Lorsque les chefs des marines de guerre du continent se sont réunis à Rabat (Maroc) pour la quatrième Conférence au sommet annuelle des forces maritimes africaines, ils ont reconnu toute une série de menaces : la pêche illégale, la piraterie, la contrebande, le terrorisme et les crimes transnationaux tourmentent les eaux africaines.
Mais ils ont déclaré que le potentiel de croissance et de prospérité du domaine maritime excède de loin ces menaces. La valorisation de ce potentiel exigera la coopération et l’innovation.
« La sécurité maritime représente la responsabilité partagée et la priorité stratégique qui peuvent seulement être obtenues par le biais du dialogue soutenu, de la confiance mutuelle, de l’action coordonnée et du partenariat effectif entre toutes les parties prenantes », a déclaré aux participants lors de la cérémonie d’ouverture le contre-amiral Mohamed Tahin, inspecteur de la Marine royale du Maroc.
Ce sommet de cinq jours a été accueilli par les Forces armées royales du Maroc, les Forces navales des États-Unis pour l’Europe et l’Afrique et les forces du Corps des fusiliers marins des États-Unis pour l’Europe. Plus de 40 pays africains et près de 20 pays partenaires y ont participé.
L’événement a reflété « l’engagement résolu du Maroc pour promouvoir la coopération africaine, renforcer la stabilité régionale et encourager les efforts collectifs en vue de soutenir la paix et la sécurité en mer », a dit l’amiral Tahin.
Le sommet a aussi inclus des sessions d’atelier interactives et un incident simulé de pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN). Les organisateurs ont distribué à des fins de discussion des articles de présentation de scène, notamment des documents d’introduction à la stratégie et aux politiques, des articles originaux écrit pour le sommet et des versions abrégées des recherches et analyses académiques.
Le général de brigade Abdulwahab Abdullahi Omar, commandant de la marine et la défense côtière de Somalie, a remercié la communauté internationale pour le soutien apporté aux Forces armées nationales somaliennes et a dit que le pays avait enregistré des gains importants dans la lutte contre la pêche IUU, la piraterie et le terrorisme maritime, selon un reportage de l’Agence nationale de presse de Somalie.
La Somalie a amélioré sa sécurité maritime à l’aide de tous les partenariats disponibles et Mogadiscio a tenu récemment des discussions avec les États-Unis concernant la sécurité en mer Rouge. Les rebelles houthistes du Yémen sont connus pour fournir des armes au groupe terroriste somalien des Chebabs. Les Houthis ont aussi intensifié récemment leurs menaces contre les navires traversant le Bab-el-Mandeb, détroit séparant le Yémen de Djibouti et de l’Érythrée.
Pendant la conférence, l’amiral Tahin a aussi révélé des plans pour établir le Centre africain d’entraînement et d’expérimentation multidomaines (AMTEC), que le Maroc et l’état-major unifié des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM) ont récemment convenus de mettre en œuvre.
On anticipe que cette installation inclura une aire d’entraînement, une académie de drones et un centre pour développer et tester la technologie émergente. L’intelligence artificielle, les drones, les satellites et les plateformes de partage des données modernisées font évoluer les opérations maritimes et devraient être intégrés dans la collaboration africaine en matière de sécurité, a dit l’amiral.
La Conférence des non-gradés africains de haut rang s’est aussi déroulée pendant le sommet. Ces discussions visaient à établir un corps professionnel de non-gradés dans les marines de guerre du continent. Les sous-officiers de haut rang des pays partenaires ont partagé leurs expériences et promu la « professionnalisation mutuelle », selon le reportage de Morocco World News. Des interprètes en langues anglaise, arabe, espagnole, française et portugaise ont facilité les discussions, qui ont couvert la modernisation des politiques nationales, la coopération régionale et l’innovation technologique en matière de sécurité maritime.
Le commodore Samuel Ayelazono, officier ghanéen commandant le commandement naval occidental, a déclaré qu’AMFS26 soulignait l’importance de la mise en commun du renseignement, la coordination inter-agences, les partenariats régionaux et la technologie dans l’amélioration de la sécurité maritime, selon le reportage du site web d’actualité ghanéen MyJoyOnline.
