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    Home»Actualités du Jour»Les groupes terroristes du Sahel menacent de plus en plus les zones urbaines
    Actualités du Jour

    Les groupes terroristes du Sahel menacent de plus en plus les zones urbaines

    L’EIGS et le GSIM lancent des attaques de plus en plus complexes alors qu’ils cherchent à mieux contrôler la région
    ADFBy ADF21 juillet 20265 Mins Read
    Combattant du Front de libération de l’Azawad près d’un hélicoptère endommagé dans un ancien camp de mercenaires russes à Kidal (Mali). AFP/GETTY IMAGES
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    Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), organisation terroriste affiliée à Al-Qaïda, a attaqué le 18 juin l’aéroport international Diori-Hamani de Niamey, capitale du Niger, en tuant onze soldats et deux civils.

    Les témoins signalent que la bataille avec les forces de sécurité s’est accompagnée d’une fusillade et d’explosions. Les autorités déclarent avoir tué 22 terroristes.

    L’aéroport est un centre stratégique qui accueille des bases militaires, le quartier général de la Force unifiée de l’AES (Burkina Faso, Mali et Niger) et un entrepôt d’uranium. L’État islamique dans le Grand Sahara (EIGS), groupe rival du GSIM, a attaqué une base militaire près de l’aéroport à la fin janvier. Les autorités déclarent avoir tué 20 terroristes et arrêté 20 de plus. L’attaque a blessé quatre soldats et endommagé un aéronef.

    Les attaques au Niger et d’autres assauts récents contre les centres urbains du Sahel démontrent la capacité des deux groupes pour lancer des opérations complexes au-delà des zones rurales et défavorisées qu’elles terrorisent habituellement. On sait que les deux groupes attaquent les civils, les forces des états et les mercenaires russes de l’Africa Corps. Ils se battent aussi l’un contre l’autre.

    Le GSIM est considéré comme le groupe terroriste prédominant au Sahel. L’an dernier, il a commencé à assiéger Bamako, capitale du Mali, en bloquant les routes principales et attaquant les convois de carburant, ce qui a provoqué des pénuries importantes de carburant et des coupures d’électricité. Les experts déclarent que la stratégie équivaut à une guerre économique conçue pour perturber la vie dans la capitale et saper la confiance dans la junte au pouvoir.

    En avril, le GSIM et le Front de libération de l’Azawad (FLA), un groupe rebelle, ont lancé des attaques coordonnées contre plusieurs villes et localités maliennes, notamment Bamako, Gao qui a été partiellement occupée et Kidal qui a été saisie par les groupes.

    L’analyste Daniel Eizenga écrit pour le Centre d’études stratégiques de l’Afrique : « En ciblant les routes commerciales principales et les camions de carburant, la coalition du GSIM cherche à couper les cordes de sécurité de Bamako tout en exerçant simultanément son contrôle sur les centres de population et les régions adjacentes à la capitale. Sans carburant, produits de base et autres biens, les ménages et les entreprises des régions les plus peuplées du pays affronteront des difficultés croissantes. Ceci duplique la stratégie similaire d’encerclement observée au Burkina Faso. »

    Le GSIM et le FLA ont suivi les attaques d’avril avec un assaut en début juillet qui a pris pour cible plusieurs postes militaires et pro-gouvernementaux dans les localités septentrionales d’Anefis, Aguelhoc et Gao, Sévaré dans la région centrale du Mali, et Kéniéroba au Sud de Bamako.

    Daniele Garofalo, expert du terrorisme et de la contre-insurrection au Sahel, pense que ces attaques récentes indiquent que les stratégies du GSIM sur le champ de bataille évoluent.

    Il déclare à ADF dans un e-mail : « L’organisation, auparavant un mouvement d’insurgés principalement rural, évolue en acteur armé hybride, capable d’intégrer la guerre de guérilla, les assauts coordonnés de grande échelle, les opérations axées sur les drones, les communications stratégiques, la gouvernance locale et l’influence cognitive en approche opérationnelle cohérente. »

    L’analyste Wassim Nasr écrit pour le Soufan Center que l’EIGS améliore aussi ses tactiques militaires par des moyens asymétriques. En février 2026, le groupe a conduit une attaque suicide par voiture piégée contre les forces maliennes et russes à Ménaka (Mali), L’EIGS et le GSIM s’étaient disputés le contrôle de la région de Ménaka avant que le GSIM n’abandonne cet effort en 2023.

    L’EIGS a attaqué Ménaka dans le sillage des assauts conduits par le GSIM et le FLA en avril, L’EIGS contrôle désormais la majorité du territoire de Ménaka à la frontière du Niger, où le groupe a enlevé des voyageurs étrangers, des mineurs et des chauffeurs de camion.

    À cause de la hausse du nombre d’attaques par l’EIGS et le GSIM, la région de Tillabéri dans l’Ouest du Niger est devenue l’an dernier la zone la plus létale du centre du Sahel pour les civils. Selon le projet ACLED (Armed Conflict Location and Event Data), plus de 1.200 décès dus à la violence ont été enregistrés l’an dernier à Tillabéri, sur un total de 1.939 pour le Niger. L’EIGS est responsable du plus grand nombre de décès civils dans ses attaques.

    Les combats entre l’EIGS et le GSIM sont sporadiques depuis 2019.

    Le Dr Nasr déclare à l’Associated Press : « Le Niger est un territoire où ils se font concurrence tous les deux. Si le GSIM perd sa prédominance au Niger face à l’État islamique, cela mettra en danger sa prédominance au Mali et au Burkina Faso. … Vous avez un espace ouvert comme au Far West, où chacun cherche à marquer son territoire. »

    Au début avril, l’EIGS a attaqué une position du GSIM dans la région de Tillabéri. L’EIGS déclare qu’il a tué 35 agents du GSIM, en guise de représailles pour une attaque du GSIM. Héni Nsaibia, analyste senior d’ACLED pour l’Afrique de l’Ouest, déclare que la violence entre les deux groupes souligne le manque de contrôle des états dans une grande partie du Sahel.

    « Il est probable que cette concurrence continuera à alimenter le recrutement, l’expansion et la violence, en rendant l’insurrection djihadiste de plus en plus difficile à maîtriser », dit-il à Reuters.

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