communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) projette d’activer une brigade de contre-terrorisme à déploiement rapide de 260.000 soldats pour aider à lutter contre le terrorisme dans la sous-région.
« Cette initiative audacieuse est devenue nécessaire étant donné la dynamique sécuritaire asymétrique dans notre région », a dit Abdel-Fatau Musah, commissaire de la CEDEAO pour les Affaires politiques, la paix et la sécurité. Il s’est exprimé au nom du Dr Omar Touray, président de la Commission, lors de la conférence au sommet inaugurale des chefs d’état-major africains de la Défense à Abuja (Nigeria) en août 2025.
« Nous sommes bien conscients que cela exige des ressources financières et des capacités pour en faire une réalité. La CEDEAO présente donc un défi à relever aux partenaires bilatéraux et multilatéraux afin de contribuer à cet effort régional courageux », a dit le Dr Musah.
L’effort proposé de 2,5 milliards de dollars par an fournirait un soutien logistique et financier aux états de première ligne et s’ajouterait à la force en attente de l’Union africaine, selon le journal nigérian Vanguard.
La CEDEAO continuerait son engagement visant à obtenir sa brigade de 5.000 soldats sous l’égide de l’architecture de paix et de sécurité de l’Union africaine, selon un éditorial publié dans le journal nigérian The Nation.
Le Sahel est considéré comme l’épicentre du terrorisme, responsable pour plus de la moitié de tous les décès liés au terrorisme dans le monde, selon l’indice global du terrorisme. Ce dernier a signalé que le nombre de décès liés au terrorisme dans la région a décuplé depuis 2019.
Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) affilié à Al-Qaïda et l’État islamique dans le Grand Sahara (EIGS) sont deux groupes terroristes qui se sont graduellement propagés vers le Sud et l’Ouest. Héni Nsaibia, analyste principal pour l’Afrique de l’Ouest au projet ACLED (Armed Conflict Location and Event Data), remarque qu’ils prennent pour cible les régions frontalières entre le Bénin, le Niger et le Nigeria, où les forces de sécurité sont débordées et les civils sont de plus en plus exposés à la violence.
« Les investissements du GSIM et de l’EIGS dans les activités transfrontalières suggèrent que cette région de frontières a une importance croissante pour l’expansion djihadiste, écrit-il. Les groupes ont exploité les frontières poreuses pour enraciner leur présence et se rapprocher de leurs objectifs visant à établir des proto-états, mais aussi afin de compliquer les efforts militaires pour contenir leurs aires d’opération. »
