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Un ancien ennemi retourne en Afrique de l’Est

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Bien que la piraterie ne soit pas un phénomène nouveau en Afrique de l’Est, l’origine de la piraterie moderne peut être tracée au large des côtes de la Somalie après l’effondrement du gouvernement national en 1991. Sans aucune marine pour patrouiller le golfe d’Aden, les eaux somaliennes sont devenues vulnérables face aux navires de pêche internationaux qui ont pillé les stocks de poissons et ont été accusés par les habitants locaux de déverser des déchets toxiques dans l’océan.

Un rapport du magazine Time en 2009 indique que la piraterie a augmenté en réponse à la pêche au chalut systématique par les navires étrangers, qui ont pêché les maquereaux, les sardines et les thons abondants à une cadence qui « aurait pratiquement vidé les stocks de poissons des océans du monde en 2050 », selon une étude de 2006 publiée dans le journal Science. Au moment où la piraterie somalienne se développait, les hors-la-loi pouvaient capturer les navires et obtenir rapidement des rançons car les sociétés de navigation ne voulaient pas attirer l’attention sur leurs pratiques de pêche.

En 2003, l’Asie du Sud-Est, et notamment la zone autour du détroit de Malacca, était toujours le lieu principal de la piraterie maritime. C’est seulement en 2007 que les incidents de piraterie d’Afrique de l’Est ont dépassé ceux d’Asie. Un an plus tard, les incidents de piraterie d’Afrique de l’Est et de l’Ouest étaient chacun deux fois plus nombreux que ceux de l’Asie du Sud-Est, selon la base de données de piraterie du Centre de La Haye pour les études stratégiques.

Les pirates somaliens attaquaient en général les navires sur des canots pneumatiques ou de plus gros vaisseaux appelés « navires mères ». Les navires étaient abordés et ramenés vers la Somalie où les pirates demandaient des rançons pour les membres d’équipage et les navires.

Après avoir attiré l’attention internationale en 2008, la piraterie somalienne a plafonné en 2010 et 2011, mais le nombre d’attaques a chuté peu après. Trois efforts internationaux de patrouilles maritimes, en plus des efforts de sécurité des sociétés maritimes privées, ont commencé à repousser la piraterie dans la mer Rouge, le golfe d’Aden et ailleurs. Dès 2015, le nombre total d’incidents avait baissé à 16, comparé au niveau culminant de 239 en 2011.

Toutefois, le nombre d’incidents a augmenté de 69 % à 27 attaques en 2016, puis de 100 % en 2017, soit 54 attaques, selon OBP. La hausse des incidents, qui incluent les attaques manquées, les détournements, les kidnappings et les activités suspectes, est attribuée à un certain nombre de facteurs. D’abord, le conflit qui perdure au Yémen, situé de l’autre côté de la Somalie sur le golfe d’Aden, accroît l’instabilité dans la région. Ensuite, les coalitions navales internationales ont réduit leur présence dans le golfe et dans la mer Rouge. L’OTAN a mis fin à l’opération Ocean Shield en décembre 2016. Les déploiements indépendants, et non pas ceux de la coalition, constituent la présence navale principale de la région et ils ont tous réduit la durée de leurs patrouilles. Enfin, les groupes de pirates continuent à avoir l’intention, la capacité et l’opportunité de lancer des attaques.

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