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    Home»Actualités du Jour»Une entreprise de pêche chinoise supplante les pêcheurs zambiens
    Actualités du Jour

    Une entreprise de pêche chinoise supplante les pêcheurs zambiens

    Des centaines de pêcheurs ont été expulsés pour le bénéfice de l’une des plus grandes sociétés de pêche en Afrique australe
    ADFBy ADF22 septembre 20264 Mins Read
    Les poissons sont séchés au soleil dans un village de pêcheurs du lac Kariba. SCIENCE PHOTO LIBRARY VIA REUTERS CONNECT
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    La société chinoise ZamFresh est devenue l’une des plus grandes sociétés de pêche d’Afrique australe depuis son arrivée en Zambie en 2018. Le tilapia qu’elle pêche dans les eaux du lac Kariba près de l’île Jeremiah est vendu en Zambie et au Zimbabwe, pays sans littoral, et exporté dans le monde entier.

    L’entreprise est rentable pour ZamFresh mais elle se traduit par la pauvreté, la famine et le désespoir pour les 500 pêcheurs artisanaux de l’île Jeremiah qui disent avoir été expropriés pour faire place à la société. ZamFresh possède plus de 300 grandes cages à poissons autour de l’île, située sur le côté zambien du lac Kariba, lac artificiel et réservoir d’eau le plus grand du monde en volume.

    Mike Moonga travaillait en tant que pêcheur artisanal sur l’île Jeremiah depuis environ six ans lorsque sa famille et lui entendirent des coups de feu vers 3 heures du matin le 11 février 2023.

    Il déclare à Radio France Internationale (RFI) : « Nous sommes sortis et avons vu des policiers et des soldats qui tiraient sur les gens et les chassaient. Ils ont dit que nous devions partir de l’île. Ensuite, ils ont mis le feu à tout, les maisons, les stocks de poissons dans les réfrigérateurs, l’argent, les boutiques, tout ce que nous possédions. Nous avons quitté l’île comme ça. »

    Mike Moonga affirme qu’il a été battu lorsqu’il a demandé pourquoi les autorités incendiaient leurs biens. Les pêcheurs ne sont pas autorisés à retourner dans l’île. Il déclare que les représentants du gouvernement ont dit au chef de l’île qu’ils étaient expulsés parce qu’on avait besoin de l’île.

    « Mais ils ne nous ont pas dit que les Chinois avaient acheté cette île en secret, parce qu’en Zambie les îles appartiennent au peuple et ne sont pas à vendre, dit-il à RFI. Après être partis, nous avons vu de nouveaux bâtiments sur l’île, désormais gardés par les soldats qui nous ont battus. »

    Vladimir Chilinya, chef du bureau zambien de FIAN, une organisation de défense des droits de l’homme, déclare que le gouvernement aurait dû assurer les moyens de subsistance des pêcheurs avant de les chasser par la force.

    « Au lieu d’être transférés dans la dignité, ils ont été chassés de leurs terres et ont subi beaucoup de souffrance », dit-il à RFI.

    Il déclare aussi que cela s’inscrit dans le cadre des antécédents de l’État donnant priorité aux intérêts chinois dans les secteurs du cuivre et de l’aquaculture.

    « Il existe un modèle d’expulsion des communautés locales face aux investissements de grande échelle. »

    Le Conseil du district de Siavonga qui régit les zones et les eaux autour de l’île Jeremiah n’a pas répondu aux questions de RFI concernant les expulsions ou les droits qui auraient été accordés à ZamFresh pour utiliser l’île. ZamFresh a aussi refusé de fournir des commentaires. Des journalistes zambiens interviewés anonymement par RFI lui ont dit que le gouvernement avait menacé d’annuler leurs licences médiatiques s’ils mentionnaient l’île dans leurs reportages.

    En mars 2026, deux employés chinois de ZamFresh ont été filmés maltraitant une employée zambienne. Le ministère du Travail de Zambie a ordonné la déportation des deux Chinois. ZamFresh fait partie du groupe SunShare qui a récemment conclu un contrat de 246 millions de dollars avec le gouvernement zambien pour des investissements liés à l’énergie solaire.

    Les analystes déclarent que les accords avec les sociétés chinoises concernant le développement, l’extraction ou les ressources naturelles s’accompagnent des risques de perte de souveraineté et d’abus des droits de l’homme. À la fin avril, le gouvernement zambien a reporté abruptement la conférence annuelle des droits de l’homme RightsCon quelques jours avant son ouverture prévue à Lusaka, la capitale du pays.

    Access Now, organisation de défense des droits basée à New York et sponsor de la conférence, assure que le gouvernement chinois a fait pression sur les responsables zambiens, en partie à cause de l’inclusion des participants de Taïwan. Bien que Taïwan soit gouvernée indépendamment, la Chine revendique le territoire et empêche ses partenaires diplomatiques de nouer des liens officiels avec lui.

    « La Zambie est devenue une étude de cas sur la façon dont les investissements économiques chinois peuvent aboutir à la suppression des dissensions, en muselant une population qui jadis manifestait dans la rue contre ce type d’influence », écrit l’analyste Shannon Van Sant pour The Strategist, publication de l’Institut australien de politique stratégique.

    En juin, la Chine a refusé de signer la déclaration de Mombasa, accord visant à améliorer les efforts de lutte contre la pêche illégale, à l’occasion de la onzième conférence Our Ocean au Kenya. La conférence a été entachée par des allégations selon lesquelles les représentants taïwanais n’avaient pas pu participer à cause de la pression exercée par la Chine sur le Kenya.

    Chine maritime pêche illégale Zambie Zimbabwe
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