La Marine de guerre nigériane a mis en service trois nouveaux navires le 1er juin lors du 70ème anniversaire de la Revue de la flotte internationale, et s’est engagée à bâtir une force mieux axée sur la technologie avec notamment des systèmes de surveillance avancés, des drones et l’intelligence artificielle dans ses opérations de renseignement et de réponse rapide.
L’IA peut améliorer les processus de prise de décision de la marine, par exemple en prédisant la façon de naviguer la plus économe en carburant. Elle peut être incluse dans le système de navigation, les opérations radar ou les systèmes de détection des menaces d’un navire pour aider les opérateurs à traiter les informations plus rapidement. Les drones aériens et les drones de surface navals peuvent fortement améliorer la capacité de surveillance des forces armées.
« Alors que nous contemplons la prochaine décennie sous l’égide du vice-amiral et chef d’état-major Idi Abbas, la Marine nigériane reconnaît que l’évolution des défis de sécurité maritimes exige des stratégies innovantes qui dépassent les structures traditionnelles », a déclaré le contre-amiral Akinola Olodude dans un reportage de la chaîne d’information TVC News Nigeria. Il a ajouté que la Marine avait aussi enregistré récemment des gains dans le secteur de la construction navale.
Les trois nouveaux navires patrouilleurs grande vitesse ont été acquis pour prévenir les menaces maritimes, patrouiller la zone économique exclusive du pays, contrer la piraterie et combattre le vol du pétrole dans le golfe de Guinée. Chaque navire a une longueur de 46 m et possède des stations de canons navals télécommandées et manuelles, des mitrailleuses lourdes et des plateformes de traque automatisées, selon le reportage du magazine Military Africa.

En janvier dernier, la Marine a intégré des drones turcs AYBARS-2 dans sa flotte pour améliorer la surveillance. Ces drones à voilure fixe peuvent décoller et atterrir verticalement et leurs caméras fonctionnent de jour et de nuit. Ils sont considérés durables et pratiques pour surveiller les zones sujettes aux vols et aux transbordements illégaux de pétrole, en particulier pendant la nuit, selon le magazine.
En janvier 2024, le Nigeria a commencé à déployer deux types de drones de surface navals (USV) fabriqués par les États-Unis, le S-3 SwiftSea Stalker et le S-2 SwiftSea Stalker. Les opérateurs peuvent contrôler ces drones navals depuis la terre ou les piloter de façon semi-autonome en utilisant un parcours programmé et une suite de capteurs pour la navigation. Les défenseurs disent qu’ils peuvent faire économiser à la marine du temps et de l’argent, et peuvent sauver des vies en plaçant les marins hors de danger pendant les missions longues et périlleuses.
Le lancement de la nouvelle Force maritime combinée (CMTF) soutenue par la Côte d’Ivoire, la Gambie, le Ghana, le Liberia et la Sierra Leone a aussi été annoncé lors de la revue de la flotte. La CMTF, dont le quartier général sera situé à Lagos, couvre 26 pays avec un littoral combiné de plus de 6.000 km, allant de l’Angola au Sénégal. La région est le point sensible mondial de la pêche illégale et affronte toute une série d’autres menaces contre la sécurité, notamment le vol du pétrole, le vol à main armée, les enlèvements, le crime organisé transnational, le terrorisme et la piraterie.
On anticipe que la force de réponse rapide conduira des missions de collecte de renseignement, d’interdiction, de patrouille maritime, de surveillance, de recherche et sauvetage et autres opérations liées à la sécurité maritime.
« Cette force opérationnelle appuiera l’architecture [de Yaoundé] et comblera une lacune importante avec ses capacités rapides, cinétiques et de surveillance 24/7 », a déclaré le commodore Mohammad Shettima, commandant de la CMTF, à ISS Today, l’organe de publication de l’Institut pour les études de sécurité. Le code de conduite de Yaoundé adopté en 2013 aide les marines ouest-africaines à préserver leur sensibilisation situationnelle et combattre les crimes maritimes dans le golfe de Guinée.
On anticipe que la CMTF aura finalement des effectifs de 1.500 personnes. Sa flotte inclura des ressources aériennes et navales, ainsi que des capacités électroniques de surveillance maritime. Selon l’ISS, le Nigeria est le seul pays ayant contribué à la flotte, avec notamment un hélicoptère, deux fourgons, deux pick-ups, trois navires et trois camions militaires.
Pendant la revue de la flotte, le président nigérian Bola Ahmed Tinubu a déclaré que la Marine et son service des bateaux spéciaux, unité des forces spéciales maritimes, ont amélioré la sécurité et la production de pétrole, et augmenté les revenus de la nation.
M. Tinubu a déclaré dans un reportage du magazine Military Africa : « Au-delà du domaine maritime, je félicite aussi la Marine nigériane pour ses contributions au contre-terrorisme et aux opérations anti-insurrectionnelles dans le pays. Le courage et le professionnalisme démontrés par le service des bateaux spéciaux dans l’exécution des missions complexes sont vraiment admirables. »
La Marine a aussi aidé à réduire le nombre d’attaques de piraterie. Entre janvier et septembre 2025, 15 incidents de piraterie ont été signalés dans le golfe de Guinée. Toutefois, un seul incident de vol, de faible gravité, a été signalé au premier trimestre 2026, selon la Chambre de commerce internationale.
