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L’ajout des mines terrestres russes provoque un accroissement de la violence en Centrafrique

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PERSONNEL D’ADF

La lutte en cours entre les forces gouvernementales et les rebelles en République centrafricaine a pris une tournure explosive avec l’ajout de mines terrestres et de bombes improvisées menaçant directement les civils.

La preuve la plus récente de la détérioration de la situation en Centrafrique est une bombe plantée au bord de la route en septembre qui a explosé sous un convoi humanitaire dans le Nord-Ouest du pays, faisant un mort parmi le personnel d’assistance.

Une analyse des Nations unies a découvert que les mercenaires russes appelés groupe Wagner sont à l’origine de l’accroissement de la violence. Les forces de Wagner travaillent avec le gouvernement de Centrafrique du président Faustin-Archange Touadéra pour réprimer une rébellion de la CPC (Coalition des patriotes pour le changement), dirigée par l’ex-président François Bozizé.

Le groupe Wagner s’est rendu en Centrafrique en 2017 pour fournir des conseillers militaires et assurer la sécurité de M. Touadéra. Depuis lors, le nombre de membres de Wagner a augmenté de moins de 200 à plus de 2.100 aujourd’hui, répartis dans 30 bases, selon le panel d’experts de l’ONU sur la République centrafricaine.

Un garde de sécurité russe (au centre) lié au groupe Wagner attend Faustin-Archange Touadéra, président de la République centrafricaine, à l’extérieur d’un bureau de vote en décembre 2020. Les Nations unies signalent que plus de 2.100 soldats du groupe Wagner en Centrafrique ont provoqué l’escalade du conflit en introduisant des mines terrestres dans une situation déjà volatile. AFP/GETTY IMAGES

Les représentants des forces armées de Centrafrique ont déclaré à l’ONU qu’ils ne recevaient pas de formation, contrairement aux affirmations russes ; ils ont aussi dit que les mercenaires russes agissaient tout à fait séparément des forces armées.

Au lieu d’être des conseillers, les mercenaires de Wagner ont assumé le leadership de la lutte contre les combattants de la CPC. Les combattants de Wagner ont planté des mines terrestres antipersonnel dans l’environnement déjà volatil de Centrafrique, en violation des lois internationales, et ont créé des situations potentiellement mortelles pour les gardiens de la paix, les travailleurs humanitaires et les non-combattants.

Les premiers rapports concernant les mines ont apparu vers le milieu de 2020 et les attaques avec les mines terrestres ont augmenté considérablement cette année, selon l’analyse de l’ONU. Dans plus de 24 incidents entre janvier et août, des explosifs ont causé la mort d’au moins 14 civils et en ont blessé 21. Parmi les décès, on compte une femme enceinte et deux enfants, et parmi les blessés, deux gardiens de la paix.

Selon l’ONU, Wagner utilise le même type de mines antipersonnel que le groupe avait utilisé en Libye. Dans le cas de la Libye, les forces de Wagner avaient planté des mines piégées dans les quartiers résidentiels.

Dans le cas de Centrafrique, les mines ont été placées le long des routes et à l’extérieur des écoles. Selon les experts en armement, les mines terrestres déployées en Centrafrique semblent provenir de Libye, où le groupe Wagner reste actif, ainsi que du Tchad et du Soudan.

Les rebelles de la CPC ont riposté en déployant leurs propres engins explosifs improvisés (EEI) pour cibler les forces armées de Centrafrique et les véhicules des gardiens de la paix de l’ONU.

David Lochhead, chercheur principal avec l’Enquête sur les armes légères, a déclaré à la BBC : « C’est une tendance préoccupante. La fabrication d’un EEI peut coûter 35 dollars mais vous pouvez détruire un véhicule blindé qui vaut 500.000 dollars. »

Les mines terrestres et les EEI rendent les routes infranchissables et interdisent aux gardiens de la paix et aux groupes humanitaires de fournir une assistance extérieure aux civils. Les combats ont déplacé plus de 1,4 million de personnes.

La mission des Nations unies en Centrafrique a signalé récemment qu’elle avait été forcée de suspendre ses efforts de déminage par les forces armées de Centrafrique et leurs conseillers russes.

Dans une lettre adressée à Ivan Mecheten, chef du groupe Wagner en Centrafrique, le groupe de travail des Nations unies sur l’emploi des mercenaires a accusé Wagner d’avoir provoqué une détérioration de la situation dans le pays : « Le déploiement de votre personnel semble avoir contribué à exacerber rapidement et intensifier les hostilités, ce qui a conduit à son tour aux dommages et à la souffrance infligés aux civils. »

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