POINT DE VUE

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Personnel de l’état-major unifié des États-Unis pour l’Afrique

L’ Afrique est plus que jamais liée au reste du monde. Les routes, les ports, les aéroports et l’Internet permettent aux marchands de vendre leurs produits aux acheteurs du monde entier. Cette mondialisation pourrait améliorer le niveau de vie des habitants des petits villages et des grandes villes.

Mais le commerce mondial doit être protégé des criminels qui cherchent à l’exploiter. À cause de la géographie de l’Afrique et de la perception d’un manque de capacité des forces de maintien de l’ordre, les trafiquants pensent qu’ils peuvent piller les richesses du continent.

Des mesures urgentes doivent être prises. Après des années de déclin, le trafic des stupéfiants entre l’Amérique du Sud et l’Afrique de l’Ouest a augmenté à une vitesse alarmante. Au cours des trois premiers mois de 2019, le Cap-Vert et la Guinée-Bissau ont saisi 10,4 tonnes de cocaïne, soit plus que la quantité totale saisie dans l’ensemble du continent entre 2013 et 2016.

Les trafiquants pillent aussi les ressources naturelles à une vitesse record, notamment le bois, les parties d’animaux sauvages et le poisson. En Afrique du Nord, les passeurs profitent du désespoir des migrants en les envoyant sur des routes périlleuses en échange de leur argent.

Mais les forces de sécurité africaines répondent. Les pays du golfe de Guinée mettent en œuvre le Code de conduite de Yaoundé et établissent un système de partage des informations, d’opérations conjointes et de surveillance maritime qui sécurise les eaux côtières de la région.

En Afrique australe, les pays coopèrent pour protéger la faune sauvage menacée, assurer le suivi des marchandises de contrebande et sécuriser les frontières. Grâce à la Communauté de développement d’Afrique australe (CDAA), les forces armées de la région mettent au point des accords pour partager la technologie, conduire des patrouilles conjointes et établir des centres opérationnels conjoints.

Dans tout le continent, les pays établissent des partenariats avec le groupe policier international Interpol pour identifier et intercepter les trafiquants. Une opération mondiale d’infiltration, portant le code Opération Thunderball, a conduit à 1.800 saisies de marchandises de contrebande en moins d’un mois.

Il est vital de stopper ces criminels. Le commerce illégal ne dérobe pas seulement la richesse du continent, il encourage la corruption et sape la confiance des citoyens dans l’état de droit. Lorsque les commerçants honnêtes voient que les criminels profitent, ils sont plus susceptibles de déménager ou de décider d’enfreindre eux-mêmes les lois. Le trafic a un effet corrosif sur toutes les institutions qu’il affecte.

En interdisant le commerce illicite, les forces de sécurité africaines peuvent préparer la voie de la prospérité.