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OLIVER TAMBO : DE L’EXIL À L’EXALTATION

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PERSONNEL D’ADF  

Le monde reconnaît Nelson Mandela comme le père de l’Afrique du Sud d’après l’apartheid, mais il a toujours admis qu’il avait eu de l’aide. L’un de ses partenaires clés était Oliver Tambo.

Pendant près de trente ans, les deux hommes ont conduit la lutte contre l’apartheid dans des lieux différents : Nelson dans une cellule de prison et Oliver en exil. M. Mandela décrit M. Tambo ainsi : « mon partenaire, mon camarade, mon ami et mon collègue ».

M. Tambo est né en 1917 dans une famille paysanne. Élève assidu, il suit les classes des écoles de mission et gagne une bourse pour l’université de Fort Hare, qui était devenue un centre d’activisme politique. M. Mandela, qui était aussi allé à cette école, a déclaré : « Pour les jeunes Sudafricains noirs comme moi, c’était Oxford et Cambridge, Harvard et Yale, tout à la fois ».

M. Tambo devient activiste, en conduisant une manifestation après l’attaque d’une femme noire employée de réfectoire par un étudiant blanc qui n’a pas été puni. Il conduit une autre protestation pour les restrictions injustes imposées à l’utilisation d’un court de tennis du campus. En 1944, Oliver Tambo, Nelson Mandela et d’autres forment la ligue des jeunes du Congrès national africain (ANC), visant à persuader l’organisation-mère de devenir plus agressive pour mettre fin au régime de la minorité blanche.

La ligue des jeunes obtient des résultats. En 1952, un an après la création du premier cabinet d’avocats noir d’Afrique du Sud par Messieurs Mandela et Tambo, l’ANC adopte un plan de la ligue qui prévoit des actions civiques, y compris les grèves, les boycotts, les protestations et le défi des lois de l’apartheid. Quatre ans plus tard, Messieurs Tambo et Mandela sont accusés de trahison mais ils sont déclarés non coupables.

Tout change en 1960 lorsque la police tue 69 manifestants et en blessent 181 dans ce que l’on a appelé le massacre de Sharpeville. C’est le tournant majeur pour M. Tambo et les autres, qui décident que les manifestations non violentes sont « futiles ». L’ANC est prohibé quelques jours plus tard et ses leaders deviennent des ennemis de l‘état. Ils forment un groupe militaire appelé Umkhonto we Sizwe, ou fer de lance de la nation.

À ce moment-là, M. Tambo est envoyé à l’étranger pour obtenir un soutien pour le mouvement clandestin. Son travail consiste à parler de la laideur de l’apartheid au reste du monde. Il a pour tâche d’obtenir des armes, d’organiser des sanctions internationales et de créer une armée dans les pays voisins d’Afrique du Sud. Il restera en exil pendant plus de 30 ans.

En 1962, M. Mandela est arrêté à la suite d’attaques contre des édifices du gouvernement et il est condamné à la prison à vie. Un an plus tard, l’Union soviétique accepte d’aider à fournir des armes à la rébellion. En 1967, M. Tambo est nommé en exil président de l’ANC.

Selon un rapport ultérieur du New York Times, à partir de 1981, « les attaques des postes de police, des bureaux d’enregistrement des passages et des raffineries de pétrole se produisaient en moyenne une fois toutes les 53 heures ». M. Tambo exhorte les Sudafricains noirs à rendre leurs communes « ingouvernables ».

Mais même dans la guerre, M. Tambo exige l’honneur. Il engage ses soldats et l’ANC à suive la Convention de Genève et ses règles concernant les droits humains. Il lutte contre l’inégalité basée sur le sexe.

À cause de leur position isolée en tant que leaders de la révolution, Messieurs Mandela et Tambo doivent compter fortement sur le système de consensus africain indigène pour la prise de décision. Ils demandent à leurs adhérents de penser de façon indépendante et, lorsque les décisions sont prises, elles incluent en général certaines des opinions de tous les participants.

M. Tambo est victime de deux attaques cérébrales pendant son exil, et lorsqu’il rentre dans son pays natal vers la fin 1990, c’est un homme fragile. L’année suivante, M. Mandela le remplace à la présidence de l’ANC. M. Tambo est décédé en 1993 à l’âge de 75 ans.

Son héritage inclut l’aéroport le plus actif de l’Afrique, O.R. Tambo International, qui accommode annuellement 19 millions de passagers. Mais son meilleur hommage est peut-être la vision qu’il a eu toute sa vie pour l’Afrique du Sud. Il a déclaré qu’une Afrique du Sud libre accueillerait tous ses citoyens, noirs et blanc : « l’Afrique du Sud appartient à tous ceux qui y vivent. »

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