Le Nigeria semble prêt d’adopter un nouveau programme de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) qui vise à réhabiliter les ex-combattants et renouer leurs liens avec la société. La structure du nouveau programme a été développée avec un focus sur les victimes, les communautés et les survivants du terrorisme.
Lors d’un atelier à Abuja à la fin novembre, le major-général Adamu Laka, coordinateur national du Centre national de contre-terrorisme (NCTC), a décrit la stratégie proposée pour mettre fin aux cycles répétés de conflit et rebâtir la confiance entre les populations affectées comme « l’un des outils de pacification du Nigeria les plus axés vers le peuple au cours des dernières années », selon un reportage de l’Agence d’actualité du Nigeria (NAN, agence d’État).
La structure actualisée est basée sur des entretiens exhaustifs entre le NCTC et les victimes des enlèvements et de la violence sexuelle, les chefs traditionnels, les groupes de femmes, les organisations de jeunes, les agences de sécurité, les groupes basés dans la communauté, les personnes déplacées par la violence et celles qui ont perdu leurs moyens de subsistance à cause du terrorisme.
Le général Laka a déclaré dans le reportage de la NAN : « Depuis plus de dix ans, de nombreuses communautés vivent dans la peur, la perte et les traumas. Cette structure ne concerne pas seulement la gestion des ex-combattants ; elle concerne la restauration de la dignité des victimes, le soutien aux communautés pour qu’elles récupèrent, et l’offre à ceux qui souhaitent renoncer à la violence d’un chemin structuré pour retourner à la société. »
La protection des victimes, le consentement des communautés et la prise de responsabilité sont des aspects non négociables du programme proposé, a-t-il ajouté.
Mairo Abbas, directeur de la prévention et la lutte contre l’extrémisme violent au NCTC, déclare que la réintégration des ex-terroristes, par exemple ceux qui ont quitté Boko Haram, ne peut pas réussir sans la participation communautaire authentique. Boko haram attaque fréquemment les forces de sécurité et les civils et enlève les gens contre rançon.
M. Abbas déclare dans le reportage de la NAN : « Les communautés nous ont dit ce qu’elles veulent : la sécurité, la justice et un processus qui protège les victimes tout en donnant aux personnes qui se repentent une vraie chance de repartir sur de nouvelles bases. Cette structure reflète leur voix. La cicatrisation sociale est aussi importante que la sécurité. La réintégration doit protéger les gens vulnérables, en particulier les femmes et les enfants, tout en renforçant la résilience locale pour empêcher la récidive. »
Pendant un atelier DDR de l’Union africaine en mars 2025, la présidente Effie Owuor du Groupe des Sages de l’UA a déclaré que le DDR ne concerne pas simplement le désarmement mais aussi l’assurance que les combattants puissent contempler un avenir viable.
« Le DDR doit être considéré comme crédible, juste et inclusif, a-t-elle-dit. Il doit satisfaire aux engagements établis pendant les négociations de paix et être lié à des réformes plus vastes de gouvernance, justice et reprise économique. »
La stratégie vise un meilleur financement car, auparavant, le manque de financement et de capacité avait paralysé les efforts du Nigeria pour éloigner les anciens combattants de Boko Haram des forêts et du groupe. L’analyste de la sécurité Zagazola Makama basé dans l’État de Borno a déclaré à ADF en 2024 que des ex-insurgés du programme DDR vivaient avec leur famille dans des camps pour déplacés internes, où ils se plaignaient des souffrances, du manque de soins, des mauvaises conditions de vie et de la faim.
« Beaucoup s’étaient plaints que le gouvernement n’avait pas tenu les promesses qu’il leur avait faites au moment de leur reddition », a dit M. Makama.
Les processus DDR sont complexes. Leur succès « réduit les tensions communales, empêche les attaques revanchistes et restaure la cohésion sociale », déclare Usman Hussain, chef d’administration du Centre de contre-terrorisme de l’Union africaine, dans le reportage de la NAN.
M. Hussain a loué la nouvelle stratégie du Nigeria et a dit que l’UA continuerait à soutenir le Nigeria avec l’expertise technique, la formation et l’exposition aux meilleures pratiques régionales.
Il déclare dans le reportage de la NAN : « En Afrique, nous constatons les conséquences lorsque les ex-combattants se tournent à nouveau vers la violence parce que les communautés ne sont pas prêtes ou les victimes ne sont pas protégées. L’approche inclusive du Nigeria, consistant à réunir les victimes, les chefs locaux, les agences de sécurité et les partenaires de développement, est exactement ce que l’UA recommande. »
Il a qualifié l’approche évolutive du Nigeria comme un exemple continental puissant qui « a le potentiel de transformer les vies et renforcer la résilience nationale ».
Ukoha Ukiwo, chef de l’équipe du programme Renforcer la paix et la résilience au Nigeria, soutenu par le Royaume-Uni, déclare que le gouvernement britannique soutiendra aussi les efforts de DDR du Nigeria. Le programme britannique a œuvré étroitement avec le NCTC et d’autres parties prenantes nigérianes l’an dernier pour développer la structure.
M. Ukiwo dit dans le reportage de la NAN : « Nous sommes heureux de voir que les Nigérians définissent la voie à suivre. C’est comme cela que la titularité nationale est construite. »
