Dans un vaste pays comme la République centrafricaine, la mobilité est une tâche gigantesque pour les gardiens de la paix de la MINUSCA, la mission des Nations unies dont le mandat consiste à assurer la sécurité et la protection.
Dans de nombreuses régions du monde, un voyage de 600 km serait une entreprise longue mais ordinaire qui traverserait un réseau routier amélioré. En RCA, la traversée de cette distance entre la capitale de Bangui et la base opérationnelle provisoire (TOB) de la MINUSCA dans le village de Koui au Nord-Ouest du pays a nécessité un vol d’avion et au moins 10 heures passées sur les routes où, tragiquement, des gardiens de la paix avaient été tués par des mines terrestres en 2022.
Lorsqu’il pleut, les pistes hostiles et à peine navigables peuvent devenir mortelles et s’avèrent souvent trop difficiles pour les petits véhicules, sans mentionner les transports de troupes à blindage lourd employés par les escortes de la MINUSCA.
Les longues distances présentent un défi fréquent pour les activités quotidiennes en RCA, car certains gardiens de la paix passent des journées, ou des semaines entières, sur la route. Les pannes de véhicules, les traversées d’animaux et les précautions de sécurité mettent à l’épreuve la concentration et la résilience des escortes de convoi, des agents de la sécurité et des spécialistes civils du maintien de la paix. Pour les gardiens de la paix affectés à la MINUSCA et déployés dans l’ensemble du pays, la vie dans une TOB présente de nombreux défis. Les TOB sont une composante indispensable des opérations de maintien de la paix sur le terrain. Elles s’efforcent de protéger les civils locaux, en particulier dans les lieux d’accès difficile caractérisés par une sécurité fragile et une présence minime de l’État.

« La TOB fait partie de l’engagement de la mission pour renforcer la sécurité et la stabilité locales, assurer la protection des populations civiles, garantir la sécurité des ex-combattants désarmés et soutenir le retour de l’autorité de l’État », déclare le lieutenant-colonel Aranda G. Assine, commandant de la Force de réaction rapide sénégalaise de la MINUSCA.
Qu’ils répondent aux menaces soudaines ou qu’ils entreprennent des opérations de routine, les gardiens de la paix comptent sur les TOB pour leur agilité, mobilité et capacité d’avoir une présence protectrice pour les populations vulnérables. Ils aident à fournir une assistance humanitaire salvatrice et à consolider les efforts de stabilisation.
Larry Nordine Malhaba, sous-préfet de Koui, déclare : « La présence de la MINUSCA inspire la confiance et rassure la population locale. Auparavant, la communauté avait demandé à la mission le retour des gardiens de la paix qui avaient été délocalisés. »
« La TOB offre un sentiment fort de sécurité. Lorsque la mission est ici, les gardiens de la paix assurent la sécurité, ils fournissent gratuitement une assistance médicale à la population lorsque des préoccupations de santé se manifestent et ils conduisent des patrouilles en réponse aux problèmes de sécurité. Toutefois, lorsque les gardiens de la paix sont absents, la population se sent moins sécurisée. »
Malgré les pluies incessantes d’octobre qui durent en général toute la nuit et prennent fin en début d’après-midi, les gardiens de la paix de la MINUSCA affrontent les routes dangereuses pour effectuer des patrouilles de sécurité et fournir une assistance humanitaire aux villageois des environs. Des liens de confiance sont noués avec les communautés civiles de la région lorsqu’elles constatent les gardiens de la paix qui arrivent avec leurs bottes boueuses et leur uniforme trempé, déterminés à exécuter leur mission de protection et de sécurité.

« Les patrouilles de protection, les opérations conjointes avec les Forces armées centrafricaines et les forces internes de sécurité, et les exercices coordonnés entre les forces nationales et la MINUSCA ont encouragé la confiance entre les populations locales et les forces de sécurité, déclare le colonel Assine. Cela se traduit par un sens renforcé de la sécurité et un retour graduel à la normale après plusieurs années d’instabilité. »
Bien que les défis liés au soutien des TOB de la MINUSCA puissent sembler ardus et exigeants en termes de ressources, les avantages d’assurer la sécurité et l’aide humanitaire sont indispensables pour gagner la confiance de la population de Centrafrique et aider les efforts d’ensemble de la mission de stabilisation de l’ONU dans le pays.
Au sujet de l’auteure : Maria Kabatanya est officier des communications et des affaires politiques de la MINUSCA.
