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    Flintlock Comble Les Lacunes De Sécurité

    L’exercice Annuel De Contre-Terrorisme Développe Les Aptitudes Des Unités D’opérations Spéciales Pour Combattre Les Menaces Croissantes
    PEARL MATIBE, ANALYSTE DE LA SÉCURITÉBy PEARL MATIBE, ANALYSTE DE LA SÉCURITÉ24 septembre 2026Updated:28 septembre 20269 Mins Read
    Un marin des Forces spéciales sénégalaises saute d’un hélicoptère pendant l’exercice Flintlock 2025 au Sénégal. PREMIER MAÎTRE JOHN PEARL/MARINE DES ÉTATS-UNIS
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    EN 2005, le terrorisme commençait à peine à s’enraciner au Sahel et à menacer d’autres régions du continent. Alors que les groupes terroristes intensifiaient leurs opérations, les États-Unis et leurs partenaires ouest-africains ont lancé un exercice militaire conçu tout spécialement pour les combattre. L’exercice continue depuis.

    La Libye et la Côte d’Ivoire ont co-accueilli la version de 2026 en avril. Cette formule a comblé une lacune sécuritaire sur le continent en liant les forces de sécurité d’Afrique du Nord aux pays du littoral d’Afrique de l’Ouest. Elle a marqué 21 ans de développement de Flintlock par les pays africains en plateforme d’opérations spéciales contre les groupes terroristes.

    Le lieutenant-colonel Kitcha Sekongo de Côte d’Ivoire a déclaré dans une session de planification de Flintlock en 2024 : « Il nous aide à bâtir et renforcer la capacité de notre unité (de forces d’opérations spéciales) pour lui permettre d’être capable de combattre efficacement les groupes terroristes. Puisque c’est un exercice international, il nous aide aussi à construire la coalition appropriée et les partenariats afin de rester unis contre cette menace. »

    L’exercice Flintlock est devenu le premier exercice annuel des opérations spéciales de l’état-major unifié des États-Unis pour l’Afrique. Il réunit plus de trente pays africains, occidentaux et autres pour renforcer la sécurité, confronter les organisations terroristes et améliorer l’interopérabilité. Il se concentre sur l’amélioration de l’indépendance opérationnelle, des droits de l’homme et de la stabilité régionale dans le Sahel et les régions environnantes. Son nom provient d’une ancienne arme à feu et a fini par symboliser la totalité [cran de sûreté, crosse et canon] de l’entraînement fondamental.

    Les marins des Forces spéciales sénégalaises conduisent un entraînement d’extraction de force rapide lors de l’exercice Flintlock 2025 à Dakar (Sénégal). PREMIER MAÎTRE JOHN PEARL/MARINE DES ÉTATS-UNIS

    Chaque exercice Flintlock reflète l’histoire récente du continent. Flintlock a été lancé en 2005 avec cinq pays africains lorsque les menaces sahéliennes d’Al-Qaïda au Maghreb islamique et d’autres groupes terroristes se sont manifestées. L’exercice de 2015 a eu lieu alors que les menaces de Boko haram apparaissaient, ce qui dénotait le passage de Flintlock à des scénarios du monde réel.

    Flintlock était le seul exercice annuel conduit par les États-Unis sur le continent en 2020, pendant Covid-19. L’exercice a été accueilli en Mauritanie avec une station extérieure au Sénégal. Le Maroc et le Sénégal ont joué le rôle de formateurs de contre-terrorisme et de coopération régionale, quelque chose de nouveau depuis le début de Flintlock.

    La Côte d’Ivoire et le Ghana ont accueilli l’exercice plusieurs fois. Au cours des années, les pays hôtes ont aussi inclus l’Algérie, le Cameroun, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria, le Sénégal et le Tchad.

    Flintlock 2026 a eu lieu en présence de menaces sans précédent en Afrique. La violence au Sahel due au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et à d’autres groupes se propage vers les ports du littoral. Le bassin du lac Tchad est devenu un refuge pour les activités extrémistes. La Libye reste contestée par les terroristes et les acteurs malveillants.

    En tant que collective, les pays africains participant à Flintlock affrontent un environnement de plus en plus dangereux dans lequel les menaces communes exigent des solutions communes. Les objectifs de Flintlock se concentrent sur trois capacités : interopérabilité à travers les divisions doctrinaires ; opérations axées sur le renseignement contre les réseaux transfrontaliers ; résilience civilo-militaire qui protège les communautés. Les pays africains poussent aussi la continuité, en choisissant le partenariat dans les crises.

    Les exercices concernent les menaces continentales et globales. Pendant l’exercice Flintlock 2023, un officier de l’armée ghanéenne a déclaré à Joy News, station de télévision et site web d’actualité du Ghana : « Vous pouvez constater la gamme complète et ce n’est pas seulement l’Afrique de l’Ouest. C’est quelque chose de global. Je veux dire qu’il ne s’agit pas seulement de penser à soi-même pendant cette période, parce que s’il vous attaque, il attaque tout le monde. »

    Les Forces d’opérations spéciales de la Marine sénégalaise se préparent à un débarquement de plage à Saint-Louis (Sénégal) pendant l’exercice Flintlock 2016.  SPÉCIALISTE DAVID SHEFCHUK/ARMÉE DE TERRE DES ÉTATS-UNIS

    Les forces de sécurité africaines affrontent des défis de communication flagrants. Les langues de Flintlock sont l’anglais, le français, le portugais, l’arabe et une multitude de langues africaines, notamment le haoussa et le swahili. Les différentes langues posent des problèmes pour la terminologie de communication et de commandement. Les systèmes de radio et de communication incompatibles peuvent poser encore plus de problèmes. Un renseignement tchadien pourrait être communiqué à des opérateurs ghanéens par le biais de trois langues et de formats mal assortis.

    Flintlock comblent ces écarts. Les cellules de planification mixtes intègrent des interprètes. Les symboles cartographiques et les modèles situationnels standardisés surmontent les différences techniques. L’entraînement priorise les outils de « basse technologie, haute confiance » tels que les radios de haute fréquence, les messagers humains, les cartes sur papier, qui sont réalistes pour les avant-postes ouest-africains sans liens satellitaires.

    « Nous devons pouvoir nous battre avec ce que nous avons, mais penser ensemble avec ce que nous partageons », souligne un commandant des forces d’opérations spéciales d’Afrique de l’Ouest.

    Les participants déclarent que l’événement annuel facilite la mise en commun du renseignement sur le continent.

    Le général de brigade tchadien Zakaria Ngobongue a déclaré à ADF pendant Flintlock 2015 : « Cette mise en commun des informations est quelque chose de fondamental dans la lutte contre le terrorisme. Elle est essentielle. Si nous ne mettons pas les informations en commun, nous n’atteindrons jamais l’étape finale. Flintlock est exactement ce dont nous avons besoin, au bon moment et dans le lieu correct, ensemble. Nous partageons les informations et mettons en œuvre ce partage des informations. »

    Les scénarios en direct encouragent la confiance au-delà des mots. Les soldats de pays différents sont témoins de la compétence de chacun sous pression.

    « Nous n’avons pas toujours l’opportunité de faire exploser un véhicule, aussi c’est une expérience apprise importante pour constater l’explosion en direct », a déclaré le major Issa Diack de la Police nationale sénégalaise pendant Flintlock 2016.

    Pendant 20 ans, Flintlock a formé des officiers multilingues qui dirigent des états-majors interarmées après les exercices, en transformant les barrières en avantage pour les unités multilingues qui peuvent déjouer les actions des organisations terroristes. Les officiers qui soutiennent les opérations conjointes après l’exercice sont cruciaux.

    Imaginez des drones ghanéens traquant un convoi terroriste d’armes depuis un pays d’Afrique de l’Ouest alors que la patrouille béninoise des frontières relaie la position par radio. La force de réaction rapide du Togo pourrait bloquer les chemins de fuite. Les Béninois francophones pourraient écrire des résumés en anglais ; les interprètes pourraient relayer les commandes de raid en direct. C’est l’interopérabilité. À Syrte (Libye), des unités de l’Est et de l’Ouest du pays pourraient combiner leurs connaissances du terrain local avec le renseignement marocain d’origine électromagnétique pour défendre l’infrastructure pétrolière, en pratiquant des évacuations pour les civils autour des pipelines en fonctionnement. C’est la fusion du renseignement.

    Dans le Nord de la Côte d’Ivoire, les forces de sécurité guinéennes, ivoiriennes et sénégalaises pourraient libérer les villages, fusionner les renseignements locaux avec les images satellitaires, sécuriser les écoles et coordonner les programmes pour les jeunes qui reflètent l’initiative des jeunes des frontières d’Abidjan. C’est la résilience civilo-militaire.

    Chaque scénario force les pays africains à résoudre les problèmes qu’ils ont affrontés, par exemple les écarts de langue, les disparités du renseignement et les complexités civiles. Les officiers repartent avec des procédures qui fonctionnent d’une année à l’autre.

    Les forces tunisiennes et italiennes participent à l’exercice Flintlock 2024 à Daboya (Ghana).
    PFC HANNAH BECKER/ARMÉE DE TERRE DES ÉTATS-UNIS

    Le colonel ghanéen Richard Mensah a partagé des leçons qu’il avait apprises pendant Flintlock en 2023. Selon le reportage du site web Joy News, il a dit : « Nous ne pouvons pas lever les mains au ciel en disant que, puisque le terrorisme se produit et nous accomplissons peu de choses, nous devrions aller dormir. Les opérations spéciales ne sont pas créées lors des urgences. Nous devons continuer à nous entraîner. L’entraînement est tout, et tout est un entraînement. Nous devons faire en sorte que nos hommes soient prêts à affronter les terroristes. Ces idées nous aident à bâtir des échanges de partenariat, de renseignement, d’idées et d’expériences pour pouvoir surmonter quelques-uns de ces défis. »

    Un grand nombre de pays africains ont maintenu des partenariats dans les moments vraiment difficiles : coups d’État dans la région, troubles et défis économiques.

    Les exercices Flintlock ont franchi les barrières des langues et de la gouvernance face aux menaces terroristes. Les démocraties se sont renforcées préventivement ; les combattants ont bâti la durabilité. Depuis 2022, la participation des pays à Flintlock est stable, malgré certains retraits sahéliens. En général, les intérêts nationaux l’ont emporté sur les politiques.

    Cette année, l’exercice Flintlock a aidé les forces armées africaines à affronter les groupes terroristes ayant des ambitions côtières, enhardis par les refuges du Sahel. Flintlock est durable parce que les forces de sécurité africaines l’ont adopté.  


    AU SUJET DE L’AUTEURE : Pearl Matibe est une analyste de la sécurité internationale née au Zimbabwe. Elle est une experte de la coopération de défense entre les États-Unis et l’Afrique et du développement de la capacité militaire. Elle est l’hôte du podcast The Shaka Spear où elle analyse l’assistance États-Unis – Afrique en matière de sécurité, la coopération de sécurité, les partenariats de l’état-major unifié des États-Unis pour l’Afrique et l’évolution des menaces terroristes. Ses travaux incluent des briefings de défense et des études analytiques pour les parties prenantes politiques et sécuritaires. Mme Matibe détient une licence ès lettres en politique gouvernementale et internationale et une maîtrise ès lettres en sécurité internationale avec une spécialisation dans les études de renseignement.

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