AFFRONTER LES CATASTROPHES

AFFRONTER LES CATASTROPHES

La Force africaine en attente peut se déployer en cas de catastrophes naturelles et de crises humanitaires

PERSONNEL D’ADF

Depuis des années, l’Afrique œuvre pour créer une force qui pourrait répondre rapidement à des crises de sécurité, où qu’elles se produisent dans le continent. Appelée Force africaine en attente (FAA), elle réunit 25.000 personnes – 5.000 provenant de chacune des cinq communautés économiques régionales (CER) – pour intervenir et maintenir la paix en temps de crise.

La FAA est constituée de personnel militaire, de policiers et de civils. Des milliers de membres provenant de l’ensemble du continent se sont réunis en octobre 2015 à Lohatla, en Afrique du Sud, pour Amani Africa II, un exercice servant à vérifier l’état de préparation de la force. Des soldats dans des camions, des transports de troupe blindés et des hélicoptères ont conduit une simulation de guerre alors que la fumée rouge ou verte, marquant respectivement la position des ennemis et des alliés, montait dans l’air.

Une femme baigne son nourrisson dans un étang de l’état Unity, au Soudan du Sud, zone affectée par la famine et les conflits. La fourniture de l’eau propre aux personnes déplacées est l’une des tâches de la mission de la Force africaine en attente. REUTERS

Les bombes, les balles et les fusées faisaient la démonstration impressionnante de la force militaire coordonnée. Mais le matériel militaire ne sera pas le seul outil mis à la disposition de la FAA. Dans certaines circonstances, ses outils pourraient être des pelles, des marteaux, des pansements et des seringues.

La FAA est aussi chargée de répondre à une vaste gamme de catastrophes humanitaires et naturelles, qu’elles soient ou non provoquées par des conflits. Les autorités de l’Union africaine (UA) ont approuvé des directives conçues exactement pour ce type de missions, appelées opérations HANDS (Humanitarian Action and Natural Disaster Support, soutien à l’action humanitaire et aux catastrophes naturelles). Des officiels de l’UA et autres se sont réunis en septembre 2015 à Addis-Ababa, en Éthiopie, pour finir de rédiger les directives HANDS, puis à nouveau en décembre 2016 pour lancer des discussions sur la façon de planifier et de gérer ces missions en fonction des directives.

Lors de la plus récente réunion, les participants ont parlé de la politique humanitaire de l’UA, des exigences concernant les opérations HANDS, et des ressources et de la logistique de la FAA. En outre, ils ont parlé de la formation, de la coopération civilo-militaire et des leçons associées que la mission de l’UA en Somalie a apprises. Finalement, des organisations non gouvernementales – Conseil norvégien pour les réfugiés, Action humanitaire africaine et Initiative de préparation aux catastrophes de l’Afrique occidentale – ont offert leur perspective.

DIRECTIVES DE L’UA EN RÉPONSE AUX CATASTROPHES 

L’objet des directives pour les missions HANDS de la FAA est de « développer des mesures appropriées pour faciliter l’action humanitaire lors de crises ou d’urgences humanitaires complexes, telles que celles créées par les conflits armés, les catastrophes d’origine naturelle ou humaine, et pour déterminer dans quelle mesure la FAA peut être employée dans des efforts de soutien pour faire face à ces situations et à leurs effets. »

Le programme HANDS a été lancé en 2012, deux ans après que les chefs d’état et de gouvernement aient demandé au président de la Commission de l’UA de considérer la création d’un moyen de réponse rapide aux crises humanitaires « de façon coordonnée, uniformisée et efficace ». Il fut noté que le tremblement de terre d’Haïti en 2010 avait inspiré l’UA à agir. Les directives comprennent les objectifs suivants :

Des femmes transportent de la nourriture au Soudan du Sud en février 2017. Une mission de la Force africaine en attente peut soutenir d’autres agences d’aide. REUTERS

Sécuriser les populations, les bâtiments de l’état et l’infrastructure, en particulier si la sécurité d’un état est perturbée.

Créer un environnement sécurisé pour que les autres agences humanitaires puissent répondre.

Aider les CER et les états membres à répondre aux catastrophes.

Fournir un soutien logistique tel qu’un pont aérien, des équipements, les communications et le transport.

Coordonner les efforts civils et militaires.

Offrir une assistance technique et en personnel pour soutenir la récupération et la reconstruction après le conflit.

La FAA avait été initialement conçue pour être déployée selon six scénarios, chacun d’eux ayant une certaine perspective stratégique militaire ou sécuritaire. Ce genre de scénario ne servira pas nécessairement de base à une mission HANDS. Toutefois, les directives déclarent qu’il pourrait être demandé à une force FAA de soutenir une mission HANDS, même si la force était déjà déployée à des fins sécuritaires.

Chaque fois que le personnel et les ressources militaires sont utilisés à des fins civiles, des préoccupations politiques peuvent se manifester. L’UA promet que, si des ressources militaires doivent être utilisées à des fins humanitaires, cela sera fait sous une direction civile, dans un temps et avec une portée limités, et conformément aux principes humanitaires en vigueur depuis longtemps.

Des soldats participent à Amani Africa II, exercice conduit en 2015 pour vérifier l’état de préparation de la Force africaine en attente. AFP/GETTY IMAGES

LA RÉPONSE DE L’UA À L’EBOLA

L’UA a déjà répondu à des catastrophes humanitaires, mais pas spécifiquement par l’intermédiaire de la FAA. Après l’épidémie d’Ebola de 2014 à 2016 en Afrique occidentale, l’UA a mobilisé la mission ASEOWA (AU Support to Ebola Outbreak in West Africa, soutien de l’UA à l’épidémie d’Ebola en Afrique occidentale) en automne 2014. Au moment où la mission se termina officiellement le 31 décembre 2015, ASEOWA avait déployé 855 personnes en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone. Parmi celles-ci, 740 étaient des professionnels médicaux. Le personnel d’ASEOWA a travaillé avec d’autres intervenants, notamment une équipe des Nations unies, l’Organisation mondiale de la santé, Médecins sans frontières, les forces armées des États-Unis et autres.

Les leaders de l’ASEOWA ont participé à l’atelier d’Addis-Ababa en septembre 2015 pour partager des idées et des leçons apprises avec des officiels qui s’étaient réunis pour finaliser les directives HANDS.

CATASTROPHES ET OBLIGATIONS

Les directives HANDS précisent qu’une intervention humanitaire pourrait se produire à cause de plusieurs catastrophes d’origine naturelle ou humaine telles que la sécheresse et la désertification, l’inondation, les glissements de terrain, les tremblements de terre et les volcans, les dangers industriels et la pollution, et les maladies et les épidémies.

Une fois déployé pour répondre à l’une de ces catastrophes, le personnel HANDS de la FAA pourrait être appelé à exécuter un certain nombre de tâches. Parmi les plus courantes, on compte la fourniture et le traitement de l’eau, les évacuations, la fourniture des abris temporaires et l’ouverture et le rétablissement des communications. Pendant les épidémies de maladie telles que l’épidémie d’Ebola en Afrique occidentale, il pourrait être demandé au personnel de la FAA de vacciner les gens, de mettre en application les quarantaines et de fournir un soutien logistique au personnel de santé.

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