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Un nouveau programme cible le trafic de la faune sauvage et la corruption à Madagascar

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PERSONNEL D’ADF

Depuis les tortues rayonnées aux motifs de couleurs vives jusqu’aux holothuries, la faune sauvage de Madagascar est l’une des plus braconnées de la planète : une grande partie des ressources naturelles pillées de l’île est destinée à la Chine.

Un nouveau programme lancé en octobre par l’Agence américaine pour le développement international (USAID) vise à saper le trafic illégal de la faune sauvage et la corruption qui l’aide à prospérer.

Le projet de l’USAID contre la corruption et le trafic de la faune sauvage est un effort conjoint avec Transparency International – Initiative Madagascar et l’Alliance Voahary Gasy, ainsi qu’avec le groupe international anti-contrebande TRAFFIC et le Fonds mondial pour la nature.

Ce projet de trois ans identifiera les meilleures façons de renforcer les efforts anti-corruption de Madagascar, travaillera avec les responsables de la police et des douanes pour améliorer la surveillance du trafic de la faune sauvage aux frontières et réformera le système judiciaire pour assurer que les trafiquants soient poursuivis et condamnés pour leurs crimes.

Les rondins de bois de rose font partie des ressources naturelles de Madagascar qui sont illégalement expédiées à des acheteurs chinois. USAID

Madagascar est l’un des pays les plus corrompus du monde, classé 149ème sur 180 dans l’indice de perception de la corruption de Transparency International. Le classement de Madagascar a baissé de sept points au cours des dix dernières années, ce qui indique une aggravation de la corruption dans le pays.

« Le trafic de la faune sauvage est un crime grave qui endommage la prospérité économique, l’état de droit, la bonne gouvernance, les efforts de conservation et la santé humaine, et qui est souvent habilité par la corruption, déclare l’ambassadrice des États-Unis Amy J. Hyatt. Les États-Unis prennent ces questions très au sérieux ; en conséquence, nous investissons dans la lutte pour mettre fin à la corruption et au trafic de la faune sauvage à Madagascar. »

La Chine est la destination d’un grand nombre de ressources naturelles malgaches obtenues en contrebande, qu’elles soient des rondins de bois de rose, des tortues ou des holothuries. L’ampleur du trafic a provoqué la quasi-extinction des espèces originaires de l’île.

En début d’année, la communauté internationale a fait pression sur Madagascar pour améliorer la protection de ses espèces natives, notamment ses tortues. Simon Rafanomezantsoa, nommé récemment directeur du programme anti-corruption du Fonds mondial pour la nature à Madagascar, déclare que l’organisation fera tout ce qu’elle pourra pour protéger les tortues rayonnées.

« Cette espèce est particulièrement importante pour nous », dit-il. Il s’est exprimé lors d’une réunion du comité permanent de CITES, la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction.

Récemment, les efforts anti-contrebande ont eu un certain succès. Entre 2018 et 2021, plus de 21.000 tortues natives ont été secourues des mains des trafiquants d’animaux sauvages.

En 2018, les forces de police ont récupéré 10.000 tortues dans une seule maison de la communauté de Toliara, selon TRAFFIC. Trois ans auparavant, les responsables des douanes ont découvert des centaines de tortues natives, rayonnées et à soc, dissimulées parmi des couches et autres articles vestimentaires dans une cargaison à destination de la Malaisie par Maurice.

En 2016, après l’arrestation de trafiquants qui essayaient de passer en contrebande des tortues rayonnées, la police a signalé qu’on lui avait offerte sans succès un pot-de-vin de 6.000 dollars et qu’elle avait été sujette à des pressions par un militaire de haut rang pour libérer les braconniers.

Alors que l’USAID et ses partenaires essaient d’accroître le nombre de victoires sur les braconniers, ils œuvreront étroitement avec le ministère de la Justice et le ministère de l’Environnement et du Développement durable de Madagascar.

« Nous pensons que ce projet aura un impact important, grâce à l’alliance de partenaires dédiés que nous avons réunis, déclare Mme Hyatt. Pour réaliser ces objectifs, nous devons assurer le consentement véritable de tous les niveaux du gouvernement auprès de plusieurs ministères. »

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