collaborent et partagent leurs connaissances sur la répression de la criminalité, des drogues et du terrorisme, selon le reportage de la News Agency of Nigeria.
