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Des rebelles déclarent l’indépendance dans l’Est du Ghana

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PERSONNEL D’ADF

Une insurrection dans la région ghanéenne de la Volta a commencé début septembre avec une déclaration d’indépendance et une traque effectuée par la police régionale contre ceux qui avaient érigé des affiches improvisées déclarant : Bienvenue au Togoland occidental.

Depuis lors, la situation a empiré avec des périodes de confrontation violente et des menaces de rébellion ouverte.

Au moins deux groupes revendiquent l’indépendance de ces terres disputées à la frontière Est avec le Togo. Le gouvernement du Ghana a rejeté le problème en le qualifiant de question policière.

« La zone qu’ils appellent aujourd’hui le Togoland occidental doit être une invention de leur imagination », a déclaré le vice-président ghanéen Mahamudu Bawumia sur radio Asempa, dans la capitale d’Accra. Cela n’existe pas. Il n’existe pas de justification légale pour leurs revendications. Aucune négociation ! Avec ces criminels ? »

L’histoire de la région remonte à l’époque de la Première Guerre mondiale, lorsque le territoire allemand avait été conquis et rebaptisé Togoland britannique. Les résidents ont voté en 1956 pour s’intégrer au Ghana, mais plusieurs tentatives de sécession ont depuis lors échoué.

Les commentaires de M. Bawumia ont été exprimés fin septembre lorsque des séparatistes ont établi des barrages routiers armés sur les routes principales de la région.

Les membres du groupe sécessionniste Front de restauration du Togoland occidental (FRTO) ont attaqué deux postes de police dans la Volta, en volant 15  fusils d’assaut AK-47 et d’autres armes, en libérant des prisonniers et en blessant des officiers de police.

Trois autres policiers ont été pris en otage avant que la police et les soldats ne les libèrent. L’équipe de sécurité a arrêté 31 membres du FRTO à la suite d’une fusillade au cours de laquelle 1 séparatiste a été tué et 3 ont été blessés.

Le FRTO a publié une déclaration pour le bénéfice des médias régionaux en affirmant l’indépendance. Le groupe a ordonné les forces de sécurité ghanéennes d’abandonner le territoire en laissant leurs armes et leurs munitions. La déclaration a aussi demandé que le Ghana négocie l’indépendance du Togoland occidental avec l’aide des médiateurs des Nations unies.

La déclaration précise que « toutes les activités politiques au sein du nouvel état sont interdites, avec effet immédiat. Certaines stations de radio sont temporairement désignées radios d’état du Togoland occidental (TO) jusqu’à nouvel ordre et toutes les entreprises médiatiques dans le TO doivent concentrer principalement leur programmation sur les questions du TO jusqu’à nouvel ordre. »

Au moins une douzaine d’insurgés armés ont attaqué le 29 septembre un parking d’autobus de la State Transportation Corp. (STC) dans la ville de Ho en Volta, en brûlant un bus et en endommageant un autre tout en attaquant les chauffeurs détenus sous la menace des armes. La police a arrêté ultérieurement 30 séparatistes après une fusillade au cours de laquelle un civil a été tué.

Un autre groupe dissident appelé Fondation du groupe d’étude de la patrie (FGEP) a publié une déclaration sur Facebook niant être impliqué dans la violence.

« La FGEP et tous ses divers chapitres et branches n’ont aucunement participé à l’incendie des véhicules de la STC à Ho la nuit dernière », selon cette déclaration. « La campagne visant à soutenir nos droits de citoyenneté, qui est continuellement questionnée par certains Ghanéens, se fera sans violence. »

Les chefs de la FGEP avaient déjà prévu de déclarer l’indépendance du Togoland occidental en 2017, lorsque 7 membres avaient été arrêtés et accusés de trahison. En 2019, la police régionale de la Volta a arrêté 81 autres membres de la FGEP pour avoir planifié une manifestation. La plupart des charges ont finalement été abandonnées.

Le Togoland occidental est membre de l’Organisation des nations et des peuples non représentés, qui a publié une déclaration à la fin septembre demandant au Ghana de rétablir les contacts avec la FGEP.

« Bien que le droit à l’auto-détermination n’accorde pas de droit automatique à un état indépendant pour tout peuple qui le souhaite, le droit d’espérer et de rechercher un état indépendant par des moyens non violents et légaux est protégé par les lois internationales concernant les droits humains, a-t-elle déclaré. La persécution de ces opinions exprimées librement ne soutient aucun but pratique et peut seulement conduire à une augmentation du ressentiment et de l’instabilité, comme il semblerait qu’on le constate dans le Togoland occidental aujourd’hui. »

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