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    Home»Actualités du Jour»Les charniers du Soudan révèlent une « guerre contre les civils »
    Actualités du Jour

    Les charniers du Soudan révèlent une « guerre contre les civils »

    Les FSR paramilitaires sont accusées de nettoyage ethnique
    ADFBy ADFfévrier 24, 20265 Mins Read
    Des membres du Croissant-Rouge soudanais retirent des sacs contenant des restes humains exhumés d’une fosse de fortune dans une banlieu de Khartoum. AFP/GETTY IMAGES
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    Alors que la guerre civile soudanaise continue, deux charniers ont été découverts près de Khartoum, la capitale du pays. Les résidents déclarent que les Forces de soutien rapide (FSR) paramilitaires conduites par le général Mohamed Hamdan Dogolo alias « Hemeti » ont transféré les cadavres entre des centres de détention de fortune et les charniers.

    Les victimes étaient des civils et des militaires qui ont été torturés dans les centres, selon le reportage de la chaîne de diffusion turque TRT World. Ils ont été transportés par d’autres détenus et enterrés dans des fosses creusées avec de grosses machines. Les restes humains suggèrent qu’ils ont été enterrés fortuitement. Les responsables soudanais s’efforcent d’ouvrir les charniers pour enterrer correctement les victimes, mais ils font face à des difficultés.

    La procureure générale soudanaise Intisar Ahmed Abdel-Aal a déclaré à l’agence de presse turque Anadolu : « Les retards liés à l’ouverture des charniers sont dus au très grand nombre de victimes. Des efforts sont entrepris en ce moment pour ouvrir les charniers et transférer les corps dans des cimetières appropriés. Le nombre de personnes enterrées est très grand et il y a des corps qui ont été enterrés dans les écoles, les universités et les lieux publics. »

    Mme Abdel-Aal a dit que les cadavres étaient en cours d’exhumation, en coordination avec le Comité international de la Croix-Rouge.

    « Le manque de ressources n’est pas le seul défi ; il y a aussi le grand nombre de corps. Les charniers ne sont pas limités seulement à Khartoum, mais ils s’étendent jusqu’à Wad Madani et à de vastes zones au centre du Soudan. »

    Les FSR sont embourbées depuis près de trois ans dans une guerre civile brutale contre les Forces armées soudanaises (FAS) dirigées par le général Abdel Fattah al-Burhan. Les deux belligérants sont accusés d’avoir commis des atrocités contre les civils.

    Pendant trois jours à la fin octobre 2025, les FSR ont tué au moins 1.500 personnes en conquérant El Fasher, capitale de l’État du Darfour du Nord. Le Réseau des médecins soudanais qui assure le suivi de la guerre a qualifié la situation de « véritable génocide ».

    Le groupe a déclaré : « Les massacres dont le monde est témoin aujourd’hui sont une extension de ce qui s’est passé à El Fasher il y a plus d’un an et demi, lorsque plus de 14.000 civils ont été tués par les bombardements, la famine et les exécutions extrajudiciaires. » Le groupe a ajouté que les attaques étaient conduites dans le cadre d’une « campagne délibérée et systématique d’assassinat et d’extermination. »

    Un grand nombre de résidents locaux pensent que les FSR et leurs milices alliées ont pour but de transformer la région ethniquement diverse en zone dominée par les Arabes. En mars 2024, l’Unicef a signalé des récits impliquant des hommes armés qui violaient et attaquaient sexuellement les enfants, parfois âgés d’un an à peine. Ce mois-là, Human Rights Watch (HRW) a indiqué que les FSR et leurs milices alliées auraient pu organiser un génocide dans le Darfour contre les Masalits et autres peuples non arabes.

    Les FSR ont aussi tué des milliers de personnes dans la ville d’El-Geneina, au Darfour-Occidental, dans une campagne de nettoyage ethnique, avec « l’objectif apparent qu’ils partent de façon permanente de la région, au minimum », selon le rapport de HRW, ajoutant qu’il était possible que les FSR et leurs alliés aient « l’intention de détruire complètement ou partiellement » le peuple masalit.

    Le 15 février, une frappe de drone des FSR a tué trois personnes et blessé sept dans un hôpital de l’État de Sannar, au Sud-Ouest du pays.

    « Le ciblage des installations de santé constitue une violation flagrante du droit international, qui interdit les attaques contre les centres médicaux et les agents de santé », a déclaré le Réseau des médecins soudanais, en ajoutant que de tels incidents « intensifient les souffrances des civils et privent les résidents de l’accès aux soins médicaux ».

    Selon le projet Sudan Witness Project, l’Armée de l’air des FAS a tué au moins 1.700 civils dans des attaques contre les quartiers résidentiels, les marchés, les écoles et les camps de réfugiés.  Le projet a analysé 384 frappes aériennes conduites par les FAS entre avril 2023 et juillet 2025. L’analyse montre que les FAS ont utilisé des bombes non guidées dans des zones peuplées. Les FSR ne possèdent pas d’avions.

    Justin Lynch, directeur général de Conflict Insights Group qui fait le suivi des fournitures d’armes étrangères au Soudan, déclare à la BBC : « Le conflit au Soudan est en fait une guerre contre les civils. La puissance aérienne et autres armements lourds prennent excessivement pour cible les sites civils, plus que les sites militaires. »

    Les FSR contrôlent tous les cinq états de la région du Darfour dans l’Ouest du pays, à l’exception de certaines zones septentrionales du Darfour du Nord qui restent sous le contrôle des FAS, selon un reportage de TRT World. Les FAS retiennent le contrôle de la plupart des zones des treize autres états dans le Nord, le Sud, l’Est et le centre du pays, y compris Khartoum. Les combats sont aujourd’hui essentiellement concentrés dans le Kordofan, qui se trouve entre les deux zones de contrôle. Certaines estimations indiquent que le nombre de morts a atteint environ 150.000. Tous les efforts de cessez-le-feu ont échoué.

    civil war ethnic violence sécurité nationale Sudan
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