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Bai Bureh, le guerrier de la Sierra Leone

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PERSONNEL D’ADF

Bai Bureh avait une fois acquis le surnom Kebalai, ce qui signifie « celui qui ne se fatigue jamais de la guerre ». En 1898, il a affronté l’une des armées les mieux formées et disciplinées du monde. Armé avec à peine plus que son camouflage, sa ruse et son audace, il a été capable de lutter jusqu’à une situation d’impasse pendant près d’un an.

Aujourd’hui, il est connu comme l’un des plus grands héros de la Sierra Leone.

Bai Bureh est né en 1840 dans un village du Nord de la Sierra Leone. Lorsqu’il était jeune homme, son père l’envoya suivre une formation pour devenir guerrier. Il devint un soldat infatigable, au point qu’il fut nommé chef de son village lorsqu’il rentra chez lui.

Son ambition était au niveau de sa férocité et il commença à lutter contre les villages et les chefs voisins, avec sa vision d’une région qui serait à la fois musulmane et traditionnelle, au lieu de se plier à la volonté des colonialistes britanniques. Son influence augmenta et à l’âge de 46 ans il devint le chef de la province du Nord de la nation.

À l’époque, Freetown, plaque tournante portuaire de la Sierra Leone, était la capitale de l’Afrique occidentale britannique. Bai Bureh n’était pas impressionné par les Britanniques et refusa de coopérer avec eux. Son insubordination inclut un raid sur les troupes britanniques en Guinée française et son refus d’accepter un traité qu’il n’avait pas signé. Le dernier affront survint en 1893 lorsque les Britanniques imposèrent une « taxe sur les huttes », qui força les habitants à payer pour le droit de vivre sur leurs propres terres. Ceux qui ne pouvaient pas la payer étaient réduits essentiellement à l’esclavage comme travailleurs manuels.

Bai Bureh refusa de reconnaître la taxe sur les huttes et pensa que les Britanniques devraient partir du pays. Finalement, le gouverneur britannique offrit une récompense de 100 livres pour sa capture. Il répondit en offrant outrageusement une récompense de 500 livres pour la capture du gouverneur.

En 1898, Bai Bureh déclara la guerre contre les Britanniques. De prime abord, cela semblait un acte suicidaire. Les troupes britanniques étaient une force mondiale hautement entraînée et bien équipée ; les soldats de Bai Bureh avaient reçu peu d’entraînement formel et étaient armés seulement d’épées, de lances, de frondes et de mousquets obsolètes.

Luttant contre les envahisseurs dans sa terre natale, Bai Bureh fit obstacle aux Britanniques avec sa guerre de guérilla. Il connaissait la valeur des tactiques militaires telles que la coupure des lignes d’approvisionnement. Malgré la sauvagerie des batailles, il fit tout son possible pour protéger les civils et les missionnaires, même britanniques, qui étaient coincés dans les zones de guerre.

Ses forces repoussèrent l’ennemi pendant la majeure partie de 1898 jusqu’à ce que les forces britanniques adoptent une politique de terre brûlée en mettant le feu à des villages entiers et des pâturages pour affamer les troupes ennemies.

Bai Bureh se rendit le 11 novembre mais il avait gagné le respect de ses ennemis pour ses aptitudes de combattant et sa compassion envers les civils. Les Britanniques pendirent près de 100 de ses combattants mais ils épargnèrent sa vie et l’envoyèrent à Freetown, où il fut considéré comme un héros et une célébrité par ses concitoyens. Les Britanniques le transportèrent dans ce qui est aujourd’hui le Ghana où il vécut pendant sept ans, et lui permirent de rentrer dans son village natal en 1905. Le chef guerrier mourut trois ans plus tard à l’âge de 68 ans.

La Sierra Leone est devenue un état indépendant en 1961. Les historiens du pays vous diront que la lutte pour l’indépendance a commencé avec la rébellion de Bai Bureh.

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