Les Forces armées du Ghana (GAF) ont présenté leur nouveau foyer d’aptitudes où le personnel sera formé pour combattre le terrorisme. L’installation qui a ouvert ses portes en février à l’école d’entraînement des opérations spéciales de Daboya (Ghana) aidera les soldats à affiner leurs aptitudes sur les tactiques de dégagement des habitations, les opérations transfrontalières et la guerre urbaine. On anticipe aussi qu’elle améliorera le partage du renseignement et les exercices militaires conjoints entre le Ghana et ses voisins.
Le général de brigade Frank Nartey Tei des GAF, chef du commandement du Nord, a exprimé son appréciation au gouvernement des États-Unis lors d’une cérémonie d’inauguration. Il a noté que les États-Unis sont depuis longtemps un partenaire de sécurité crucial du Ghana, en ajoutant que la nouvelle installations réaffirme une alliance qui a été renforcée par les exercices militaires conjoints tels que Flintlock et African Lion.
Le colonel Antwi Awuah Darkwah, commandant adjoint de la brigade des opérations spéciales de l’Armée de terre du Ghana, a déclaré que l’installation mettait en lumière le lien robuste et les valeurs partagées de service, sacrifice et compassion entre les deux pays.
Une semaine environ avant le transfert du foyer des aptitudes, le président ghanéen John Mahama s’était réuni avec le général Michael E. Langley, commandant de l’état-major unifié des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM), afin de faire face aux menaces subrégionales de sécurité en marge de la conférence de Munich sur la sécurité.
Mahama a déclaré dans un reportage d’African Business : « La réunion d’aujourd’hui avec le général Langley met en lumière l’engagement du Ghana envers l’amélioration de notre posture de sécurité en réponse aux menaces qui évoluent dans la région. Nous apprécions le soutien des États-Unis et nous sommes désireux d’accroître nos efforts collaboratifs. »
M. Mahama et le général Langley ont aussi discuté des moyens d’améliorer la coordination entre l’AFRICOM et les GAF en ce qui concerne la coopération sécuritaire et la logistique.

Contrairement à ses voisins d’Afrique de l’Ouest, le Ghana n’a pas subi d’attaque terroriste majeure mais les extrémistes violents qui se battent au Burkina Faso ont commencé à utiliser la zone frontalière comme base logistique et médicale pour soutenir leur insurrection, selon les déclarations des sources d’information à Reuters en octobre.
Alors que ces groupes terroristes continuent leur avancée vers l’Ouest, les gens de la région font face à des risques d’infiltration et de radicalisation.
Les opérations des GAF dans le Nord du Ghana incluent des patrouilles, des barrages routiers et des missions de soutien pour protéger la frontière. En septembre, les terroristes ont tué au moins 12 soldats togolais dans une attaque contre une base militaire à 70 km du Ghana, près de la frontière avec le Burkina Faso. Quelques jours plus tard, le Burkina Faso a repris les opérations conjointes de patrouille de sécurité qui avaient été suspendues lorsque le pays avait quitté la Communauté économique des états d’Afrique de l’Ouest. Le nombre de patrouilles a aussi augmenté à la frontière entre le Ghana et le Togo.
Les GAF s’efforcent aussi d’améliorer les relations civilo-militaires dans le Nord du Ghana. En septembre, des représentants des GAF, de l’Institut pour la gouvernance sécuritaire (ISG), de l’AFRICOM et de la Force opérationnelle d’Europe du Sud de l’Armée de terre des États-Unis pour l’Afrique ont conduit un atelier de cinq jours à Accra qui s’est concentré sur le développement des capacités civilo-militaires. Ceci a soutenu les efforts des GAF visant à créer une directive des opérations civilo-militaires qui institutionnalisera les opérations civilo-militaires au sein de leurs activités militaires.
L’atelier a offert une « opportunité vitale pour partager les connaissances et les stratégies qui peuvent relever » les défis de la sécurité, a déclaré le général de brigade Kweku Dankwa Hagan, chef d’état-major adjoint du Ghana chargé des opérations et de l’entraînement au quartier général de l’Armée de terre du Ghana, dans une annonce de presse.
« Notre objectif consiste à renforcer les capacités des institutions sécuritaires d’Afrique de l’Ouest grâce à la formation, l’éducation et les services de consultation, en nous concentrant sur la planification stratégique, le leadership et l’efficacité opérationnelle », a déclaré Dean Bland, coordinateur de programme régional de l’ISG pour l’Afrique occidentale centrale, dans l’annonce.