Africa Defense Forum

L’Ouganda et la RDC font équipe pour éliminer un groupe de rebelles

Reading Time: 3 minutes

PERSONNEL D’ADF

Depuis plusieurs années, l’Ouganda offre d’aider son voisin de la RDC (République démocratique du Congo) à lutter contre une bande sanguinaire de militants islamistes basée dans sa région rétive du Nord-Est.

Ce groupe, appelé les Forces démocratiques alliées, terrorise les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri en RDC depuis des décennies, mais il a récemment tourné son attention vers l’Ouganda avec une série d’attentats à la bombe.

Dans l’attaque la plus effrontée commise en Ouganda, trois kamikazes ont déclenché de fortes explosions au centre-ville de Kampala le 16 novembre, en assassinant au moins quatre personnes et blessant des douzaines.

Mais les ondes de choc de cette attaque pourraient conduire à l’élimination des Forces démocratiques alliées parce qu’elle a incité la Force de défense du peuple ougandais (UPDF) et les Forces armées de la RDC (FARDC) à collaborer.

Vincent Bamulangaki, ministre ougandais de la Défense, a déclaré au journal The East African : « Lorsque la maison du voisin est en feu, vous devez vous précipiter pour porter assistance. Nous sommes venus ici parce que nous nous réunissons comme des frères qui partagent le même avenir. »

Les Forces démocratiques alliées ont été créées en Ouganda dans les années 90 et on estimait qu’elles constituaient une série de factions rebelles et de seigneurs de la guerre sans idéologie particulière. En 2007, l’UPDF a forcé le groupe à fuir l’Ouganda et à venir en RDC, où depuis lors il a assassiné des milliers de civils.

Après onze années de calme relatif le long de sa frontière occidentale, l’Ouganda s’est retrouvé ciblé par les Forces démocratiques alliées au début juin 2021 avec le soutien des terroristes liés à l’État islamique.

Dix jours après les attentats de Kampala, des rapports indiquent que le président congolais Félix Tshisekedi a donné permission au président ougandais Yoweri Museveni d’envoyer des soldats.

À partir du 30 novembre, une série de frappes aériennes et d’artillerie contre des bases rebelles soupçonnées dans les forêts de l’Est de la RDC ont précédé des opérations terrestres de « recherche et contrôle ».

Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement de la RDC, a déclaré que les chefs de l’UPDF et des FARDC avaient échangé des renseignements plusieurs mois avant que les attentats n’incitent les deux forces à collaborer.

« Nous autres et l’Ouganda avons l’obligation d’agir ensemble », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse le 1er décembre, après que la frontière ait été franchie par au moins 1.700 soldats ougandais et des douzaines de véhicules blindés.

L’UPDF déclare que le progrès de la mission sera évalué au bout de deux mois.

« La durée de cette opération sera déterminée par l’état final militaire/stratégique… pour vaincre les rebelles et éliminer leur désir de lutter », a déclaré le major-général Kayanja Muhanga dans une vidéo sur Twitter.

Le terrain montagneux et les routes infranchissables ont présenté immédiatement un défi pour que les forces terrestres et les véhicules atteignent les camps distants des militants. Cela a forcé l’effort commun, appelé opération Shujaa (héro en swahili), à faire une pause pendant une semaine, selon le major Peter Mugisa, officier des renseignements de l’UPDF.

Mais il déclare que l’UPDF a toujours pu établir une base opérationnelle avancée à Mukakati, dans le Nord-Kivu, à environ dix-neuf kilomètres des repaires des militants.

« Nous allons introduire des niveleuses pour ouvrir les routes, mais la force de patrouille de lutte combinée a commencé à avancer depuis Mukakati vers les camps que nous connaissons », a déclaré le major Mugisa aux journalistes le 3 décembre.

Le général de brigade Flavia Byekwaso, porte-parole de l’UPDF, a reconnu le 7 décembre que les armées des deux pays n’avaient pas atteint les camps rebelles, ce qui rend presque impossible de vérifier l’efficacité des frappes aériennes et d’artillerie.

« Nous n’avons toujours rien documenté », a-t-elle dit au magazine The Africa Report.

Le 13 décembre, le général Byekwaso et son homologue des FARDC ont fait une déclaration conjointe qui indiquait un changement de stratégie.

De concert avec des réunions conjointes régulières pour expliquer l’opération militaire au public et fournir des mises à jour de façon transparente, les deux militaires ont annoncé un programme pour gagner l’appui des civils, y compris le nivelage et le revêtement de centaines de kilomètres de route dans l’Est de la RDC.

« Afin d’obtenir la loyauté de la population et de contrer la propagande dangereuse des [Forces démocratiques alliées] et de leurs alliés, les FARDC et l’UPDF ont lancé une vaste campagne de sensibilisation et exécutent des actions civilo-militaires qui donnent déjà des résultats », selon leur déclaration.

Alors que les deux armées promettent de coordonner leurs attaques et leurs communications, la déclaration conjointe a aussi voulu fournir des assurances que l’opération désormais formelle respectera le droit international et les droits humains, en affirmant que les forces conjointes cibleront uniquement les camps des groupes terroristes.

Plus tard ce même jour, lors d’une allocution sur l’état du pays, M. Tshisekedi a fait écho à ces assurances et résumé ainsi la mission :

« Afin de le combattre plus efficacement, nos deux pays ont récemment convenu d’œuvrer ensemble pour effectuer des opérations conjointes contre cet ennemi commun. Je m’assurerai que la présence de l’armée ougandaise sur notre territoire se limité à la durée strictement nécessaire pour conduire ces opérations. »

Leave A Reply

Your email address will not be published.