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    Terres, Fleuves, Lacs Et Mer

    Les Forces D’opérations Spéciales Navales D’élite Combattent Une Série De Menaces
    ADFBy ADF25 septembre 2026Updated:28 septembre 202612 Mins Read
    Les forces de l’escadron des bateaux spéciaux du Ghana se préparent à aborder un navire au large des côtes de Takoradi (Ghana) en mai 2024 dans le cadre de l’exercice Obangame Express. PREMIER MAÎTRE JOHN PEARL/MARINE DES ÉTATS-UNIS
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    Le Ghana est depuis des années un phare de paix et de stabilité sur le littoral d’Afrique de l’Ouest, mais son panorama de sécurité a évolué pour englober toute une série de menaces diversifiées.

    L’expansion des groupes terroristes sahéliens résolus à atteindre la côte menace le Nord du pays. Sur la frontière Est avec le Togo, un mouvement sécessionniste a suscité des sentiments anti-gouvernementaux. En mer, la piraterie représente une menace maritime agressive et non conventionnelle qui exige une réponse spécialisée.

    L’escadron des bateaux spéciaux de la Marine ghanéenne confronte toutes ces menaces, et d’autres aussi. Alors que le spectre de la piraterie planait sur le golfe de Guinée entre 2009 environ et 2015, les responsables ont réalisé que les forces conventionnelles ne seraient pas suffisantes, déclare le commandant Seth Dzakpasu, chef de l’escadron.

    « À l’époque, la Marine ghanéenne était très familiarisée avec les menaces conventionnelles en mer, dit-il à ADF. Et la piraterie n’était pas une de ces menaces conventionnelles. »

    C’est alors que le Ghana a rejoint la liste des marines africaines dotées d’escadrons de forces spéciales d’élite, comme le Kenya et le Nigeria. Ces petites unités hautement entraînées conduisent des abordages en opposition et des fouilles de navires, des opérations anti-trafic en mer, sur les lacs et les fleuves, et la réponse aux catastrophes, entre autres.

    Les membres de l’escadron des bateaux spéciaux du Ghana se préparent à monter à bord d’une embarcation d’attaque en caoutchouc pour un entraînement d’opérations spéciales amphibie lors de l’exercice Flintlock à Daboya (Ghana) en mai 2024. SPÉCIALISTE KEVIN BROWN/GARDE NATIONALE DE L’ARMÉE DE TERRE DES ÉTATS-UNIS

    NOUVELLES MENACES, NOUVELLES RÉPONSES

    Plusieurs marines ont démontré leur capacité à affronter les menaces maritimes dans certaines des eaux les plus difficiles de la planète. La Marine nigériane est reconnue comme l’une des plus fortes du continent selon le rapport de Global Firepower 2026. Elle est à la 22ème place dans le monde. Le classement est en grande mesure basé sur ses ressources totales s’élevant à 152, constituées surtout de patrouilleurs hauturiers.

    Toutefois, son service de bateaux rapides (SBS) offre un outil plus rationnalisé. Il cible une matrice de menaces en évolution constante, y compris les trafiquants de haute mer et les terroristes qui naviguent sur le lac Tchad et d’autres voies navigables intérieures.

    Le contre-amiral Dolapo Kolawole (à la retraite), ancien directeur des opérations au quartier général de la Marine nigériane et ancien commandant du SBS, a déclaré à Arise News en février 2026 que le service aide la Marine à gérer les menaces asymétriques et les missions complexes de contre-terrorisme. Formé en 2006, il peut effectuer des « frappes chirurgicales » et détruire les camps terroristes.

    « Il s’inspire du modèle des SEAL de la Marine de guerre des États-Unis, a dit l’amiral Kolawole. Son personnel et ses marins sont formés pour la guerre asymétrique à terre et en mer. Ils peuvent fonctionner dans les deux environnements. »

    Par exemple, le SBS nigérian s’est joint à l’Armée de terre et aux forces civiles dans une opération de suppression et récupération de quatre jours en juin 2021 à Baga, localité stratégique de l’État de Borno sur les rives du lac Tchad.

    L’un des plus grands succès du service s’est produit en mai 2020. Alors que le navire Hailufeng 11 battant pavillon chinois pratiquait le chalut dans les eaux ivoiriennes, 10 pirates l’ont attaqué, ont assailli ses 18 membres d’équipage et éteint le système d’identification automatique. Mais les autorités maritimes de la côte Ouest d’Afrique ont suivi le navire jusqu’à ce qu’il entre dans les eaux nigérianes deux jours plus tard le 16 mai, où un bateau patrouilleur de la Marine attendait.

    L’unité des bateaux spéciaux du Kenya pratique l’évacuation des villageois dans un bateau pendant un exercice de simulation avec de nombreuses victimes. MARINE DES ÉTATS-UNIS

    Le NNS Nguru s’est placé à côté du navire détourné, à environ 140 milles marins au Sud de Lagos. Des commandos SBS l’ont abordé alors qu’il naviguait à 9 nœuds, quand les pirates ont ignoré l’ordre de s’arrêter. Aucun marin ou membre d’équipage n’a été blessé. Les pirates ont été amenés à terre et traduits en justice.

    Sur le continent, les membres de l’unité des bateaux spéciaux (SBU) de la Marine du Kenya participant à la mission de soutien et stabilisation de l’Union africaine en Somalie ont répondu à un appel de détresse lorsque le boutre MSV Fazlerabbi a pris feu au large des côtes de Kismaayo le 29 octobre 2025.

    Ce vaisseau, qui naviguait à destination de Dubaï (Émirats arabes unis), était en feu à environ 5 milles marins au Nord-Est du port, selon les Forces de défense du Kenya. Le personnel de la SBU, travaillant avec des bateaux locaux, a sauvé tous les 16 membres d’équipage.

    Moins d’un mois plus tard, 15 commandos de fusiliers marins de la SBU ont participé à une force multi-agences qui a intercepté un navire à environ 340 milles marins de la côte de Mombasa (Kenya). Les fusiliers marins se sont lancés dans de petites embarcations du patrouilleur KNS Shupavu de la Marine. Ils ont abordé et saisi le bateau automoteur Mashallah qui ne battait aucun pavillon.

    Le bateau illégal, qui était surveillé par les agences internationales de lutte antidrogue, a été escorté au port. Là-bas, les autorités ont saisi 769 sachets de méthamphétamine d’un poids de 1.024 kg et d’une valeur de 63 millions de dollars. Cet effort a été dénommé l’opération Bahari Safi, ou « mers propres » en swahili. C’était la deuxième plus grande saisie de stupéfiants de l’histoire du Kenya.

    Ces petites équipes spécialisées permettent aux forces armées de déployer un personnel qui peut s’adapter aux menaces uniques de leur pays. Malgré leur état de composantes des forces navales, leur domaine n’est pas limité aux menaces maritimes. Par exemple, l’escadron du Ghana a été utilisé pour faire face à un certain nombre d’incidents d’origine terrestre. L’un d’eux est l’extraction minière illégale de petite échelle appelée localement le « galamsey », qui provient d’un terme d’argot signifiant « réunir et vendre ». La pratique fait perdre des revenus et endommage l’environnement.

    Le Ghana, appelé précédemment la « Côte d’or », produit toujours le plus d’or de tous les pays du continent, selon un rapport de novembre 2024 du Wilson Center. Le galamsey fait perdre au pays des revenus de plus de 2,3 milliards de dollars par an. L’extraction minière légale est fortement contrôlée mais les mineurs illégaux de petite échelle utilisent fréquemment le cyanure et le mercure qui contaminent les sources d’eau douce.

    Les marins de l’escadron des bateaux spéciaux de la Marine ghanéenne abordent le GNS Chemle dans le golfe de Guinée au large des côtes de Tema (Ghana) pendant Obangame Express en mars 2021. MAÎTRE 3E CLASSE HANNAH FRY/MARINE DES ÉTATS-UNIS

    Le commandant Dzakpasu déclare que les forces armées ghanéennes ont œuvré pour combattre le galamsey. « L’escadron des bateaux spéciaux est au cœur de cette opération, en particulier à cause de l’illégalité complexe. Typiquement, cela se passe sur les voies fluviales, dans les lieux qui sont isolés, où il n’existe pas d’accès direct par route. L’escadron a alors utilisé ses aptitudes sur les fleuves ou dans l’eau et dans les airs, il s’est déployé par des moyens aériens et il a été efficace pour contrer cela entre 2017 environ et 2021. »

    L’escadron du Ghana a aussi riposté au mouvement sécessionniste du Togoland de l’Ouest en 2020, déclare le commandant Dzakpasu. Les séparatistes veulent former une nouvelle nation avec les frontières de l’ancien mandat du Togoland qui existait sous l’administration britannique. Un incident près d’une base militaire de l’Est a été la cause « de la rébellion [des sécessionnistes], qui ont bloqué des ponts, etc. L’escadron a restauré l’ordre rapidement et efficacement en intervenant dans cette confrontation avec les membres de ce mouvement. »

    De même, les membres de l’escadron ont conduit des opérations de contre-insurrection et de contre-terrorisme préventives dans le Nord du Ghana pour dissuader les terroristes qui sont actifs au Burkina Faso et dans la région du Sahel au sens large.

    UNE FORMATION SPÉCIALISÉE

    L’escadron du Ghana, créé en 2016 avec le soutien du Danemark, des États-Unis et du Nigeria, a remis des diplômes de fin d’étude à son premier groupe d’agents nationalement formés en 2022. Les huit nouveaux membres étaient les seuls d’un groupe de vingt-cinq qui ont complété l’entraînement rigoureux de six mois.

    De 2016 à 2020, le Ghana a envoyé cinq groupes au Nigeria pour leur entraînement. Une fois revenus, les marins ont travaillé au sein de diverses équipes, mais sans unité formelle ni structure de commandement et contrôle. En 2021, le chef d’état-major naval a officiellement créé l’escadron et Seth Dzakpasu a été nommé commandant en mars 2022.

    La capacité de formation dans le pays est une composante cruciale du plan de développement de cinq ans conçu en partenariat avec les États-Unis et le groupe de guerre spécial du Danemark, appelé Corps danois des hommes-grenouilles. Le plan se terminera vers la fin 2026.

    Le « navire dans une boîte » est un outil de 1,2 million de dollars qui aide à entraîner l’escadron. Il a été mis en service en août 2024 avec l’aide du gouvernement danois et de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime. Ce simulateur métallique qui ressemble à un navire permet aux membres de l’escadron et à d’autres de pratiquer les exercices de visite, abordage, fouille et saisie. Il est localisé au commandement de la formation navale de Nutekpor, dans l’Est du Ghana.

    « Au lieu de naviguer sur un bateau chaque fois que vous voulez conduire des opérations d’abordage, nous avons un navire sur la terre où nous pouvons simplement entrer, dégager, établir différents scénarios et nous entraîner à nouveau », déclare le commandant Dzakpasu.

    Dominic Nitiwul, ministre de la Défense à l’époque, a dit que le navire simulé symbolisait un engagement d’excellence, dédié à protéger le golfe de Guinée, et un environnement de formation réaliste pour des types différents de mission, selon un reportage du Ghana Peace Journal d’août 2024.

    « Les menaces que nous affrontons aujourd’hui, notamment la piraterie, le trafic des stupéfiants, la contrebande, la pêche illégale et le terrorisme maritime, exigent que nous équipions notre personnel avec la formation la meilleure possible, en les préparant à tout scénario concevable qu’ils pourraient rencontrer en mer », a déclaré le ministre lors de la cérémonie de mise en service.

    Le service des bateaux spéciaux du Nigeria a été crucial pour entraîner le personnel ghanéen.
    SPÉCIALISTE MARIO HERNANDEZ LOPEZ/ARMÉE DE TERRE DES ÉTATS-UNIS

    Il a ajouté que les installations seront utiles aux alliés et aux pays partenaires, en encourageant la coopération et aidant les forces maritimes pour qu’elles œuvrent ensemble sans encombre. Le Nigeria a aussi un simulateur du type « navire dans une boîte » au Centre conjoint de formation sur la sécurité maritime à Lagos.

    Le Nigeria a créé son propre commandement des opérations spéciales sur la Bénoué en 2025. Il intègre le SBS et l’unité de sécurité maritime du projet « Deep Blue ».

    La formation SBS est bien connue pour être difficile ; elle inclut des tests d’endurance, de privation physique et de nage sur de longues distances. Les cours spécialisés se concentrent sur la démolition sous-marine, la plongée de combat, le parachutage, la formation de survie, les combats rapprochés, la manutention des armes et la collecte et l’analyse du renseignement. La formation atteint son point culminant durant la « semaine infernale », dans laquelle les candidats sont poussés jusqu’à leur limite physique et mentale.

    En août 2025, le SBS nigérian a diplômé 33 candidats, soit moins de la moitié de ceux qui avaient commencé le programme de 36 semaines du cours des capacités de base des opérateurs. Le capitaine Andrew Zidon, commandant du SBS, déclare que les candidats « ont tiré des milliers de cartouches et de munitions pyrotechniques, brûlé des milliers de litres d’essence, d’huile et de lubrifiant, nagé en mer sur des kilomètres et effectué d’innombrables heures d’entraînement de haute intensité. »

    La formation est conçue pour aider le service à gagner, avant même d’être introduit sur le champ de bataille. « Ils ont démontré l’aptitude physique, la ténacité mentale, la préparation psychologique et la résistance émotionnelle requises pour exécuter les tâches qui leur seront affectées par la Marine nigériane », a déclaré le capitaine Zidon au journal nigérian This Day.

    Le commandant Dzakpasu déclare qu’il anticipe que l’escadron du Ghana partagera encore plus son expertise avec les voisins africains et les pays partenaires, essentiellement de la façon dont le Danemark, les États-Unis et le Nigeria l’ont aidé à s’entraîner.

    « Nous suivons déjà ce chemin, dit-il. Avec le Nigeria, des plans sont bien avancés pour conduire davantage de programmes de formation sous forme d’échanges bilatéraux avec le Sénégal, la Côte d’Ivoire et d’autres nations. Nous avons partagé notre expertise lors d’un événement de formation sous les auspices du Commandement des opérations spéciales des États-Unis pour l’Afrique, l’exercice Flintlock. Pendant l’exercice Flintlock, nous nous rencontrons et nous nous entraînons ; nous arrivons à mieux nous connaître. »

    Grâce à son partenariat avec le Danemark et les États-Unis, le Ghana invite depuis trois ans des chefs de rang intermédiaire du Bénin, de Côte d’Ivoire, du Kenya et du Sénégal à participer à une orientation des opérations spéciales et un cours pour les planificateurs des opérations, déclare le commandant Dzakpasu. « Nous avons lancé ce partenariat, et je pense qu’il se développera avec une plus grande participation pendant les années à venir. »  

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