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    Home»Actualités du Jour»Le Nigeria arrête un suspect mexicain lié au trafic de méthamphétamine
    Actualités du Jour

    Le Nigeria arrête un suspect mexicain lié au trafic de méthamphétamine

    Les autorités ont découvert quatre laboratoires de taille industrielle depuis le mois de mai
    ADFBy ADF6 octobre 20265 Mins Read
    Des membres de l’Agence nationale nigériane de lutte contre la drogue démantèlent un laboratoire de méthamphétamine. AGENCE NATIONALE DE LUTTE CONTRE LA DROGUE
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    Une série d’arrestations récentes met en lumière la tendance des cartels mexicains à fabriquer de la méthamphétamine au Nigeria et dans d’autres régions. Selon les analystes, les cartels de Sinaloa et de Jalisco Nouvelle Génération (CJNG) envoient leurs propres chimistes produire de la méthamphétamine. Ils sont également accusés de financer des terroristes, des groupes armés et des organisations criminelles qui les aident à produire et à distribuer la drogue, selon un modèle commercial de type franchise.

    Le 19 août, les autorités nigérianes ont arrêté Arturo Carrera Loaiza, un Mexicain de 40 ans, à l’aéroport international Murtala-Muhammed de Lagos alors qu’il tentait de quitter le pays. Les autorités ont déclaré avoir trouvé des images numériques de matériel compatible avec la production de méthamphétamine, et M. Loaiza portait ce qui semblait être une blouse de laboratoire. Les données de géolocalisation des images ont conduit les policiers à une propriété dans l’État d’Ebonyi, où ils ont trouvé des précurseurs chimiques et un équipement de fabrication de drogue, selon le reportage de la BBC.

    Le général Mohamed Buba Marwa, président de l’Agence nationale nigériane de lutte contre la drogue (NDLEA), a déclaré que la poursuite de l’enquête avait conduit les agents à une maison isolée située à proximité ; ils y ont découvert des précurseurs chimiques, du matériel de fabrication de drogue et un tamis contenant des traces de méthamphétamine. Les autorités soupçonnent M. Loaiza d’avoir fait venir un compatriote mexicain pour travailler dans un autre laboratoire présumé de méthamphétamine, situé dans une forêt de l’État d’Oyo.

    « Cette avancée fait suite à des mois d’enquête minutieuse sur un vaste réseau criminel responsable d’une série de laboratoires de drogue clandestins découverts dans différentes régions du pays cette année », a déclaré le général Marwa à l’Associated Press.

    Le 24 septembre, la NDLEA a arrêté deux Nigérians accusés d’exploiter un laboratoire de méthamphétamine dans l’État d’Enugu. Les suspects auraient géré l’installation en collaboration avec un membre d’un cartel de drogue mexicain ayant depuis quitté le Nigeria. Il s’agit de la quatrième opération majeure de démantèlement d’un laboratoire de méthamphétamine impliquant des ressortissants mexicains dans le pays depuis le mois de mai.

    Rafaella Liptschitz, spécialiste des réseaux criminels au New Lines Institute, a déclaré au journal en ligne The U.S. Sun que les cartels mexicains adaptent leurs modèles économiques et gagnent en résilience à mesure qu’ils se développent.

    « Lorsque la pression des autorités s’intensifie dans une zone donnée, ces groupes diversifient leur production et répartissent leurs activités, de sorte qu’un démantèlement dans un pays donné n’entrave que très peu le trafic dans son ensemble, a-t-elle expliqué. Cette adaptation constante, qu’il s’agisse des chaînes d’approvisionnement, des méthodes de trafic ou des lieux de production, rend leur suivi extrêmement difficile. »

    Depuis juillet 2024, date à laquelle les autorités ont saisi un laboratoire et de la drogue d’une valeur de près de 125,4 millions de dollars dans une ferme de la province du Limpopo, les autorités sud-africaines ont démantelé au moins cinq laboratoires de méthamphétamine impliquant des membres présumés des cartels de drogue mexicains. À la fin août, cinq personnes, dont deux Mexicains, ont été arrêtées dans un autre laboratoire de méthamphétamine situé dans une ferme du Limpopo. Les autorités y ont saisi de la drogue et du matériel d’une valeur de 37,5 millions de dollars.

    « Plutôt que d’y transférer leurs dirigeants, les cartels transmettent leur savoir-faire en matière de production à des groupes locaux », a déclaré Mme Liptschitz au journal The U.S. Sun. « Cela met en place une structure à faible risque et à forte rentabilité, permettant aux cartels mexicains de s’intégrer à des réseaux criminels établis sans avoir à gérer directement l’opération. Ainsi, le démantèlement d’un laboratoire ou une arrestation n’affecte que très peu l’organisation. Ce phénomène n’est pas nouveau, mais il prend de l’ampleur à l’étranger. »

    Willem Els, expert en lutte antiterroriste à l’Institut d’études de sécurité, déclare à ADF qu’il pense que les cartels mexicains tirent parti de la porosité des frontières sud-africaines et corrompent les forces de l’ordre, les juges et les responsables politiques pour obtenir une protection.

    « Lorsqu’ils rencontrent des problèmes, ils disposent de moyens financiers considérables, explique M. Els. Ils continuent de se tirer d’affaire grâce aux pots-de-vin et peuvent ainsi poursuivre leurs activités. »

    Julian Rademeyer de la GI-TOC (Global Initiative Against Transnational Organized Crime) a déclaré à l’émission de radio 702 Drive de Johannesbourg que le cartel de Sinaloa s’est implanté dans au moins 50 pays.

    Le 24 septembre, les autorités kényanes ont détruit plus d’une tonne de méthamphétamine, d’une valeur estimée à 63 millions de dollars, saisie environ un an plus tôt au large des côtes de Mombasa. En 2024, un laboratoire de méthamphétamine a été découvert en zone rurale près de Namanga, une localité située à la frontière avec la Tanzanie. Parmi les personnes arrêtées figuraient trois Kényans, deux Nigérians et un membre présumé du CJNG.

    En avril, les autorités mozambicaines ont arrêté un ressortissant local et deux Mexicains identifiés comme membres du cartel de Sinaloa lors d’une opération de lutte contre le trafic de drogue à l’aéroport international de Maputo. Les membres du cartel « avaient l’intention de s’implanter sur le territoire national », a indiqué le Service national d’enquête criminelle dans un communiqué.

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